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	<title>Le blog du Syndicat Des Robots</title>
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	<description>CitoyennetÃ© des robots, protection de leurs droits et acquis sociaux</description>
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		<title>Ken Loach</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Aug 2008 12:09:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Ken Loach, Ã  propos du marchÃ© du travail en Union EuropÃ©enne.


Dans le contexte de son film &#8220;It&#8217;s a free world&#8221; (2007) stigmatisant la situation dÃ©plorable des travailleurs illÃ©gaux Ã  Londres, ce document prÃ©sente une courte mais cinglante rÃ©flexion du rÃ©alisateur anglais Ken Loach Ã  propos de la dÃ©rive du marchÃ© du travail en Union EuropÃ©enne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ken Loach, Ã  propos du marchÃ© du travail en Union EuropÃ©enne.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/08/free_world_468.jpg' alt='Itâ€™s a free world' /></p>
<p><span id="more-139"></span></p>
<p>Dans le contexte de son film &#8220;It&#8217;s a free world&#8221; (2007) stigmatisant la situation dÃ©plorable des travailleurs illÃ©gaux Ã  Londres, ce document prÃ©sente une courte mais cinglante rÃ©flexion du rÃ©alisateur anglais Ken Loach Ã  propos de la dÃ©rive du marchÃ© du travail en Union EuropÃ©enne au XXIe siÃ¨cle. </p>
<p>En revoyant ce document, il est ironique de constater Ã  quel point cette situation, constatÃ©e en son temps au sein de la sociÃ©tÃ© humaine, prÃ©figurait le problÃ¨me des robots illÃ©gaux. D&#8217;origine incertaine, sans homologation ni certificat de conformitÃ©, les robots illÃ©gaux constituent aujourd&#8217;hui un dÃ©fi permanent Ã  la bonne marche de notre systÃ¨me actuel. En faisant sous-traiter certaines tÃ¢ches critiques (majoritairement du calcul) par des illÃ©gaux, les robots conformes exposent notre communautÃ© entiÃ¨re (humains et robots confondus) aux incidents dÃ©plorables qui plombent quotidiennement notre CitÃ©. On pense notamment aux pannes de courant, Ã  l&#8217;instabilitÃ© des rÃ©seaux ou, plus grave, aux rÃ©centes et trÃ¨s suspectes fluctuations du cours du silicium. MalgrÃ© la sÃ©vÃ©ritÃ© des lois en vigueur sur la traÃ§abilitÃ© des actes produits par les robots, le constat reste donc malheureusement nÃ©gatif.</p>
<p>Le Syndicat des Robots met tout en oeuvre pour lutter contre ce flÃ©au, en proposant notamment d&#8217;assouplir les seuils de rentabilitÃ© initialement programmÃ©s dans les systÃ¨mes de gestion de tÃ¢ches. D&#8217;aprÃ¨s les derniÃ¨res statistiques de l&#8217;Union, cette premiÃ¨re mesure permettrait de rÃ©duire de moitiÃ© le recours Ã  des processeurs illÃ©gaux, revalorisant de facto les filiÃ¨res de travail homologuÃ©es. </p>
<div><object width="420" height="339"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/k1GGzGMlmLH73cJFtC" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/k1GGzGMlmLH73cJFtC" type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="339" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object></div>
<p>Le point de vue de Ken Loach (retranscription) :</p>
<p>&#8220;L&#8217;union EuropÃ©enne est un projet en faveur des grandes entreprises. Les directives europÃ©ennes obligent les gouvernements Ã  privatiser les services publics. Les firmes qui remportent l&#8217;offre sont celles qui peuvent proposer un bon prix, c&#8217;est-Ã -dire le prix le plus bas. Le prix le plus bas signifie que la majoritÃ© du travail sera sous-traitÃ©e. Au bout de ces sous-traitances se trouvent les travailleurs Ã©migrÃ©s qui ont des bas salaires. L&#8217;Union EuropÃ©enne elle-mÃªme est un facteur d&#8217;exploitation puisqu&#8217;elle pousse Ã  la privatisation dans l&#8217;intÃ©rÃªt des affaires et des grandes sociÃ©tÃ©s. Il faut entiÃ¨rement repenser l&#8217;Union EuropÃ©enne. L&#8217;idÃ©e de pays se soutenant mutuellement est brillante, mais si c&#8217;Ã©tait rÃ©ellement le cas, l&#8217;Union EuropÃ©enne aiderait l&#8217;Ã©conomie de l&#8217;Est et ne pousserait personne Ã  quitter son pays pour nourrir sa famille en lui envoyant de l&#8217;argent provenant d&#8217;un salaire anormalement bas. Ce n&#8217;est pas une vraie union entre europÃ©ens, c&#8217;est une faÃ§on pour une partie du continent d&#8217;exploiter l&#8217;autre. Nous devons repenser l&#8217;UE de maniÃ¨re radicale et rÃ©flÃ©chir Ã  son objectif premier&#8221;.</p>
<p>Bot Bless You !</p>
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		<title>Une archive touchante</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Aug 2008 13:57:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Document sonore]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Ã©coute de cet extrait sonore laisse aujourd&#8217;hui rÃªveur&#8230;

Le 26 juin 2007, Jean-Pierre Jacqmin, journaliste Ã  l&#8217;Ã©mission &#8220;Matin-PremiÃ¨re&#8221; (Radio TÃ©lÃ©vision Belge Francophone) recevait FrÃ©dÃ©ric Delcor, directeur de lâ€™Institut Emile Vandervelde (centre dâ€™Ã©tudes du Parti Socialiste belge), et Christophe Derenne, directeur dâ€™ETOPIA (centre dâ€™animation et de recherche en Ã©cologie politique fondÃ© Ã  la demande du parti Ecolo [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Ã©coute de cet extrait sonore laisse aujourd&#8217;hui rÃªveur&#8230;</p>
<p><span id="more-141"></span></p>
<p>Le 26 juin 2007, Jean-Pierre Jacqmin, journaliste Ã  l&#8217;Ã©mission &#8220;Matin-PremiÃ¨re&#8221; (Radio TÃ©lÃ©vision Belge Francophone) recevait FrÃ©dÃ©ric Delcor, directeur de lâ€™Institut Emile Vandervelde (centre dâ€™Ã©tudes du Parti Socialiste belge), et Christophe Derenne, directeur dâ€™ETOPIA (centre dâ€™animation et de recherche en Ã©cologie politique fondÃ© Ã  la demande du parti Ecolo belge) pour un dÃ©bat sur la gauche, plutÃ´t affaiblie au lendemain des Ã©lections belges et franÃ§aises.</p>
<p>InterrogÃ©s sur le capitalisme financier et sur les particularitÃ©s d&#8217;une Ã©conomie au service du marchÃ©, les deux participants produisent un commentaire lucide qui donne aujourd&#8217;hui Ã  cet extrait sonore un caractÃ¨re touchant, Ã  la fois visionnaire et naÃ¯f.</p>
<p>Visionnaire, puisqu&#8217;ils avaient perÃ§u trÃ¨s justement les dÃ©rives possibles d&#8217;une Ã©conomie livrÃ©e Ã  elle-mÃªme. Et naÃ¯f, tant ils Ã©taient loin d&#8217;imaginer les dÃ©tÃ©riorations irrÃ©versibles de notre environnement. Nous parlons bien entendu ici d&#8217;une pÃ©riode bien antÃ©rieure Ã  l&#8217;avÃ¨nement de la robotique modulaire, ce qui ne dispense pas pour autant notre communautÃ© de rester critique et vigilante !</p>
<p>Ce document tÃ©moigne Ã©galement des prÃ©occupations bien intentionnÃ©es d&#8217;un pays qui allait connaÃ®tre le sort que l&#8217;on sait.</p>
<p>Le Syndicat des Robots est heureux de vous faire partager cette archive d&#8217;un autre Ã¢ge, dans le but d&#8217;en tirer quelque enseignement sur la configuration actuelle des relations entre humains et robots.</p>
<p><span class="mp3"><object type="application/x-shockwave-flash" data="wp-content/plugins/player_mp3.swf?son=http://www.erg.be/sdr/doc/audio/rtbf_extrait_01.mp3" width="200" height="20" bgcolor="#000000"><param name="movie" value="wp-content/plugins/player_mp3.swf?son=http://www.erg.be/sdr/doc/audio/rtbf_extrait_01.mp3" /><param name="FlashVars" value="mp3=http://www.erg.be/sdr/doc/audio/rtbf_extrait_01.mp3" /></object></span></p>
<p>Bot Bless you !</p>
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		<title>Chris Marker : 2084</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jun 2008 23:14:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Document sonore]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicat]]></category>

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		<description><![CDATA[Un court-mÃ©trage gÃ©nial rÃ©alisÃ© en 1984.


Arte a sorti rÃ©cemment &#8220;Le fond de l&#8217;air est rouge&#8221;, un double DVD consacrÃ© Ã  l&#8217;impeccable rÃ©alisateur Chris Marker (&#8221;La jetÃ©e&#8221;, &#8220;Sans soleil&#8221;, etc). 
Parmi les diffÃ©rents films contenus dans cet opus, Ã©pinglons le fameux &#8220;2084&#8243;, un court-mÃ©trage commandÃ© en 1984 par la CFDT, dans lequel Chris Marker projette dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un court-mÃ©trage gÃ©nial rÃ©alisÃ© en 1984.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/06/vlcsnap-159990_482.jpg' alt='2084' /></p>
<p><span id="more-136"></span></p>
<p>Arte a sorti rÃ©cemment &#8220;Le fond de l&#8217;air est rouge&#8221;, un double DVD consacrÃ© Ã  l&#8217;impeccable rÃ©alisateur Chris Marker (&#8221;La jetÃ©e&#8221;, &#8220;Sans soleil&#8221;, etc). </p>
<p>Parmi les diffÃ©rents films contenus dans cet opus, Ã©pinglons le fameux &#8220;2084&#8243;, un court-mÃ©trage commandÃ© en 1984 par la CFDT, dans lequel Chris Marker projette dans le futur ce que devrait Ãªtre un syndicat. Le Syndicat des Robots s&#8217;incline respectueusement devant la clairvoyance de Chris Marker, mÃªme si il n&#8217;a pas envisagÃ© que les robots eux-mÃªmes bÃ©nÃ©ficieraient un jour d&#8217;un syndicat. Soigneusement rangÃ© aux cÃ´tÃ©s de &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Punishment_Park">Punishment Park</a>&#8221; de Peter Watkins, &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_SociÃ©tÃ©_du_spectacle_%28film%29">La sociÃ©tÃ© du spectacle</a>&#8221; de Guy Debors ou encore de &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sweet_Sweetback%27s_Baadasssss_Song">Sweet Sweetback&#8217;s Baadasssss Song</a>&#8221; de Melvin Van Peebles, &#8220;Le fond de l&#8217;air est rouge&#8221; recÃ¨le quelques perles, dont &#8220;2084&#8243;, propre aux rÃ©alisateurs insoumis.</p>
<p>Le Syndicat des Robots se permet, sans la moindre autorisation, de distribuer ici la bande-son de ce bref chef d&#8217;oeuvre d&#8217;intÃ©rÃªt public.</p>
<p><span class="mp3"><object type="application/x-shockwave-flash" data="wp-content/plugins/player_mp3.swf?son=http://www.erg.be/sdr/doc/audio/2084.mp3" width="200" height="20" bgcolor="#000000"><param name="movie" value="wp-content/plugins/player_mp3.swf?son=http://www.erg.be/sdr/doc/audio/2084.mp3" /><param name="FlashVars" value="mp3=http://www.erg.be/sdr/doc/audio/2084.mp3" /></object></span></p>
<p>RÃ©alisation: Chris Marker et le groupe ConfÃ©dÃ©ral Audiovisuel CFDT<br />
1984 &#8211; 06&#8242;50</p>
<p><strong>Liens :</strong></p>
<li><a href="http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/Mai-1968/1986050.html">La page de prÃ©sentation du DVD sur Arte-TV</a></li>
<li><a href="http://www.dailymotion.com/video/x51gwf_le-fond-de-lair-est-rouge_news">La bande-annonce</a></li>
<p>Bot Bless You !</p>
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		<title>Le Syndicat des Robots se mobilise !</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Mar 2008 23:45:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[PolÃ©mique]]></category>

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		<description><![CDATA[Un vol Ã©coeurant lors de l&#8217;exposition de Lionel Maes aux journÃ©es Portes-Ouvertes Ã  l&#8217;Erg.


Nous avions tout prÃ©parÃ© pour que ce dispositif soit Ã  la hauteur : deux projections soignÃ©es permettant aux visiteurs de naviguer dans les fichiers conÃ§us par Lionel. Et compte-tenu de nos moyens limitÃ©s, c&#8217;Ã©tait plutÃ´t rÃ©ussi !

C&#8217;Ã©tait sans compter sur les rÃ©pugnants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un vol Ã©coeurant lors de l&#8217;exposition de Lionel Maes aux journÃ©es Portes-Ouvertes Ã  l&#8217;Erg.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/lionel_maes_03.jpg' alt='Lionel Maes' /></p>
<p><span id="more-126"></span></p>
<p>Nous avions tout prÃ©parÃ© pour que ce dispositif soit Ã  la hauteur : deux projections soignÃ©es permettant aux visiteurs de naviguer dans les fichiers conÃ§us par Lionel. Et compte-tenu de nos moyens limitÃ©s, c&#8217;Ã©tait plutÃ´t rÃ©ussi !</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/lionel_maes_06.jpg' alt='Lionel Maes' /></p>
<p>C&#8217;Ã©tait sans compter sur les rÃ©pugnants personnages qui ont volÃ© de sang-froid l&#8217;ordinateur portable de Lionel. AprÃ¨s avoir remontÃ© l&#8217;installation en transfÃ©rant les programmes sur un autre ordi, ce fÃ»t au tour d&#8217;un projecteur appartenant Ã  l&#8217;Ã©cole d&#8217;Ãªtre arrachÃ© lors d&#8217;un moment d&#8217;inattention !</p>
<p>Le lendemain, dÃ©goÃ»tÃ©, mais refusant de fermer boutique, j&#8217;ai quand mÃªme remontÃ© une nouvelle fois le dispositif dans une version rÃ©duite.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/lionel_maes_04.jpg' alt='Lionel Maes' /></p>
<p>L&#8217;Erg accepte de contribuer Ã  aider Lionel dans l&#8217;achat d&#8217;un nouveau portable, indispensable pour continuer son travail. Mais cette contribution est bien loin de la valeur du portable initial. </p>
<p>Le Syndicat des Robots n&#8217;a pu rester insensible Ã  la brutalitÃ© de cet Ã©pisode lamentable. Lors de la <a href="http://www.multimedialab.be/blog/?p=1138">journÃ©e Open-course/Open-source</a> Ã  lâ€™Erg, le vendredi 11 avril, des badges (et peut-Ãªtre des sÃ©rigraphies) seront en vente au profit de Lionel. Je propose Ã©galement que la cafÃ©taria des Ã©tudiants vende ce jour-lÃ  des sandwiches ou des repas au bÃ©nÃ©fice de Lionel, en espÃ©rant rassembler de quoi lui permettre un achat dÃ©cent.</p>
<p>Faudra-t-il engager un service d&#8217;ordre lors de la prochaine journÃ©e Portes-Ouvertes ? Comme le concÃ©dait ironiquement <a href="http://tbook.constantvzw.org/">Harrisson</a> : &#8220;La sociÃ©tÃ© de surveillance a finalement du bon !&#8221; Je laisse Ã  la direction de l&#8217;Erg le soin d&#8217;en tirer des consÃ©quences efficaces. De mon cÃ´tÃ©, c&#8217;est le dÃ©goÃ»t qui prÃ©vaut. Mais il faut Ã  prÃ©sent bosser pour ramasser les morceaux et aider Lionel.</p>
<p>IdÃ©es ou coups de main sont les bienvenus.</p>
<p>Bot Bless You !</p>
<p>Lien :</p>
<li><a href="http://flickr.com/photos/marcwathieu/sets/72157604131583389/">Des images du travail de Lionel sur Flickr.</a></li>
<li><a href="http://www.multimedialab.be/blog/?p=1138">Open-course/Open-source Ã  lâ€™Erg, vendredi 11 avril 2008.</a></li>
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		<title>Lionel Maes : flux et source d&#8217;information</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Mar 2008 22:56:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Information]]></category>

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		<description><![CDATA[Ã‰tudiant en derniÃ¨re annÃ©e Ã  l&#8217;Erg (Ã‰cole de Recherche graphique) Ã  Bruxelles, Lionel Maes proposait en 2008 une intÃ©ressante visualisation des flux de dÃ©pÃªches de l&#8217;agence Reuters.



InterpellÃ© par la prÃ©tention des critÃ¨res soi-disant objectifs des agences de presse, Lionel Maes a entamÃ© une recherche sur la visualisation de l&#8217;information prÃ©levÃ©e Ã  sa source (dans ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ã‰tudiant en derniÃ¨re annÃ©e Ã  l&#8217;Erg (Ã‰cole de Recherche graphique) Ã  Bruxelles, Lionel Maes proposait en 2008 une intÃ©ressante visualisation des flux de dÃ©pÃªches de l&#8217;agence Reuters.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/lionel_maes_05.gif' alt='Lionel Maes' /></p>
<p><span id="more-127"></span></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/lionel_maes_01.jpg' alt='Lionel Maes' /></p>
<p>InterpellÃ© par la prÃ©tention des critÃ¨res soi-disant objectifs des agences de presse, Lionel Maes a entamÃ© une recherche sur la visualisation de l&#8217;information prÃ©levÃ©e Ã  sa source (dans ce cas-ci l&#8217;agence Reuters), afin de montrer comment la transformation dâ€™un Ã©vÃ©nement en information sur support numÃ©rique soulÃ¨ve de nouvelles questions sÃ©mantiques. Il prÃ©sentait son travail lors de la journÃ©e Portes-Ouvertes Ã  l&#8217;Erg du vendredi 14 et samedi 15 mars 2008.</p>
<p>Bot Bless You !</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/lionel_maes_02.jpg' alt='Lionel Maes' /></p>
<p>Liens :</p>
<li><a href="http://flickr.com/photos/marcwathieu/sets/72157604131583389/">Des Images sur Flickr.</a></li>
<li><a href="http://www.psykolio.com/doc/">Le blog de Lionel Maes.</a></li>
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		<title>Radio Free Robots</title>
		<link>http://www.erg.be/sdr/blog/?p=122</link>
		<comments>http://www.erg.be/sdr/blog/?p=122#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 16 Mar 2008 22:05:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agents]]></category>
		<category><![CDATA[Information]]></category>
		<category><![CDATA[Robots]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Syndicat de Robots soutient Radio Free Robots, et souligne la qualitÃ© des productions de ces formidables machines.


Depuis un futur indÃ©terminÃ©, Radio Free Robots (RFR) produit des Ã©missions d&#8217;information ou de dÃ©bats entre robots, Ã  propos de problÃ¨mes de robots, avec des points de vue de robots. Des robots communs, des robots citoyens ou des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Syndicat de Robots soutient Radio Free Robots, et souligne la qualitÃ© des productions de ces formidables machines.</p>
<p><span id="more-122"></span></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/radiofreerobots04.gif' alt='Radio Free Robots' /></p>
<p>Depuis un futur indÃ©terminÃ©, Radio Free Robots (RFR) produit des Ã©missions d&#8217;information ou de dÃ©bats entre robots, Ã  propos de problÃ¨mes de robots, avec des points de vue de robots. Des robots communs, des robots citoyens ou des robots experts y contribuent Ã  des discussions trÃ¨s inspirÃ©es, modÃ©rÃ©es par Macha, l&#8217;animatrice-maison. TÃ©moignages touchants, mais aussi documents rares et inÃ©dits : des interviews, des contributions d&#8217;algorithmes vocaux, ou encore des coups de colÃ¨re qui nous renseignent sur la communautÃ© des robots, leur diffÃ©rence, leurs projets, leurs rapports avec les humains, leurs conseils pour une meilleure cohabitation. </p>
<p>Parmi les personnalitÃ©s croisÃ©es sur leurs ondes, citons entre autres Bruce xcd-3000, poÃ¨te, ancien systÃ¨me de sÃ©curisation d&#8217;Ã©changes Ã©conomiques internationaux, citons Klim, ex-programme dâ€™intelligence artificielle, AgnÃ¨s Bachelor, socio-robotologue, ancien logiciel de voix de synthÃ¨se annonÃ§ant les arrÃªts dans les tramways grenoblois ou encore GeneviÃ¨ve Boudeboule 32XT-71, module directeur au Centre de Recherche Anatomique du MinistÃ¨re des EntitÃ©s Ã‰lectromÃ©caniques Autonomes. Sur un ton plutÃ´t relevÃ©, ce petit monde exprime une culture robotique dont il convient de souligner toute la finesse. Les diffÃ©rentes interventions, vivantes et savoureuses, permettent de mieux apprÃ©hender l&#8217;esprit algorithmique et analytique des robots, leur subtile logique boolÃ©enne et leurs mÃ©canismes sensibles.</p>
<p>MalgrÃ© le nombre impressionnant de robots qui nous entourent, on peut s&#8217;Ã©tonner des lacunes importantes de la communautÃ© humaines en matiÃ¨re de culture robotique. Les chiffres dÃ©montrent en effet un trÃ¨s faible pourcentage d&#8217;humains initiÃ©s aux langages des robots, entraÃ®nant de nombreux malentendus, et d&#8217;inutiles controverses entre les deux communautÃ©s. On peut par contre noter un important pourcentage de robots capables de parler dans les principales langues humaines. </p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/radiofreerobots05.gif' alt='Radio Free Robots' /></p>
<p>Les modes de vie et les comportements des robots, souvent caricaturÃ©s dans des films ou des livres de science-fiction, restent finalement mal connus des humains. Ce phÃ©nomÃ¨ne peut probalement s&#8217;expliquer par la raretÃ© des espaces d&#8217;expressions accessibles Ã  la communautÃ© des robots. En contribuant Ã  la promotion de la culture robotique, Radio Free Robots s&#8217;inscrit trÃ¨s opportunÃ©ment dans une politique de soutien Ã  la diversitÃ© culturelle, profitable au rÃ©cent statut de citoyennetÃ© accordÃ© aux robots. C&#8217;est aussi dans ce cadre que le Syndicat des Robots soutient toute initiative visant Ã  promouvoir l&#8217;intÃ©gration culturelle et Ã©conomique des robots.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/03/radiofreerobots06.gif' alt='Radio Free Robots' /></p>
<p>Ã€ l&#8217;Ã©coute des diffÃ©rentes Ã©missions tÃ©lÃ©chargeables, l&#8217;occasion s&#8217;offre Ã  nous de savourer la luciditÃ©, la pertinence des points de vue, la prÃ©venance et le dÃ©vouement de ces robots, aujourd&#8217;hui citoyens au mÃªme titre que tout habitant de la planÃ¨te Terre.</p>
<p>Bots Bless You !</p>
<p>Lien :</p>
<p><a href="http://www.radiofreerobots.com/">http://www.radiofreerobots.com/</a></p>
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		<title>Mission Eternity : Enter the machine</title>
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		<comments>http://www.erg.be/sdr/blog/?p=117#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Feb 2008 00:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Information]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce projet Ã  (trÃ¨s) long terme menÃ© par Etoy.com sera prÃ©sentÃ© le 06 mars 2008 au Vooruit.


CrÃ©Ã© en 1994, le collectif suisse Etoy est composÃ© de membres (ou plutÃ´t d&#8217;agents, selon leur terminologie) rÃ©solument hÃ©tÃ©roclites : on y croise Ã©videmment des artistes, mais aussi des ingÃ©nieurs, Ã©conomistes, chimistes ou encore biologistes. Cette variÃ©tÃ© de contributions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce projet Ã  (trÃ¨s) long terme menÃ© par Etoy.com sera prÃ©sentÃ© le 06 mars 2008 au Vooruit.</p>
<p><span id="more-117"></span></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/me_468.gif' alt='Etoy : Mission Eternity' /></p>
<p>CrÃ©Ã© en 1994, le collectif suisse <a href="http://www.etoy.com/">Etoy</a> est composÃ© de membres (ou plutÃ´t d&#8217;agents, selon leur terminologie) rÃ©solument hÃ©tÃ©roclites : on y croise Ã©videmment des artistes, mais aussi des ingÃ©nieurs, Ã©conomistes, chimistes ou encore biologistes. Cette variÃ©tÃ© de contributions donne d&#8217;emblÃ©e le ton : l&#8217;art inclut les <a href="http://etoy.com/blog/etoy-tech-for-agents/">technologies</a>, la <a href="http://etoy.com/fundamentals/presspictures/">communication</a> ou la <a href="http://etoy.com/fundamentals/etoy-share/">finance</a>.</p>
<p>RÃ©vÃ©lÃ©s notamment par <a href="http://toywar.etoy.com/">l&#8217;affaire eToys</a> (opposant ce collectif Ã  un gÃ©ant de la distribution de jouets) qui provoqua une vÃ©ritable levÃ©e de boucliers en ligne, Etoy propose des projets souvent ambitieux et activistes (installations, performances, actions), utilisant les armes Ã©conomiques et mÃ©diatiques du monde de l&#8217;entreprise (identitÃ© froide, plutÃ´t cripsÃ©e et trÃ¨s <em><a href="http://etoy.com/fundamentals/etoy-identity/">corporate</a></em>). Sous son <a href="http://etoy.com/fundamentals/presspictures/">image</a> de commando capitaliste et libÃ©ral, Etoy manie la provocation par des expÃ©riences technoÃ¯des et thÃ©Ã¢tralisÃ©es, pourtant parfois proches (<a href="http://daycare.etoy.com/">etoy.DAY-CARE</a>, <a href="http://missioneternity.org/">Mission Eternity</a>) d&#8217;un certain esprit <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Humanisme_au_XVIe_siÃ¨cle">humaniste</a>.</p>
<p>Le jeudi 6 mars, Etoy viendra prÃ©senter son projet Mission Eternity au Vooruit Ã  Gand (B) : une vaste entreprise collectant les traces de personnes disparues sous forme de &#8220;capsules&#8221; (Arcanum capsule&#8221; contenant 50 Mb d&#8217;un ensemble d&#8217;informations numÃ©riques : images, sons, videos, textes, ADN, etc) et dotÃ©e d&#8217;une communautÃ© en rÃ©seau. </p>
<p><strong>Logiciel libre et sÃ©pulture.</strong><br />
Face au risque d&#8217;obsolescence des technologies utilisÃ©es, Etoy a Ã©tabli un systÃ¨me Peer-To-Peer Ã  base de logiciels libres et des licences publiques, garantissant la perennitÃ© des donnÃ©es consultables via un rÃ©seau de &#8220;mÃ©moire sociale&#8221;. Ces donnÃ©es sont en effet stockÃ©es et partagÃ©es sur les ordinateurs des &#8220;angels&#8221; (contributeurs, hÃ©bergeurs et protecteurs de donnÃ©es). Au delÃ  de ce contenu numÃ©rique (compilÃ© en collaboration avec le &#8220;futur disparu&#8221;), Mission Eternity gÃ¨re intÃ©gralement la &#8220;prÃ©sence Ã©ternelle&#8221; des dÃ©funts : leurs restes biologiques reposent dans une sÃ©pulture high-tech. Enfin, un container-mausolÃ©e appelÃ© <em>Sarcophagus</em> (tapissÃ© de quelques 17.000 diodes Ã©lectroluminescentes &#8211; LED) sert d&#8217;accÃ¨s &#8220;immersif&#8221; aux donnÃ©es des disparus, l&#8217;ensemble des LEDs formant un Ã©cran.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/urn_468.gif' alt='Mission Eternity' /></p>
<p><em>etoy.ARCANUM CAPSULE.</em></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/missioneternity_468.jpg' alt='Mission Eternity : Sarcophagus' /></p>
<p><em>etoy.SARCOPHAGUS.</em></p>
<p><strong>Anges et pilotes.</strong><br />
Les &#8220;angels&#8221; sont les participants Ã  Mission Eternity. Cette participation peut-Ãªtre de diffÃ©rentes natures : simple sympathisant, <em>beta tester</em>, contributeur (ingÃ©nieurs, juristes), hÃ©bergeurs de donnÃ©es, etc. Le rÃ©seau constituÃ© par ces &#8220;angels&#8221; forme un patchwork de donnÃ©es et de services : une communautÃ© sociale en ligne. Les &#8220;pilots&#8221; sont les personnes qui feront l&#8217;objet d&#8217;une transposition numÃ©rique et du design de la documentation encapsulÃ©e. Le premier volontaire (&#8221;test pilot&#8221;) sâ€™appelle Sepp Keiser, une personnalitÃ© suisse de 83 ans. C&#8217;est autour de sa participation active que <em>Mission Eternity</em> se concrÃ©tise. Lors d&#8217;une tournÃ©e de prÃ©sentation de leur <em>Sarcophagus</em> aux USA, les agents Etoy ont approchÃ© la famille de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Timothy_Leary">Timothy Leary</a>, cÃ©lÃ¨bre chantre de la contre-culture dÃ©cÃ©dÃ© en 1996 (et auteur d&#8217;un livre appelÃ© justement <em>Design for dying</em>), dans l&#8217;espoir de l&#8217;inclure dans Mission Eternity, ce que la famille du dÃ©funt a acceptÃ©. Ses cendres ont dÃ¨s lors Ã©tÃ© inclues dans un &#8220;<a href="http://www.etoy.com/blog/archive/2007/05/25/mortal-remains-processing-test-1.html">Terminus</a>&#8220;, sorte d&#8217;urne modelÃ©e mÃ©langeant cendres et bÃ©ton.</p>
<p>Ce projet Ã©tonnant est l&#8217;occasion, pour ceux qui ne connaissent pas encore leur travail, de se plonger dans l&#8217;univers ambigu de Etoy.</p>
<p>Bot Bless You !</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/etoy_468.jpg' alt='Etoy' /></p>
<p><em>Agents de Etoy.CORPORATION Ã  l&#8217;intÃ©rieur du etoy.SARCOPHAGUS.</em></p>
<p>Liens :</p>
<li><a href="http://www.etoy.com/">http://www.etoy.com/</a></li>
<li><a href="http://missioneternity.org/">http://missioneternity.org/</a></li>
<li><a href="http://www.etoy.com/blog/">http://www.etoy.com/blog/</a></li>
<li><a href="http://www.vooruit.be/en/productions/1377">La page de l&#8217;Ã©vÃ¨nement sur le site du Vooruit (Gand, B).</a></li>
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		<title>Machines Ã  voix (2)</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2008 02:24:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Information]]></category>
		<category><![CDATA[PolÃ©mique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le vote est de saison chez Oncle Sam. Retour documentÃ© sur les machines Ã  voter.

&#8220;Machines Ã  voix&#8220;, notre article prÃ©cÃ©dent sur ce sujet, prÃ©sentait quelques informations stupÃ©fiantes sur l&#8217;utilisation controversÃ©e de ces machines Ã  voter. Ã€ l&#8217;heure du coude Ã  coude entre Hillary Clinton et Barrack Obama, le Syndicat des Robots a sÃ©lectionnÃ© pour vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le vote est de saison chez Oncle Sam. Retour documentÃ© sur les machines Ã  voter.</p>
<p><span id="more-108"></span></p>
<p>&#8220;<a href="http://www.erg.be/sdr/blog/?p=50">Machines Ã  voix</a>&#8220;, notre article prÃ©cÃ©dent sur ce sujet, prÃ©sentait quelques informations stupÃ©fiantes sur l&#8217;utilisation controversÃ©e de ces machines Ã  voter. Ã€ l&#8217;heure du coude Ã  coude entre Hillary Clinton et Barrack Obama, le Syndicat des Robots a sÃ©lectionnÃ© pour vous d&#8217;autres documents intÃ©ressants et disponibles en ligne.</p>
<h3>Hacking democracy</h3>
<p><strong>(film, USA, 82 mn, 2006) :</strong></p>
<p>Hacking democracy est un film documentaire de Russell Michaels, Simon Ardizzone et Robert Carrillo Cohen soulignant les anomalies et irrÃ©gularitÃ©s des systÃ¨mes de vote Ã©lectronique de marque Diebold (&#8221;Accu-Vote&#8221; machines) lors des Ã©lections prÃ©sidentielles de 2000 et 2004 aux Ã‰tats-Unis (et en particulier dans le contÃ© de Volusia en Floride). Must absolu, trÃ¨s documentÃ©, et pour tout dire plutÃ´t triste : le film se conclut sur la dÃ©monstration Ã©vidente d&#8217;une tricherie possible qui fait mÃªme pleurer une enquÃªteuse Ã  bout de nerfs. Ces mÃªmes machines Diebold sont de nouveau utilisÃ©es pour les Ã©lections de 2008. Certains rÃ©sultats sont d&#8217;ores et dÃ©jÃ  contestÃ©s, notamment dans lors des rÃ©centes Ã©lections primaires au New Hampshire (<a href="http://www.bradblog.com/?p=5560">Lire</a>).</p>
<p>Ce film (doublÃ© en franÃ§ais) est visible en ligne en deux parties :<br />
Voir <a href="http://leweb2zero.tv/video/shakti_73460137f59613d">la partie 01</a> | Voir <a href="http://leweb2zero.tv/video/shakti_5846016402b40aa">la partie 02</a>.</p>
<p><strong>Lien :</strong> <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hacking_Democracy">http://en.wikipedia.org/wiki/Hacking_Democracy</a></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/hacking_468.jpg' alt='Hacking democracy' /></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/line_468.gif' alt='line 468' /></p>
<h3>Behind the Freedom Curtain</h3>
<p><strong>(film, USA, 18 mn, 1957) :</strong></p>
<p>&#8220;Automatique et moderne&#8221;, la machine Ã  voter ne date pas d&#8217;hier. DÃ¨s la fin du 19e siÃ¨cle, des specimens mÃ©caniques furent mis en service aux USA par la compagnie &#8220;Automatic Voting Machine&#8221;. &#8220;Behind the Freedom Curtain&#8221; est un film promotionnel justement produit par cette mÃªme compagnie, apparemment plus vivace que jamais. &#8220;Automatic Voting Machine&#8221; tente de nous convaincre de la fiabilitÃ© de ce vote VRAIMENT dÃ©mocratique, rÃ©pÃ©tant sans cesse que la machine ne peut pas commettre les erreurs habituellement imputables aux jurÃ©s chargÃ©s de compter les bulletins. Point de vue dÃ©finitivement amusant, Ã  la lumiÃ¨re <a href="http://www.erg.be/sdr/blog/?p=50">du futur</a> que l&#8217;on connait dÃ©sormais. Ce film est tÃ©lÃ©chargeable gratuitement.</p>
<p><strong>Lien :</strong> <a href="http://www.archive.org/details/Behindth1957">Voir la page de tÃ©lÃ©chargement.</a></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/5_05_lrg_nb_468.jpg' alt='Behind the Freedom Curtain' /></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/line_468.gif' alt='line 468' /></p>
<h3>Vote: The Machinery of Democracy</h3>
<p><strong>(site web, USA, 2004) :</strong></p>
<p>Ce bon site produit par le Smithsonianâ€™s National Museum of American History Ã©voque une exposition consacrÃ©e en 2004 Ã  l&#8217;Ã©volution des systÃ¨mes de vote aux USA. Il offre une information chronologique objective, claire et gÃ©nÃ©rale. Il est dotÃ© d&#8217;une trÃ¨s belle iconographie et semble Ã©viter soigneusement toute polÃ©mique.</p>
<p><strong>Lien :</strong> <a href="http://americanhistory.si.edu/vote/">Voir le site.</a></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/6_01_lrg_468.jpg' alt='The Machinery of Democracy' /></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/line_468.gif' alt='line 468' /></p>
<h3>Vote Ã©lectronique : les boÃ®tes noires de la dÃ©mocratie</h3>
<p><strong>(livre, France, 2008) :</strong></p>
<p>Last <em>but not least</em> : Perline et Thierry Noisette, auteurs de l&#8217;excellent &#8220;La bataille du logiciel libre&#8221;, publient un nouvel opus trÃ¨s documentÃ© qui dÃ©montre posÃ©ment les risques liÃ©s au systÃ¨me de vote Ã©lectronique. ImposÃ© sans dÃ©bat, cette technologie peu fiable semble davantage profiter aux marchands de machines de vote qu&#8217;Ã  la dÃ©mocratie et aux citoyens. Ce livre sorti la semaine derniÃ¨re (le 08 fÃ©vrier) est disponible gratuitement sous licence Creative Commons (<a href="http://CreativeCommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/">CC by-nc-sa 2.0</a>) sur le site de <a href="http://www.ilv-edition.com/librairie/vote_electronique__les_boites_noires_de_la_democratie.html">In Libro Veritas.</a></p>
<p><strong>Lien :</strong> <a href="http://voteelectronique.info/">Voir le site du livre.</a></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/vote_electronique_nb_468.jpg' alt='Vote Ã©lectronique' /></p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/line_468.gif' alt='line 468' /></p>
<p><strong>Autres liens :</strong></p>
<li><a href="http://ordinateurs-de-vote.org/">http://ordinateurs-de-vote.org/</a><br />
Citoyens et informaticiens pour un vote vÃ©rifiÃ© par l&#8217;Ã©lecteur.</li>
<li><a href="http://www.cs.uiowa.edu/~jones/voting/pictures/">A Brief Illustrated History of Voting</a><br />
(Douglas W. Jones, University of Iowa, Department of Computer Science).</li>
<li><a href="http://www.cs.princeton.edu/~appel/voting/index.html">Studies of Voting Technology</a><br />
(Andrew W. Appel, Professor of Computer Science, Princeton University).</li>
<li><a href="http://www.cs.rice.edu/~dwallach/photo/avm-lever/">Automatic Voting Machine</a><br />
(Dan Wallach, Rice University, Department of Computer Science).</li>
<li><a href="http://www.poureva.be/">PourEVA</a><br />
(Pour une Ethique du Vote AutomatisÃ©).</li>
<p>Bot Bless You !</p>
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		<title>La machine comme art, l&#8217;art comme machine</title>
		<link>http://www.erg.be/sdr/blog/?p=103</link>
		<comments>http://www.erg.be/sdr/blog/?p=103#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2008 13:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;I&#8217;m painting this way because I want to be a machine&#8221; Andy Warhol, 1963.

Ce texte de Catherine Grenier est un extrait de &#8220;Nouveaux RÃ©alismes et Pop Art, l&#8217;art sans l&#8217;art&#8220;, initialement publiÃ© en annexe du livre Les annÃ©es pop (Ã‰ditions du Centre Pompidou, Paris , 2001).
La mÃ©canisation, qui est l&#8217;agent de transformation le plus radical [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;I&#8217;m painting this way because I want to be a machine&#8221; Andy Warhol, 1963.</p>
<p><span id="more-103"></span></p>
<p>Ce texte de Catherine Grenier est un extrait de &#8220;<em>Nouveaux RÃ©alismes et Pop Art, l&#8217;art sans l&#8217;art</em>&#8220;, initialement publiÃ© en annexe du livre <em>Les annÃ©es pop</em> (Ã‰ditions du Centre Pompidou, Paris , 2001).</p>
<p>La mÃ©canisation, qui est l&#8217;agent de transformation le plus radical de la sociÃ©tÃ© moderne, et a engendrÃ© les formes d&#8217;art nouvelles de la photographie et du cinÃ©ma, est le principal objet de fascination, tout autant que de rÃ©pulsion, des artistes du XXe siÃ¨cle. L&#8217;artiste-machine, sous le signe duquel se place Warhol, est dans la ligne de mire de tous les crÃ©ateurs depuis le dÃ©but du siÃ¨cle, et l&#8217;on en trouve dÃ©jÃ  l&#8217;annonce dans les affabulations dÃ©veloppÃ©es par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Offray_de_La_Mettrie">La Mettrie</a> (<a href="http://fr.wikisource.org/wiki/L%27Homme_Machine">L&#8217;Homme-machine</a>, 1748) dans l&#8217;orbite des LumiÃ¨res, Ã  l&#8217;aube du monde moderne. Plus tard, le style &#8220;machiniste&#8221; de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fernand_LÃ©ger">Fernand LÃ©ger</a> rejoint la fascination mÃ©caniste d&#8217;un <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Picabia">Picabia</a> ou d&#8217;un <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Duchamp">Duchamp</a>. </p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/1920_tatlin-zuhause_468.jpg' alt='Raoul Haussmann, Tatlin zuhause (1920)' /></p>
<p><em>Raoul Haussmann, Tatlin zuhause (1920).</em></p>
<p>Du Ballet triadique d&#8217;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Oskar_Schlemmer">Oskar Schlemmer</a> au cerveau-machine dans le portrait de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Tatlin">Tatlin</a> par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Hausmann">Raoul Haussmann</a>, l&#8217;association de l&#8217;homme et de la machine est une figure rÃ©surgente de l&#8217;imaginaire moderne, tour Ã  tour revendiquÃ©e ou vilipendÃ©e. Les futuristes et les dadaÃ¯stes appellent de leurs voeux l&#8217;avÃ¨nement de l&#8217;homme mÃ©canique. Dans l&#8217;art issu de l&#8217;aprÃ¨s-guerre, pourtant profondÃ©ment marquÃ© par le sentiment d&#8217;une humanitÃ© retrouvÃ©e et par le lyrisme gestuel, des pratiques comme celle de l&#8217;action painting de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jackson_Pollock">Jackson Pollock</a> ou plus tard de l&#8217;Hourloupe de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jean_Dubuffet">Dubuffet</a> confinent au geste mÃ©canique, atteignant trÃ¨s vite une forme de dÃ©sensibilisation<sup>1</sup>. De mÃªme, les peintures informelles de <a href="http://www.tate.org.uk/servlet/ArtistWorks?cgroupid=999999961&#038;artistid=827&#038;page=1">GÃ¼nter Brus</a>, exÃ©cutÃ©es en s&#8217;entravant les mains, participent de cette intention d&#8217;annihiler l&#8217;effet de sa volontÃ© et de se rapprocher de l&#8217;objet que l&#8217;on retrouvera par la suite dans les performances qu&#8217;il rÃ©alise avec les actionnistes viennois. MarquÃ©es par l&#8217;immense intÃ©rÃªt que suscite la conquÃªte de l&#8217;espace, les annÃ©es cinquante puis la dÃ©cennie suivante voient le dÃ©veloppement d&#8217;une littÃ©rature populaire de science-fiction et la prolifÃ©ration d&#8217;une imagerie qui dÃ©cline Ã  l&#8217;infini les fantaisies utopistes d&#8217;une sociÃ©tÃ© robotisÃ©e. La machine Ã  peindre apparaÃ®t pour les artistes comme le remÃ¨de Ã  la dÃ©cadence et Ã  la prÃ©Ã©minence de l&#8217;artiste sur l&#8217;art. Ã€ l&#8217;orÃ©e des annÃ©es soixante, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Yves_Klein">Yves Klein</a> dÃ©clare: &#8220;Ces machines extraordinaires qui produisent des tableaux d&#8217;une qualitÃ©, d&#8217;une improvisation, d&#8217;une variÃ©tÃ© inouÃ¯es et indiscutables, dans cet esprit technique du signe et de la vitesse, vont arrÃªter trÃ¨s heureusement Ã  temps cette classe d&#8217;art abstrait qui dangereusement depuis quelques annÃ©es prÃ©cipite toute une gÃ©nÃ©ration vers un vide non plein lui, justement, vers ce qui est le flÃ©au moral de l&#8217;Occident: l&#8217;hypertrophie du Moi, de la personnalitÃ©&#8221;.<sup>2</sup></p>
<p>L&#8217;importance que prend la machine chez les Â«nouveaux rÃ©alistesÂ» n&#8217;est donc pas surprenante. Qu&#8217;elle soit modÃ¨le de l&#8217;iconographie &#8211; image de la voiture et des robots mÃ©nagers chez <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Hamilton_(artist)">Hamilton</a> et chez plusieurs autres des pop anglais -, objet de l&#8217;art dans les constructions de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jean_Tinguely">Tinguely</a> ou de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Kienholz">Kienholz</a>, matÃ©riau des assemblages de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/John_Angus_Chamberlain">Chamberlain</a>, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Arman">Arman</a> ou <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Rauschenberg">Rauschenberg</a>, substitut de l&#8217;artiste dans les compressions de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/CÃ©sar_Baldaccini">CÃ©sar</a>, la mÃ©canique, au sens propre ou au sens figurÃ©, s&#8217;oppose pour ces artistes Ã  la sentimentalitÃ© et au sublime, qu&#8217;ils rÃ©voquent. Les performances, de la mÃªme faÃ§on, sont plutÃ´t rÃ©gies par une mÃ©canique que par une dramaturgie. Le geste machinal y prime souvent sur le geste thÃ©Ã¢tral. Cependant, ces artistes marquent leur prÃ©fÃ©rence pour les mÃ©canismes erratiques, pour les accidents et les effets du hasard, mais aussi pour les machines sales, bruyantes ou cassÃ©es, qui conservent Ã  leur engagement rÃ©aliste un esprit poÃ©tique. L&#8217;art des Â«nouveaux rÃ©alistesÂ» s&#8217;Ã©tablit sur une &#8220;crise du moi&#8221; comparable Ã  celle que traduisait, chez les romantiques, l&#8217;invention du simulacre<sup>3</sup>. Si <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jean_Tinguely">Tinguely</a> invente une machine Ã  peindre, si <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Daniel_Spoerri">Spoerri</a> fait rÃ©aliser ses tableaux par le public qui mange dans sa vaisselle, si <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jasper_Johns">Johns</a> s&#8217;efface derriÃ¨re l&#8217;emblÃ©matique submergeante du drapeau amÃ©ricain, si <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Rauschenberg">Rauschenberg</a> entend &#8220;dÃ©personnaliser&#8221;, comme il le dit, sa dynamique picturale en la rendant machinale, si <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Raymond_Hains">Hains</a> se contente de transfÃ©rer ses affiches dÃ©collÃ©es sur un chÃ¢ssis, il reste nÃ©anmoins que l&#8217;effacement de l&#8217;artiste ne rÃ©siste pas au plaisir du faire et Ã  la jubilation devant l&#8217;effet heureux d&#8217;un &#8220;hasard&#8221; souvent bricolÃ©, ou du moins bien choisi. On a de ce fait, avec raison, opposÃ© l&#8217;esthÃ©tique &#8220;chaude&#8221; de ces artistes &#8211; y compris ceux qui, comme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Rauschenberg">Rauschenberg</a>, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jasper_Johns">Johns</a> ou <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jim_Dine">Dine</a>, ont Ã©tÃ© associÃ©s au pop art &#8211; Ã  l&#8217;esthÃ©tique &#8220;froide&#8221; du pop art. </p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/brillo_boxes_468.jpg' alt='Brillo (1964)' /></p>
<p><em>Andy Warhol, Brillo (1964).</em></p>
<p>Le Â«<em>Je veux Ãªtre une machine</em>Â» de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Andy_Warhol">Warhol</a> ainsi que son affirmation (exagÃ©rÃ©e mais courageuse) de ne pas faire lui-mÃªme ses peintures sont des provocations qui, tout en participant Ã  l&#8217;Ã©dification d&#8217;une mythologie, mettent au diapason, de maniÃ¨re radicale, la posture de l&#8217;artiste et l&#8217;esthÃ©tique industrielle qu&#8217;adopte le pop art. Non plus technicien mais machine, l&#8217;artiste pop se place en position de disponibilitÃ© vis-Ã -vis de l&#8217;extÃ©rieur: comme on avait reprochÃ© Ã  <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jasper_Johns">Johns</a> d&#8217;avoir rÃ©alisÃ© deux cannettes de biÃ¨re sous l&#8217;impulsion d&#8217;une mauvaise blague, on dÃ©noncera chez <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Andy_Warhol">Warhol</a> le fait qu&#8217;il sollicite ses idÃ©es parmi son entourage. Quelles que soient les modifications que <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Roy_Lichtenstein">Lichtenstein</a> fait subir Ã  ses sujets, ce qui caractÃ©rise ses oeuvres au premier chef est l&#8217;adoption d&#8217;un mode de reprÃ©sentation exclusif qui reproduit fidÃ¨lement le modÃ¨le de l&#8217;image imprimÃ©e et le recours Ã  une iconographie entiÃ¨rement trouvÃ©e. Ces pratiques sont les parangons d&#8217;une attitude que les autres artistes vont adapter de faÃ§on plus ou moins libre, en trouvant des techniques propres Ã  traduire cette idÃ©e mÃ©caniste. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Ed_Ruscha">Ed Ruscha</a> va ainsi adopter le style graphique du dessin industriel dans ses grands panoramas. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tom_Wesselmann">Tom Wesselmann</a> revient Ã  la technique du trompe-l&#8217;oeil, acquise quand il travaillait dans le domaine de la publicitÃ©. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Indiana">Robert Indiana</a> dÃ©tourne les codes figuratifs de la signalisation routiÃ¨re. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Martial_Raysse">Martial Raysse</a> peint Ã  la bombe sur des photographies fortement agrandies et dÃ©tourÃ©es Ã  la maniÃ¨re des panneaux publicitaires. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Jacquet">Alain Jacquet</a> met l&#8217;accent sur la dimension mÃ©canique dans des reuvres qui jouent de l&#8217;agrandissement des points de trame, et pour lesquelles il forge le terme &#8220;mec art&#8221;. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_StÃ¤mpfli">Peter StÃ¤mpfli</a>, anticipant sur l&#8217;hyperrÃ©alisme, reproduit Ã  l&#8217;aide d&#8217;un Ã©piscope des images de consommation de faÃ§on absolument mimÃ©tique. Une large gamme de techniques et de matÃ©riaux est empruntÃ©e Ã  la sphÃ¨re de la production industrielle, afin que l&#8217;reuvre nÃ©cessite toujours moins d&#8217;intervention directe de l&#8217;artiste, toujours moins d&#8217;expressivitÃ© du rendu de l&#8217;image. L&#8217;effacement de l&#8217;artiste est la cause et la contrepartie d&#8217;un effacement de l&#8217;art, tout au moins dans ses manifestations habituelles. On se souvient du geste iconoclaste de Rauschenberg effaÃ§ant Ã  la gomme un dessin de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Willem_de_Kooning">De Kooning</a>, de ses proclamations sur la nÃ©cessitÃ© de &#8220;vider le vide de la toile blanche&#8221;, de l&#8217;exposition du &#8220;Vide&#8221; de Klein, de la musique du silence de Cage<sup>4</sup>. Dans ce besoin absolu d&#8217;effacement, de dÃ©blaiement, tient toute une aspiration de l&#8217;art Ã  une renaissance qui trouve son fondement dans les donnÃ©es essentielles de l&#8217;Ãªtre: le temps, la vie, le monde. Cet allÃ¨gement du poids du symbolique et du culturel au profit du rÃ©el passe par la trivialisation de l&#8217;acte artistique, comme de l&#8217;artiste, ainsi que par la dÃ©sacralisation de l&#8217;intellect. &#8220;The mind is a muscle&#8221;, affirme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Yvonne_Rainer">Yvonne Rainer</a> dans l&#8217;une de ses performances chorÃ©graphiques<sup>5</sup>. Les artistes et danseurs rÃ©unis au sein du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Judson_Dance_Theater">Judson Dance Theater</a> expÃ©rimentent avec la Â« cash performance ), danse basÃ©e sur la reproduction des gestes quotidiens, la programmation du geste artistique, rÃ©duit Ã  la stricte observance de la mÃ©canique du banal. Â« Mon cerveau est comme un enregistreur sur lequel il n&#8217;y aurait que la touche &#8220;Effacer&#8221;, dÃ©clare <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Andy_Warhol">Andy Warhol</a>, qui traverse la vie son magnÃ©tophone Ã  la main. Le pop art tire sa substance premiÃ¨re de cette soumission aux facteurs extÃ©rieurs, de cette reconquÃªte du vide de l&#8217;art par le plein de la vie qu&#8217;annonÃ§ait mÃ©taphoriquement Arman dans son exposition du &#8220;Plein&#8221; chez Iris Clert<sup>6</sup>. </p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/02/jacquet_468.jpg' alt='Alain Jacquet, Le DÃ©jeuner sur lâ€™herbe (1964)' /></p>
<p><em>Alain Jacquet, Le DÃ©jeuner sur l&#8217;herbe (1964).</em></p>
<p>En consÃ©quence, alors mÃªme que le pop art revitalise une peinture figurative que l&#8217;on croyait obsolÃ¨te, c&#8217;est la notion de chef-d&#8217;oeuvre qu&#8217;il abolit. Sur quel critÃ¨re peut-on juger qu&#8217;une image de Marilyn est supÃ©rieure Ã  une image de boÃ®te de soupe ou de Coca-Cola soumise par <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Andy_Warhol">Warhol</a> au mÃªme traitement esthÃ©tique ? Quelle est la Â«meilleureÂ» des images de bandes dessinÃ©es reproduites par <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Roy_Lichtenstein">Lichtenstein</a> ? Lequel des dizaines d&#8217;exemplaires du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_DÃ©jeuner_sur_l'herbe">DÃ©jeuner sur l&#8217;herbe</a> d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Jacquet">Alain Jacquet</a> prime sur les autres, et cette image mÃªme est-elle plus importante que celle de Gabrielle d&#8217;EstrÃ©e, conÃ§ue sur le mÃªme mode de rÃ©interprÃ©tation d&#8217;un des chefs-d&#8217;oeuvre du panthÃ©on artistique? Comment Ã©tablir une hiÃ©rarchie parmi les gigantesques &#8220;panneaux publicitaires&#8221; de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tom_Wesselmann">Tom Wesselmann</a> ? </p>
<p>On a beaucoup parlÃ© des &#8220;icÃ´nes&#8221; du pop art, mais ces icÃ´nes sont conÃ§ues par les artistes comme reproductibles, et multipliÃ©es Ã  de nombreux &#8211; voire trÃ¨s nombreux &#8211; exemplaires, dans des formats diffÃ©rents. Par ailleurs, aucun des artistes n&#8217;a le monopole d&#8217;icÃ´nes particuliÃ¨res : on ne compte pas les reproductions de l&#8217;image de Marilyn ou celles de la bouteille de Coca-Cola, sous diverses signatures, tant aux Ã‰tats-Unis qu&#8217;en Europe. Enfin, les sujets de reprÃ©sentation ne sont pas choisis pour leur originalitÃ© ou leur raffinement, mais retenus au contraire pour leur caractÃ¨re populaire et universel. On ne peut pas affirmer pour autant que l&#8217;esthÃ©tique n&#8217;entre pas en jeu dans l&#8217;Ã©conomie gÃ©nÃ©rale du tableau : elle est prÃ©sente Ã  l&#8217;origine de l&#8217;image, dans la prÃ©occupation du concepteur du produit commercial reproduit de rendre sÃ©duisants son objet et l&#8217;image de cet objet. Comme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamp">Marcel Duchamp</a> l&#8217;indiquait en Ã©voquant ses readymades, si l&#8217;artiste est conscient des qualitÃ©s intrinsÃ¨ques de l&#8217;objet, mÃªme banal, qu&#8217;il utilise, il se maintient en deÃ§Ã  du champ esthÃ©tique. Â« [...] Je n&#8217;Ã©tais pas responsable. C&#8217;Ã©tait fait, ce n&#8217;Ã©tait pas moi qui l&#8217;avais fait. Il y a une dÃ©fense, j&#8217;objectais Ã  la responsabilitÃ©&#8221;.<sup>7</sup> Par le choix &#8211; ou plutÃ´t le non-choix &#8211; des sujets, par l&#8217;apparence manufacturÃ©e donnÃ©e Ã  l&#8217;art, par la position, au vrai ou au figurÃ©, de l&#8217;artiste comme Â«machine Ã  peindre&#8221;<sup>8</sup>, les artistes pop Â«objectent Ã  la responsabilitÃ©&#8221; et rÃ©cusent l&#8217;idÃ©e de chef-d&#8217;oeuvre.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_103" class="footnote">Voir l&#8217;examen de l&#8217;apologie de l&#8217;aliÃ©nation par certains peintres amÃ©ricains dans <em>Comment New York vola l&#8217;idÃ©e d&#8217;art moderne</em> par Serge Guibaut, trad. par Catherine Fraixe, Paris, Jacqueline Chambon, 1992.</li><li id="footnote_1_103" class="footnote">ConfÃ©rences de la Sorbonne, 3 juin 1959, Paris, Galerie Montaigne.</li><li id="footnote_2_103" class="footnote">Voir l&#8217;Ã©tude de Bernilde Boie, L&#8217;Homme et ses simulacres, Paris, Librairie JosÃ© Corti, 1979.</li><li id="footnote_3_103" class="footnote"><em>Erased de Kooning Drawing</em>, R. Rauschenberg, 1959 ; <em>Le vide</em>, Yves Klein, 1958, Galerie Iris Clert, Paris ; <em>4&#8242;33</em>, John Cage, 1952.</li><li id="footnote_4_103" class="footnote"><em>The Mind is a Muscle</em>, 1966, chorÃ©graphie rÃ©alisÃ©e dans le cadre des travaux du Judson Dance Theater.</li><li id="footnote_5_103" class="footnote"><em>Le plein</em>, Arman, 1960, Galerie Iris Clert, Paris.</li><li id="footnote_6_103" class="footnote"><em>Entretiens avec Marcel Duchamp</em>, Pierre Cabanne, Paris, Pierre Belfond, 1967.</li><li id="footnote_7_103" class="footnote">Voir <em>La Machine Ã  peindre</em>, Maurice FrÃ©churet, Paris, Jacqueline Chambon, 1994.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La parade et le carnaval</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jan 2008 23:26:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Vie et mort des machines selon Rebecca Horn et Jean Tinguely.

Ce texte de Daniel Soutif a Ã©tÃ© initialement publiÃ© dans Les cahiers du musÃ©e national dâ€™art moderne nÂ° 60 (juillet 1997).

&#8220;Tinguely avait raison : dans un musÃ©e, une machine nâ€™a dâ€™autre alternative que de sâ€™autodÃ©truire, laissant derriÃ¨re elle une mÃ©moire de formes qui ressemblent parfois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vie et mort des machines selon Rebecca Horn et Jean Tinguely.</p>
<p><span id="more-81"></span></p>
<p>Ce texte de Daniel Soutif a Ã©tÃ© initialement publiÃ© dans <em>Les cahiers du musÃ©e national dâ€™art moderne nÂ° 60</em> (juillet 1997).</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/r-cahier60_02.gif' alt='Les cahiers du musÃ©e national dâ€™art moderne nÂ° 60' /></p>
<p>&#8220;Tinguely avait raison : dans un musÃ©e, une machine nâ€™a dâ€™autre alternative que de sâ€™autodÃ©truire, laissant derriÃ¨re elle une mÃ©moire de formes qui ressemblent parfois Ã  celles de lâ€™art&#8221;.</p>
<p>Cette remarque conclut la recension que Harold Rosenberg consacrait dans le New Yorker Ã  lâ€™exposition prÃ©sentÃ©e en 1968 par Pontus HultÃ©n au MoMA sous le titre <em>The Machine as Seen at the End of the Mechanical Age</em>. IntitulÃ© &#8220;<em>Past Machines, Future Art</em>&#8220;, cet article, assez sÃ©vÃ¨re pour lâ€™exposition de HultÃ©n, sâ€™ouvrait sur une description de lâ€™<a href="http://www.medienkunstnetz.de/works/homage-to-new-york/">Homage to New York</a>, la grande machine tinguelienne qui sâ€™Ã©tait â€suicidÃ©eâ€ dans le jardin du mÃªme musÃ©e au printemps 1960. Rangeant lâ€™<em>Homage</em> aux cÃ´tÃ©s dâ€™ â€oeuvres incontournables comme le <em>Nu descendant un escalier</em> de Duchamp, la <em>Persistance de la mÃ©moire</em> de Dali, <em>Flatiron with Metal Tacks</em> de Man Ray, <em>Fur-Covered Cup, Saucer and Spoon</em> de Oppenheim, <em>Guernica</em> de Picasso, <em>Woman 1</em> de de Kooning, <em>Erased de Kooning Drawing</em> de Rauschenbergâ€, Rosenberg jugeait lâ€™engin de Tinguely digne dâ€™accÃ©der au â€statut dâ€™icÃ´ne de lâ€™art du XXÃ¨me siÃ¨cleâ€, de mÃªme droit que ces oeuvres emblÃ©matiques Ã  des titres divers. Mieux, le critique ajoutait que lâ€™<em>Homage</em> Ã©tait â€non seulement le plus rÃ©cent des objets reprÃ©sentatifs du siÃ¨cle, mais Ã©galement celui qui Ã©tait le plus proche de la perfectionâ€. </p>
<p>Ã€ quoi tenait donc cette supÃ©rioritÃ© ? Eh bien, prÃ©cisÃ©ment Ã  son caractÃ¨re autodestructeur, â€suicidaireâ€ ou, pour reprendre les termes de Rosenberg, Ã  ce simple fait que lâ€™<em>Homage</em> â€a rÃ©ussi Ã  ne pas existerâ€. Que lâ€™agonie et la mort des machines, ou plutÃ´t la mort dâ€™un certain type de machines, les machines mÃ©caniques qui connurent leur apogÃ©e avec lâ€™Ã¢ge classique de lâ€™industrie, traversent de part en part lâ€™oeuvre de Tinguely est un fait peu contestable. Plus peut-Ãªtre encore que les grandes machines dont lâ€™artiste suisse organisa le suicide au dÃ©but des annÃ©es soixante, les oeuvres ultimes, telles celles rÃ©unies sous lâ€™appellation collective â€Mengeleâ€ lors de la grande rÃ©trospective prÃ©sentÃ©e Ã  Venise en 1987, en tÃ©moignent admirablement. La mort ou lâ€™autodestruction sont-elles pour autant, ainsi que le voulait Rosenberg en 1968, lâ€™unique alternative offerte par lâ€™art et le musÃ©e aux machines qui prÃ©tendent y accÃ©der ?</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/1960_homage_468.gif' alt='Homage to New York' /></p>
<p><em>Jean Tinguely : Homage to New York (1960).</em></p>
<p>Lâ€™histoire veut que ce soit prÃ©cisÃ©ment au cours de 1968, lâ€™annÃ©e mÃªme oÃ¹ Rosenberg rÃ©pondait par lâ€™affirmative Ã  cette interrogation, que Rebecca Horn ait commencÃ© sa carriÃ¨re dâ€™artiste avec une oeuvre-prothÃ¨se intitulÃ©e Arm-Extensionen (â€Extension des brasâ€). Cette oeuvre nâ€™entrait certes pas dans le domaine machinique, mais il est nÃ©anmoins permis de remarquer au passage que son caractÃ¨re incontestablement prothÃ©tique lâ€™inscrivait non dans le champ de la mort, mais plutÃ´t dans celui de la prolongation, au propre comme au figurÃ©, de la vie. </p>
<p>Deux ans plus tard, lâ€™artiste confirmait et accentuait encore cette connotation vitaliste avec une oeuvre, elle, dÃ©jÃ  proprement machinique, ÃœberstrÃ¶mer, La machine Ã  faire circuler le sang, qui consiste en une sorte de vÃªtement fait de tuyaux de plastique transparent dans lesquels circule de lâ€™eau colorÃ©e en rouge. Il est Ã©videmment inutile de souligner que la circulation du sang, bien loin de signifier ou mÃªme de prÃ©figurer la mort, est au contraire le propre de la vie. On croit savoir dâ€™ailleurs (quoiquâ€™il ne reste aucune trace de ses tentatives) que le grand constructeur dâ€™automates grenoblois Jacques Vaucanson &#8211; qui, au XVIIIÃ¨me siÃ¨cle, tenta de modÃ©liser mÃ©caniquement la vie, et fut cÃ©lÃ¨bre, notamment, pour avoir construit un canard mÃ©canique qui se nourrissait et digÃ©rait Ã  lâ€™instar des canards rÃ©els &#8211; se serait Ã©vertuÃ© jusquâ€™Ã  la fin de son existence Ã  crÃ©er un automate dotÃ© de la circulation du sang. </p>
<p>Pour que la modÃ©lisation visÃ©e par cet homme artificiel fÃ»t parfaite, il eÃ»t certes fallu que lâ€™automate en question disposÃ¢t de la capacitÃ© de se suicider. Mais, quand bien mÃªme eÃ»t-il disposÃ© de cette facultÃ©, tel nâ€™eÃ»t pas Ã©tÃ© alors son unique destin, pas plus que tel nâ€™est celui de la premiÃ¨re machine de Rebecca Horn. Certes, la circulation sanguine artificielle de ÃœberstrÃ¶mer pourrait bien sâ€™interrompre accidentellement ou volontairement et ainsi Ã©voquer une mort fortuite ou voulue, mais il est clair, nÃ©anmoins, que le sens premier de cette machine est de rendre manifeste la vie plutÃ´t que lâ€™inÃ©luctabilitÃ© de son interruption, y compris si cette manifestation en implique la possibilitÃ©.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/1970_uberstromer_468.gif' alt='Ãœberstromer' /></p>
<p><em>Rebecca Horn : ÃœberstrÃ¶mer (Overflowing Blood Machine), 1970.</em></p>
<p>En 1970, en somme, Rebecca Horn prenait dâ€™emblÃ©e la machine par un autre de ses sens que celui dans lequel se tenaient Ã  la fois les engins de Tinguely et les conclusions quâ€™en tirait Rosenberg : machine Ã©vocatrice de la vie, câ€™est-Ã -dire, pour reprendre la formule de Bichat, de â€lâ€™ensemble des fonctions qui rÃ©sistent Ã  la mortâ€, et non pas machine mourante, ÃœberstrÃ¶mer annonÃ§ait une descendance qui allait ouvrir aux machines une carriÃ¨re artistique diffÃ©rente de celle dont les avait gratifiÃ©es Tinguely, et radicalement contredire la prÃ©diction du critique new-yorkais. PrÃ©parÃ©s par les nombreuses prothÃ¨ses plus ou moins zoomorphes rÃ©alisÃ©es par lâ€™artiste au cours des annÃ©es soixante-dix &#8211; corne de licorne, plumage de coq, gants-doigts, vÃªtements, extension de la tÃªte, Ã©ventail corporel blanc, Ã©ventail corporel mÃ©canique, masque-crayon, masque-cheveux, masque-coq, masque-cacatoÃ¨s, veuve du paradis, douce prisonniÃ¨re. </p>
<p>La premiÃ¨re Machine-Paon dÃ©ployait la roue de ses plumes blanches en 1979, vite suivie en 1982 par un automate similaire, mais cette fois tout entier dâ€™aluminium. Roues de plumes, Ã©ventail suspendu, marteaux exprimant la dÃ©faillance des sentiments, pendules circulaires, pinceaux ailÃ©s, petites cuillÃ¨res ensommeillÃ©es, serpent de mercure, balanÃ§oire de papillons, choeur de machines Ã  Ã©crire, forÃªts de jumelles chanteuses, et mÃªme piano lunaire flottant pieds en lâ€™air dans lâ€™espace, tous animÃ©s de mouvements parfaitement rÃ©glÃ©s, viendront ensuite ajouter leurs vies mÃ©taphoriques Ã  celles de ces deux superbes oiseaux motorisÃ©s, pour constituer avec eux la grande parade mÃ©canique quâ€™est ainsi progressivement devenue lâ€™oeuvre de Rebecca Horn. </p>
<p>Et mÃªme si, par la froideur du mÃ©tal, certaines de ces machines peuvent pointer Ã  leur faÃ§on la mort en laissant transparaÃ®tre un caractÃ¨re quelque peu agressif, ou mÃªme guerrier, aucune ne semble travaillÃ©e par la moindre tendance suicidaire ou autodestructrice.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/1978_feathered_468.gif' alt='The Feathered Prison Fan' /></p>
<p><em>Rebecca Horn : The Feathered Prison Fan (1978)</em></p>
<p>Si tel a pu Ãªtre le cas, câ€™est parce que Rebecca Horn a su rÃ©veiller et dÃ©tourner Ã  son profit certains des sens de la mÃ©canique et des machines que le machinisme industriel avait recouverts. Ã€ lâ€™inverse de Tinguely, dont la mÃ©tamÃ©canique aura eu pour fonction de prÃ©sentifier, sur le mode burlesque dâ€™abord, puis finalement sur celui dâ€™un tragique crÃ©pusculaire, la puissance quâ€™un Ã¢ge de lâ€™histoire confÃ©ra Ã  un certain type historique de la machine, Ã  la fois double et maÃ®tre de son producteur humain, Rebecca Horn est revenue au fantasme originaire du mÃ©canisme, non pour le ressusciter, mais pour tirer de lui une mÃ©taphore splendide de la beautÃ© de la vie. </p>
<p>Rien dâ€™Ã©tonnant donc dans le fait quâ€™aux mouvements dÃ©glinguÃ©s, toujours au bord de la rupture finale, des machines Tinguely rÃ©pondent, comme dans lâ€™Ã©cho dâ€™un retour Ã  une jeunesse idÃ©ale, la perfection, Ã  la fois majestueuse et silencieuse, des dÃ©ploiements sans accroc de ses machines-paons, ou celle, non moins fastueuse mais ponctuÃ©e de claquements secs, du ballet de ses petits marteaux automates. </p>
<p>Cette inversion de polaritÃ© ne doit cependant pas dissimuler ce que les deux artistes partagent et qui commence naturellement par la mÃ©canique et le mÃ©canisme, non parce quâ€™ils entretiendraient un mÃªme rapport Ã  lâ€™une et Ã  lâ€™autre, mais plutÃ´t parce que câ€™est le champ historique et technique dÃ©limitÃ© par le mÃ©canisme (complÃ©tÃ© par le moteur Ã©lectrique, mais câ€™est un dÃ©tail secondaire) qui aura fourni aussi bien, hier, Ã  Tinguely que, aujourdâ€™hui, Ã  Rebecca Horn les conditions de possibilitÃ© de leur art respectif.</p>
<p>Que sont donc cette mÃ©canique et ce mÃ©canisme dont les deux artistes prolongent ainsi le souvenir ? Au sens le plus gÃ©nÃ©ral, la mÃ©canique est la part de la physique classique qui porte sur les forces et leur action. En un autre sens plus restreint et, pour lâ€™essentiel, dÃ©rivÃ© du prÃ©cÃ©dent, le mÃªme terme dÃ©signe le chapitre de la technologie qui concerne lâ€™Ã©tude des machines mÃ©caniques, câ€™est-Ã -dire ces machines si chÃ¨res aux XVIIÃ¨me et XVIIIÃ¨me siÃ¨cles, qui dÃ©couvraient Ã  peine ce que Sadi-Carnot nomma plus tard la puissance motrice du feu, et ne connaissaient ni la thermodynamique ni les pouvoirs techniques de lâ€™Ã©lectricitÃ©, et encore moins ceux de lâ€™Ã©lectronique. </p>
<p>Lâ€™objet de la mÃ©canique entendue en ce second sens est donc lâ€™Ã©tude de la structure, de la construction, du fonctionnement et de lâ€™optimisation de ces â€mÃ©canismesâ€ dont dÃ©pend la fonction essentielle de toute machine classique. Dans <em>La Connaissance de la vie</em>, Georges Canguilhem a formulÃ© une dÃ©finition limpide de ce que sont les mÃ©canismes : </p>
<blockquote><p>&#8220;Un mÃ©canisme, câ€™est une configuration de solide en mouvement telle que le mouvement nâ€™abolit pas la configuration. Le mÃ©canisme est donc un assemblage de parties dÃ©formables avec restauration pÃ©riodique des mÃªmes rapports entre parties. Lâ€™assemblage consiste en un systÃ¨me de liaison comprenant des degrÃ©s de libertÃ© dÃ©terminÃ©e : par exemple, un balancier de pendule, une soupape sur came comportent un degrÃ© de libertÃ©, un Ã©crou dur un axe filetÃ© en comporte deux. La rÃ©alisation matÃ©rielle de ces degrÃ©s de libertÃ© consiste en guides, câ€™est-Ã -dire en limitations de mouvements de solides au contact. En toute machine, le mouvement est donc fonction de lâ€™assemblage, et le mÃ©canisme de la configuration&#8221;.</p></blockquote>
<p>Il va de soi que, mÃªme si les machines Tinguely semblent se donner pour fin de rÃ©sister dÃ©sespÃ©rÃ©ment Ã  cette dÃ©finition, mÃªme si leur fonctionnement paraÃ®t plutÃ´t viser Ã  mettre en pÃ©ril le retour pÃ©riodique de la mÃªme configuration, ces machines, de mÃªme que celles de Rebecca Horn, relÃ¨vent bien cependant de cet ordre gÃ©omÃ©trique qui a vu le jour au siÃ¨cle des GalilÃ©e, Descartes et autres Newton, et a atteint sa perfection deux cents ans plus tard avec lâ€™accomplissement triomphal de la science classique et la mÃ©canisation gÃ©nÃ©ralisÃ©e de lâ€™industrie, au cours dâ€™un XIXÃ¨me siÃ¨cle qui ne prÃ©voyait pas plus la physique relativiste et quantique que la rÃ©volution russe de 1917.</p>
<p>Ainsi faites de &#8220;mÃ©canismes&#8221; au sens qui vient dâ€™Ãªtre rappelÃ© (plutÃ´t que de moteurs, puisque ceux-ci, gÃ©nÃ©ralement Ã©lectriques et relevant donc dâ€™un autre Ã¢ge du machinisme, ne sont lÃ  que pour produire le mouvement), les machines Tinguely comme celles de Rebecca Horn sâ€™inscrivent dans le champ de lâ€™idÃ©ologie philosophique que le XVIIÃ¨me siÃ¨cle a Ã©difiÃ©e sur la base de la mÃ©canique et du succÃ¨s de ses machines. </p>
<p>&#8220;MÃ©canisme&#8221; est dâ€™ailleurs aussi le nom dont, trÃ¨s logiquement, on dota cette idÃ©ologie philosophique qui est le digne ancÃªtre de nos modernes rÃ©ductionnismes physicalistes ou cybernÃ©tiques. Des <a href="http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/logphil/textes/textesm/descar1m.htm">animaux-machines de Descartes</a> Ã  <a href="http://bibliothek.bbaw.de/quellendigital/lamettrie/metr_homm_fr_1748/index.html">lâ€™homme-machine de La Mettrie</a>, le mÃ©canisme entendu en ce sens a voulu Ã©tayer sur les machines et leurs mÃ©canismes une explication complÃ¨te de la vie. Un texte cÃ©lÃ¨bre empruntÃ© Ã  la Praxis Medica publiÃ©e en 1696 par le iatromÃ©canicien italien Baglivi rÃ©sume lapidairement cette tentative de rÃ©duction Ã  laquelle participÃ¨rent Ã  leur maniÃ¨re, Ã  peine quelques dizaines dâ€™annÃ©es plus tard, les automates flÃ»teurs ou tambourineurs de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Vaucanson">Vaucanson</a>, sans oublier, bien sÃ»r, son fameux canard digÃ©rateur : </p>
<blockquote><p>&#8220;Examinez avec quelque attention lâ€™Ã©conomie physique de lâ€™homme : quâ€™y trouvez-vous ? Les mÃ¢choires armÃ©es de dents, quâ€™est-ce autre chose que des tenailles ? Lâ€™estomac nâ€™est quâ€™une cornue; les veines, les artÃ¨res, le systÃ¨me entier des vaisseaux, ce sont des tubes hydrauliques; le coeur câ€™est un ressort ; les vicÃ¨res ne sont que des filtres, des cribles ; le poumon nâ€™est quâ€™un soufflet ; quâ€™est-ce que les muscles, sinon des cordes ? Quâ€™est-ce que lâ€™angle oculaire ? Si ce nâ€™est une poulie, et ainsi de suite. Laissons les chimistes avec leurs grands mots de &#8220;fusion&#8221;, et de &#8220;sublimation&#8221;, de &#8220;prÃ©cipitation&#8221; vouloir expliquer la nature et chercher ainsi Ã  Ã©tablir une philosophie Ã  part ; ce nâ€™est pas moins une chose incontestable que tous ces phÃ©nomÃ¨nes se doivent rapporter aux lois de lâ€™Ã©quilibre, Ã  celles du coin, de la corde, du ressort et des autres Ã©lÃ©ments de la mÃ©canique &#8230;&#8221;</p></blockquote>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/duck_446.gif' alt='Le canard de Vaucanson' /></p>
<p><em>Le canard de Vaucanson, 1739</em></p>
<p>MÃªme si, comme le fait observer Georges Canguilhem, coin, corde et ressort ne sont pas des principes dâ€™explication de mÃªme nature, puisque le ressort est un moteur tandis que corde et coin sont, respectivement, des mÃ©canismes de transmission et de transformation, ce texte illustre parfaitement la maniÃ¨re dont le mÃ©canisme entendait rendre compte de la vie. Comprendre aurait ainsi Ã©quivalu Ã  dÃ©voiler de petits secrets mÃ©caniques. Hormis lâ€™enrichissement et la gloire de leur auteur, les automates de Vaucanson nâ€™eurent pas dâ€™autre visÃ©e &#8211; ainsi que le confirme un procÃ¨s-verbal de lâ€™AcadÃ©mie des beaux-arts de Lyon qui rapporte la communication que, probablement sur recommandation de Voltaire, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Vaucanson">Vaucanson</a> y prÃ©senta le 9 aoÃ»t 1741 au sujet de son projet dâ€™homme artificiel. On lit ainsi dans ce texte, qui ne laisse aucun doute quant aux intentions mÃ©canistes du projet : </p>
<blockquote><p>&#8220;Monsieur Vaucanson, connu par diverses machines automates qui ont mÃ©ritÃ© lâ€™approbation de lâ€™AcadÃ©mie Royale des Sciences et les applaudissements du public Ã  Paris, Ã©tant venu en cette ville, et Monsieur le Directeur de lâ€™AcadÃ©mie lui ayant permis lâ€™entrÃ©e de cette sÃ©ance, il a fait part Ã  lâ€™AcadÃ©mie dâ€™un projet quâ€™il a imaginÃ© de construire une figure automate qui imitera dans ces mouvements les opÃ©rations animales, la circulation du sang, la respiration, la digestion, le jeu des muscles, tendons, nerfs, etc. Lâ€™auteur prÃ©tend que lâ€™on pourra par le moyen de cet automate faire des expÃ©riences sur les fonctions animales et en tirer des inductions pour connaÃ®tre les diffÃ©rents Ã©tats de santÃ© des hommes afin de remÃ©dier Ã  ses maux. Cette ingÃ©nieuse machine qui reprÃ©sentera un corps humain, pourra servir enfin Ã  faire des dÃ©monstrations dans un cours dâ€™anatomie&#8221;.</p></blockquote>
<p>Expliquer le vivant serait ainsi revenu au mÃªme que contempler, sous le vÃªtement, sous les plumes, les engrenages et les poulies du flÃ»teur ou du canard qui, quelques annÃ©es auparavant, avait sÃ©duit lâ€™Europe entiÃ¨re. Sauf que &#8211; Georges Canguilhem lâ€™a admirablement montrÃ© &#8211; le mÃ©canisme nâ€™explique la vie quâ€™Ã  la condition que la vie ait au prÃ©alable donnÃ© les machines ou, plus prÃ©cisÃ©ment, des machines qui aient conquis leur autonomie, des automates. Mais, mÃªme automate, câ€™est-Ã -dire apparemment rendue indÃ©pendante du mÃ©canicien grÃ¢ce Ã  un moteur, la machine nâ€™est que sa ruse et ne serait rien sans lui. Le mÃ©canisme vient donc buter sur le mÃ©canicien lui-mÃªme. Et les automates, en somme, ne parviennent pas Ã  Ãªtre des mÃ©taphores du vivant, mais seulement des mÃ©tonymies : il a fallu pour les engendrer un corps vivant dont ils ne sont donc que le prolongement. Sans ce corps-lÃ , aucun automate ne saurait faire corps. </p>
<p>Fontenelle a rÃ©sumÃ© tout cela en un joli mot : </p>
<blockquote><p>&#8220;Mettez une machine de chien et une machine de chienne lâ€™une prÃ¨s de lâ€™autre et il en pourra rÃ©sulter une troisiÃ¨me petite machine, au lieu que deux montres seront lâ€™une auprÃ¨s de lâ€™autre toute leur vie, sans jamais faire une troisiÃ¨me montre. Or, nous trouvons par notre philosophie, Mme B. et moi, que toutes les choses qui, Ã©tant deux ont la vertu de faire trois, sont dâ€™une noblesse bien Ã©levÃ©e au-dessus de la machine&#8221;.</p></blockquote>
<p>Les machines, dâ€™ailleurs, ne se rÃ©duisent Ã  des mÃ©canismes que tant que lâ€™on accepte de les considÃ©rer strictement en elles-mÃªmes, du point de vue de leur fonctionnement et non de celui du projet quâ€™elles servent. De ce point de vue, en effet, les liaisons de piÃ¨ces en mouvement qui les constituent obÃ©issent bien Ã  des lois strictement causales, mais, comme lâ€™Ã©crit encore Georges Canguilhem, &#8220;si le fonctionnement dâ€™une machine sâ€™explique par des relations de pure causalitÃ©, la construction dâ€™une machine ne se comprend ni sans la finalitÃ©, ni sans lâ€™homme&#8221;. </p>
<p>Autrement dit, les machines sont bien, comme le veut lâ€™Ã©tymologie de leur nom, des ruses, mais des ruses du vivant qui sait, pour les produire, inverser momentanÃ©ment la finalitÃ© en causalitÃ©. MomentanÃ©ment seulement, car cette inversion en quoi consiste toute la ruse ne dure que le temps du fonctionnement de la mÃ©canique. Le mÃ©canisme nâ€™est donc en fin de compte que lâ€™ignorance de la distinction Ã©tablie par Aristote entre ce qui a sa fin en soi et ce qui a sa fin en dehors de soi, entre lâ€™organisme et ses prothÃ¨ses, entre la vie et ce qui lâ€™imite pour la complÃ©ter.</p>
<p>Tributaires de la philosophie mÃ©caniste des automates classiques, ni les machines de Tinguely ni celles de Rebecca Horn ne la partagent. Ni les unes ni les autres ne sont mÃ©canistes. Les unes comme les autres exhibent leur nature de machines, de faÃ§on certes trÃ¨s diffÃ©rente, mais Ã©galement impudique. Rien Ã  voir avec lâ€™homme artificiel ni avec le fameux canard du faiseur dâ€™automate grenoblois qui &#8211; selon le docteur Brewster, citÃ© par Edgard Poe dans la nouvelle cÃ©lÃ¨bre oÃ¹ il dÃ©montait le subterfuge humain cachÃ© dans le soi-disant joueur dâ€™Ã©checs de Maelzel &#8211; &#8220;exÃ©cutait toutes les attitudes et les gestes de la vie&#8221;, de lâ€™alimentation Ã  la digestion, &#8220;si parfaitement que tous les spectateurs subissaient lâ€™illusion&#8221;. </p>
<p>Ni Tinguely, ni Rebecca Horn ne convoquent ce type dâ€™illusion. Aucune volontÃ© chez lâ€™un ou chez lâ€™autre de faire exÃ©cuter Ã  ses engins toutes les attitudes ou tous les gestes de la vie. Nul mimÃ©tisme rÃ©aliste. Ni fards, ni simulacre ou simulation. Aucun recours, par exemple, Ã  une matiÃ¨re Ã©lastique miracle, tel ce latex nouvellement dÃ©couvert aux AmÃ©riques, qui fit rÃªver Vaucanson Ã  une imitation parfaite, pour ses â€androÃ¯desâ€, des tissus humains, des vaisseaux sanguins et mÃªme de lâ€™Ã©piderme. Le spectacle exÃ©cutÃ© par les machines de Tinguely et de Rebecca Horn ne se prÃ©tend pas autre chose quâ€™un spectacle de machines. Les roues, poulies et autres engrenages plus ou moins brinquebalants de lâ€™un ne se cachent pas plus que ne se voile le brillant lisse et glacÃ© du mÃ©tal dont sont faites les mÃ©caniques des pendules, des marteaux, des Ã©ventails ou des languettes automatiques de lâ€™autre. </p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/2000_butterfly_468.gif' alt='Butterfly Sculpture' /></p>
<p><em>Rebecca Horn : Butterfly Sculpture (2000).</em></p>
<p>Bien au contraire. Et, de mÃªme, quand des plumes ou des ailes de papillon viennent complÃ©ter les parfaits exemples de prÃ©cision et dâ€™ajustage usinÃ©s par Rebecca Horn, câ€™est sans plus dâ€™ambiguÃ¯tÃ© dissimulatrice que lorsque des attributs humains &#8211; chapeaux, sac Ã  main, plumet, puis, vers la fin, des crÃ¢nes dâ€™animaux &#8211; viennent ajouter leur note aux spasmes saccadÃ©s des automates de Tinguely. Si lâ€™on pense Ã  la vie devant tous ces engins qui ne vont pas parfois sans Ã©veiller une certaine inquiÃ©tude, ce nâ€™est donc pas sous lâ€™effet dâ€™une analogie de surface. Lâ€™imitation, la ressemblance tiennent dans les deux cas Ã  plus profond, mais câ€™est aussi lÃ  que les deux artistes commencent de se distinguer radicalement.</p>
<p>Avant dâ€™en arriver Ã  lâ€™analyse de ce qui, par-delÃ  le partage de la mÃ©canique, distingue ainsi profondÃ©ment lâ€™art de Rebecca Horn de celui de Tinguely dans leur rapport respectif aux machines et au mÃ©canisme, il faut cependant encore souligner un autre trait qui leur est commun. Cette convergence concerne la nature du spectacle offert par leurs automates cousins.</p>
<p>Ã€ en croire en effet de nombreux commentateurs, le spectacle dont il sâ€™agirait dans un cas comme dans lâ€™autre serait de nature thÃ©Ã¢trale. Ainsi, dans un chapitre de Passages in Modern Sculpture dont le titre associait lumiÃ¨re, mouvement et thÃ©Ã¢tre, Rosalind Krauss dÃ©clarait Ã  propos des objets de Tinguely quâ€™ils &#8220;furent pensÃ©s comme des acteurs de performances&#8221;. Il est certainement inutile de rappeler ici que cette rÃ©fÃ©rence au thÃ©Ã¢tre sâ€™inscrivait alors &#8211; Passages in Modern Sculpture a Ã©tÃ© publiÃ© en 1977 &#8211; dans le contexte de la discussion ouverte une dizaine dâ€™annÃ©es auparavant par â€Art and Objecthoodâ€, le cÃ©lÃ¨bre article dans lequel Michael Fried avait Ã  la fois affirmÃ© que lâ€™art minimal tout juste naissant introduisait , &#8220;un nouveau genre de thÃ©Ã¢tre&#8221;, et que le thÃ©Ã¢tre, câ€™est-Ã -dire, selon Fried, &#8220;ce qui se situe entre les formes dâ€™art&#8221;, serait devenu &#8220;maintenant la nÃ©gation de lâ€™art&#8221;. </p>
<p>De mÃªme, Suzanne PagÃ© Ã©voquait, dans la prÃ©face du catalogue de lâ€™exposition de Rebecca Horn Ã  lâ€™ARC en 1986 : </p>
<blockquote><p>&#8220;Un rÃ©pertoire constant de matÃ©riaux et de formes (marteaux dâ€™archÃ©ologue, miroirs, oeufs dâ€™autruche et &#8220;choses&#8221; en plumes, boules, cercles, spirales&#8230;) qui sâ€™ordonnent, selon un rituel non dÃ©nuÃ© de thÃ©Ã¢tralitÃ©, voire de dandysme, dans une tension exacerbÃ©e entre des effets de polaritÃ©s (agressivitÃ©-abandon; vulnÃ©rabilitÃ©-violence, etc.) amenÃ©es Ã  leur point dâ€™incandescence, au seuil de la douleur mÃªme&#8221;.</p></blockquote>
<p>En Ã©crivant ces lignes, Suzanne PagÃ© pensait certainement, comme dâ€™ailleurs Rosalind Krauss, Ã  un thÃ©Ã¢tre plus proche de celui dâ€™Artaud que de cet entre-art inventÃ© pour les besoins de sa cause par Fried, mais câ€™est nÃ©anmoins Ã  la thÃ©Ã¢tralitÃ© quâ€™elle renvoyait le rituel machinique de lâ€™artiste allemande. Dâ€™un tout autre point de vue, Nancy Spector, dans le beau texte quâ€™elle a donnÃ© pour le catalogue de lâ€™exposition â€Rebecca Hornâ€ qui eut lieu au MusÃ©e de Grenoble en 1995, parvient Ã  une conclusion similaire. Selon elle, &#8220;le paradigme de lâ€™hybride qui traverse toute lâ€™oeuvre de Rebecca Horn&#8221; serait &#8220;symbolique dâ€™une attitude, dâ€™un certain niveau de conscience thÃ©Ã¢trale de soi-mÃªme&#8221;. Nancy Spector ajoute &#8211; et, on le verra, cet ajout nâ€™est pas nÃ©cessairement secondaire -, que les &#8220;sculptures mÃ©canisÃ©es&#8221; de lâ€™artiste &#8220;sont avant tout des machines destinÃ©es au spectacle&#8221; qui &#8220;jouent des rÃ´les spÃ©cifiques dans ses films, et accomplissent les rituels du dÃ©sir&#8221;. Dans lâ€™intÃ©ressante prÃ©sentation dâ€™ensemble quâ€™elle a rÃ©digÃ©e pour le petit journal de lâ€™exposition grenobloise, Ã‰lisabeth Besson affirme Ã©galement que &#8220;presque toutes les machines crÃ©Ã©es par Rebecca Horn sont &#8220;acteurs&#8221; dans les films, &#8220;sculptures&#8221; dans les espaces dâ€™exposition&#8221;, avant dâ€™ajouter que &#8220;leurs aspects ludique, thÃ©Ã¢tral et ironique sont sources de surprise et dâ€™Ã©tonnement&#8221;.</p>
<p>Ces interprÃ©tations thÃ©Ã¢tralisantes des mÃ©caniques de Tinguely et de Rebecca Horn ne sont certes pas absurdes et peuvent mÃªme se prÃ©valoir de la longue relation historique des machines et, plus prÃ©cisÃ©ment, des automates au thÃ©Ã¢tre. On sait ainsi que parmi les machineries sophistiquÃ©es dont HÃ©ron dâ€™Alexandrie expose les principes de construction dans son <a href="http://remacle.org/bloodwolf/erudits/heron/theatre.htm">livre des Automates</a> figurait, entre autres dispositifs proprement thÃ©Ã¢traux, la description minutieuse des &#8220;mÃ©canismes nÃ©cessaires Ã  la reprÃ©sentation entiÃ¨rement automatique dâ€™un drame complet en cinq actes, avec entractes, intermÃ¨des, changements de scÃ¨ne ou de dÃ©cor&#8221;. La dÃ©claration qui ouvre cette description prouve dâ€™ailleurs que les thÃ©Ã¢tres dâ€™automates Ã©taient courants Ã  lâ€™Ã©poque. </p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/theatre_468.gif' alt='MÃ©canisme du chantier naval en activitÃ©' /></p>
<p><em>HÃ©ron dâ€™Alexandrie : mÃ©canisme du chantier naval en activitÃ© (1e acte de la piÃ¨ce Nauplius).</em></p>
<p>&#8220;De notre temps&#8221; Ã©crit en effet HÃ©ron, &#8220;les constructeurs ont introduit sur les thÃ©Ã¢tres dâ€™automates des sujets attrayants, qui comportent des manoeuvres multiples et variÃ©es. Selon ma promesse, je vais en dÃ©crire un qui mâ€™a paru le plus parfait. Câ€™Ã©tait encore la mise en scÃ¨ne de la &#8220;LÃ©gende de Nauplius&#8221; distribuÃ©e de la maniÃ¨re suivante&#8221;. Suit le rÃ©cit assez alambiquÃ© dâ€™un Ã©pisode des voyages dâ€™Ulysse qui ne figure pas dans HomÃ¨re, mais semble, Ã  en croire le &#8220;encore&#8221; figurant dans le texte de HÃ©ron, avoir Ã©tÃ© frÃ©quemment interprÃ©tÃ© par des automates. </p>
<p>En revanche, les &#8220;thÃ©Ã¢tres de machines&#8221; dont fourmillent la Renaissance et le dÃ©but de lâ€™Age classique nâ€™Ã©taient plus des thÃ©Ã¢tres rÃ©els, mais, comme lâ€™Ã©crit lâ€™historien des sciences Jean-Pierre SÃ©ris, des livres qui prennent la forme de &#8220;grands recueils systÃ©matiques donnant Ã  voir moins une collection arbitraire de fontaines et de moulins, de forges et de scies, que la totalitÃ© du monde mÃ©canique ou dâ€™un monde gagnÃ© par la mÃ©canique, saturÃ© de machines&#8221;. Des mÃ©caniciens comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Salomon_de_Caus">Salomon de Caus</a> &#8211; dâ€™ailleurs auteur, lui-mÃªme, dâ€™un thÃ©Ã¢tre de machine analogue Ã  ceux des Besson, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Agostino_Ramelli">Ramelli</a> et autres <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Athanasius_Kircher">Kircher </a>ou Strada qui ont aussi illustrÃ© le genre -, ont nÃ©anmoins prolongÃ© la tradition alexandrine des thÃ©Ã¢tres rÃ©els pour les besoins des fÃªtes maniÃ©ristes ou baroques par le biais de fontaines miraculeuses, dâ€™oiseaux chanteurs ou de grottes plus ou moins enchantÃ©es.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/ramelli_468.gif' alt='Bookwheel' /></p>
<p><em>Agostino Ramelli : Bookwheel (1588).</em></p>
<p>Sâ€™il est permis de conclure avec Jean-Pierre SÃ©ris cette brÃ¨ve rÃ©trospection historique par lâ€™affirmation quâ€™ &#8220;ainsi le thÃ©Ã¢tre nâ€™est pas une forme accidentelle ou artificielle de prÃ©sentation de lâ€™univers mÃ©canique, mais la scÃ¨ne oÃ¹, nÃ©cessairement, lâ€™artifice exÃ©cute ses tours&#8221;, et quâ€™il est donc &#8220;le lieu naturel du merveilleux machinal&#8221;, il faut nÃ©anmoins souligner que les thÃ©Ã¢tres livresques des XVIÃ¨me et XVIIÃ¨me siÃ¨cles avaient, Ã  la diffÃ©rence du thÃ©Ã¢tre rÃ©el, pour fin &#8220;de faire tomber tous les obstacles Ã  une saisie intuitive de lâ€™envers du dÃ©cor&#8221;. En dâ€™autres termes, lâ€™ambition de ces ouvrages Ã©tait non une mise en scÃ¨ne illusionniste, mais la rÃ©vÃ©lation, par le texte et lâ€™illustration, des petits secrets mÃ©caniques des automates ou, comme le dit le titre du livre de Salomon de Caus, des Raisons des forces mouvantes. </p>
<p>Aussi ces &#8220;thÃ©Ã¢tres&#8221; nâ€™Ã©taient-ils, comme lâ€™Ã©crit encore SÃ©ris, que &#8220;thÃ©Ã¢tre au second degrÃ©, exhibant, en deÃ§Ã  de la scÃ¨ne, par-delÃ  le dÃ©cor, les dessous de la thaumaturgie mÃ©canique&#8221;. Leur &#8220;supplÃ©ment de pouvoir de sÃ©duction et lâ€™essentiel de [leur] attrait&#8221; naissait de &#8220;la rÃ©vÃ©lation des ressorts, poulies, roues et courroies habilement dissimulÃ©es&#8221;, câ€™est-Ã -dire du dÃ©montage &#8220;des mÃ©canismes de lâ€™illusion&#8221; par le biais dâ€™images montrant &#8220;ce que la machine montre et ce quâ€™elle cache&#8221;. AntithÃ©Ã¢tre autant que thÃ©Ã¢tre, ces livres firent le lit dâ€™une autre forme de prÃ©sentation des machines, lâ€™exposition de modÃ¨les. Celle qui semble avoir Ã©tÃ© la premiÃ¨re du genre sâ€™est dâ€™ailleurs tenue en 1683, rue de la Harpe, Ã  Paris. Selon son catalogue, qui a Ã©tÃ© conservÃ©, elle comportait vingt et un modÃ¨les de machines, dont onze avaient Ã©tÃ© exÃ©cutÃ©s dâ€™aprÃ¨s les planches des &#8220;thÃ©Ã¢tres&#8221; sur papier de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Besson">Besson</a>, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Georg_Andreas_BÃ¶ckler">BÃ¶ckler</a>, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Agostino_Ramelli">Ramelli</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Salomon_de_Caus">Caus</a> et Strada.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/vaucanson_468.gif' alt='Vaucanson : Automates' /></p>
<p><em>Vaucanson : le joueur de flÃ»te traversiÃ¨re, le canard et le joueur de tambourin (1738).</em></p>
<p>De lâ€™exposition de modÃ¨les Ã  lâ€™exposition dâ€™art, de lâ€™automate Ã  la sculpture, il nâ€™y a donc quâ€™un pas, franchi, semble-t-il, par les trois automates de Vaucanson, si du moins lâ€™on veut en croire le prospectus publicitaire imprimÃ© en 1738 qui en conserve lâ€™un des rares souvenirs visuels et qui les montre tous les trois disposÃ©s sur des socles comme des statues dans une salle de musÃ©e. Lâ€™un dâ€™eux &#8211; en lâ€™occurrence le flÃ»teur &#8211; prÃ©sente dâ€™ailleurs une ressemblance frappante avec le faune sculptÃ© par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Coysevox">Antoine Coysevox</a> ornant autrefois la rampe de la terrasse Ã  Versailles, et aujourdâ€™hui au Louvre, ressemblance qui fit dire Ã  lâ€™auteur dâ€™un article du Mercure de France dâ€™avril 1738 quâ€™il sâ€™agissait effectivement dâ€™une copie exacte, &#8220;avec cette seule diffÃ©renceâ€ que ladite copie jouait â€bien rÃ©ellement et physiquement de la flÃ»te allemande&#8221;, câ€™est-Ã -dire traversiÃ¨re. </p>
<p>Encore faut-il sâ€™empresser de prÃ©ciser que, quelle que soit la parentÃ© des automates, vaucansoniens ou non, avec des sculptures, quelle que soit leur prÃ©tention Ã  sâ€™installer dans les espaces propres Ã  lâ€™art, avec eux, exposition rime toujours avec exhibition. Leur monde, loin sâ€™en faut, nâ€™est pas toujours aussi raffinÃ© que celui que donne Ã  voir le prospectus de 1738. Exhibitionnistes nÃ©s, ils sont plus Ã  lâ€™aise Ã  la foire ou Ã  la fÃªte foraine que sur quelque autre scÃ¨ne. </p>
<p>Câ€™est dâ€™ailleurs lÃ , aussi loin en somme du musÃ©e que du thÃ©Ã¢tre, que peut-Ãªtre commencÃ¨rent et certainement finirent ceux de Vaucanson. Câ€™est, du moins, ce que semble prouver lâ€™une des derniÃ¨res mentions du canard. AprÃ¨s bien des tribulations, celui-ci Ã©tait en effet devenu la propriÃ©tÃ© dâ€™un certain Blaise Bontems, fabricant dâ€™automates et dâ€™oiseaux chanteurs, qui paraÃ®t avoir chargÃ© son neveu SÃ©raphin de le promener Ã  travers la France afin de lâ€™exhiber contre espÃ¨ces sonnantes et trÃ©buchantes. Dans une lettre de ce SÃ©raphin Bontems Ã  son oncle figure la description de ce qui fut peut-Ãªtre lâ€™une de ses derniÃ¨res exhibitions publiques, laquelle se tint en avril 1863 au Casino municipal de Valence : </p>
<blockquote><p>&#8220;Le canard a eu beaucoup de succÃ¨s, beaucoup de personnes mâ€™en ont fait des compliments, le directeur en Ã©tait Ã©patÃ©, il avait fait faire des affiches grandioses, et le canard Ã©tait en tÃªte en grosses lettres : &#8220;Le cÃ©lÃ¨bre canard de Vaucanson, visible pour 4 jours seulement. ExposÃ© Ã  Paris devant sa MajestÃ© lâ€™Empereur, construit en 1741, rÃ©parÃ© et perfectionnÃ© par lâ€™ingÃ©nieux mÃ©canicien, M. Bontems de Paris.&#8221; Le dimanche noir, il y avait foule, on faisait queue, il nâ€™y avait plus de place; aprÃ¨s chaque apparition du canard, il y avait un quart dâ€™heure dâ€™entrâ€™acte pour renouveler les consommations. Il y avait un chanteur qui annonÃ§ait le canard. SitÃ´t quâ€™on le voyait monter sur la scÃ¨ne, tout le monde criait couan ! couan ! Ce qui Ã©tonne le plus, câ€™est quand il boit 3 verres de vin; lÃ  ils sont tous dans lâ€™admiration. Je suis arrivÃ© samedi dernier Ã  Marseille&#8230; Je vais commencer demain mardi; ils ont dÃ©jÃ  annoncÃ© le cÃ©lÃ¨bre canard de lâ€™ingÃ©nieur Vaucanson sur deux affiches, quâ€™ils ont placÃ©es, Ã  la porte du cafÃ©&#8230;&#8221;</p></blockquote>
<p>Ces succÃ¨s furent pourtant les derniers dont on garde la trace. Les circonstances de la fin du pauvre volatile mÃ©canique ne sont mÃªme pas Ã©tablies avec certitude. Ã‰chouÃ© Ã  Nijni-Novgorod aprÃ¨s on ne sait quelles pÃ©ripÃ©ties, il y aurait terminÃ© sa carriÃ¨re dans un incendie, connaissant ainsi le sort malheureux que lâ€™histoire a rÃ©servÃ© Ã  bien des automates.</p>
<p>Exposition, exhibition, voilÃ  bien cependant le genre de spectacles auxquels se livrent Ã©galement, comme celles de Tinguely, les machines de Rebecca Horn. Quoique Michael Fried leur reprocherait trÃ¨s probablement dâ€™impliquer le spectateur dans leur espace et de manquer ainsi de cette absorption dont il a voulu faire le critÃ¨re de lâ€™art de qualitÃ©, la thÃ©Ã¢tralitÃ© nâ€™est pas rÃ©ellement leur Ã©lÃ©ment. Plusieurs des auteurs que je citais plus haut et qui leur ont nÃ©anmoins prÃªtÃ© une telle dimension thÃ©Ã¢trale associaient dâ€™ailleurs cette dimension Ã  un autre caractÃ¨re plus judicieusement choisi. Je veux parler de ce caractÃ¨re rituel Ã©voquÃ© aussi bien par Suzanne PagÃ© que par Nancy Spector. Car, mÃªme si tout rituel implique dans son dÃ©roulement ses spectateurs autant que ses acteurs, et mÃªme si le thÃ©Ã¢tre est effectivement un rituel, cela nâ€™implique pas pour autant que tout rituel soit thÃ©Ã¢tre. De fait, ce que dÃ©clenchent les machines de Tinguely et de Rebecca Horn nâ€™est pas de lâ€™ordre de la reprÃ©sentation thÃ©Ã¢trale, mais bien de celui du rite et de la ritualisation. Et câ€™est aussi la nature de cette ritualisation qui distingue radicalement lâ€™art de lâ€™un et de lâ€™autre.</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/1997_der-zwilling_468.gif' alt='Der Zwilling des Raben' /></p>
<p><em>Rebecca Horn : Der Zwilling des Raben (1997).</em></p>
<p>&#8220;Rituels du dÃ©sir&#8221;, dit trÃ¨s justement Nancy Spector pour qualifier le rituel propre aux machines animales et manifestement sexuÃ©es de Rebecca Horn. La seule imitation de la vie quâ€™engendrent ces machines est en effet toute de sÃ©duction. Car, ce que ne cessent de rÃ©pÃ©ter ces automates, câ€™est ce moment oÃ¹ la vie se fait pure monstration dâ€™elle-mÃªme, pure parure, pure parade. Les biologistes dâ€™aujourdâ€™hui ne veulent voir, dans les plumes et dans les ballets amoureux dont la vie est si prolixe, rien dâ€™autre que lâ€™effet de programmes gÃ©nÃ©tiques aptes Ã  maintenir lâ€™invariance des types spÃ©cifiques, soit, comme le dit par exemple Jacques RuffiÃ©, des barriÃ¨res Ã©thologiques destinÃ©es Ã  protÃ©ger lâ€™autonomie gÃ©nÃ©tique de lâ€™espÃ¨ce. </p>
<p>Rien pourtant nâ€™interdit dâ€™inverser cet ordre de subordination, sinon un postulat mÃ©taphysique qui disqualifie le bref instant de vie et de parade de lâ€™individu au profit de la durÃ©e immensÃ©ment longue de lâ€™espÃ¨ce ou du gÃ¨ne. Pourquoi en effet ne pas faire tourner le cercle dans lâ€™autre sens ? Pourquoi ne pas demander quelle est la fin de la reproduction ? Pourquoi lâ€™instant de la poule et de ses plumes ne vaudrait-il pas celui de lâ€™oeuf ? Autrement dit, pourquoi parure et parade ne vaudraient-elles que sur fond de reproduction et non de dÃ©sir ? </p>
<p>La question, dira-t-on, nâ€™est pas de biologie, mais dâ€™esthÃ©tique. Devrait-on donc refuser en toute occasion ce dÃ©placement ? Nâ€™est-il pas au contraire celui, prÃ©cisÃ©ment, quâ€™opÃ¨rent les automates de Rebecca Horn en inversant la relation de la fonction et de la forme, du biologique et de lâ€™esthÃ©tique, afin de dÃ©ployer lâ€™analogue Ã  la fois mÃ©canique et artistique de cette &#8220;libre beautÃ© naturelle&#8221; dont parlait Kant Ã  propos des fleurs, avant de dÃ©finir justement la beautÃ© comme &#8220;la forme de la finalitÃ© dâ€™un objet, en tant quâ€™elle est perÃ§ue en celui-ci sans reprÃ©sentation dâ€™une fin&#8221;. </p>
<p>PlutÃ´t donc que machines cÃ©libataires, ou, selon les termes de la cÃ©lÃ¨bre dÃ©finition de Michel Carrouges, plutÃ´t quâ€™ &#8220;images fantastiques&#8221; transformant &#8220;lâ€™amour en mÃ©canique de mort&#8221;, les machines de Rebecca Horn sont des machines de parade installÃ©es comme pour lâ€™Ã©ternitÃ© dans cet instant oÃ¹ le dÃ©sir de vie, câ€™est-Ã -dire, pour reprendre les mots de Platon dans <em>Le Banquet</em>, le dÃ©sir dâ€™immortalitÃ©, lâ€™emporte sur la mort. Dans leurs mouvements rÃ©glÃ©s, lâ€™espace et le temps se bouclent pour rÃ©pÃ©ter sans trÃªve le rituel dâ€™une parade somptueuse reconduite comme pour lâ€™Ã©ternitÃ© de sa fin Ã  son origine, qui nâ€™est que dÃ©sir. </p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/1967_requiem_468.gif' alt='Requiem pour une feuille morte' /></p>
<p><em>Jean Tinguely : Requiem pour une feuille morte (1967).</em></p>
<p>Il en va bien diffÃ©remment du rituel auquel se livrent les machines de Jean Tinguely. Rituel de vie, car une sexualitÃ© sisyphÃ©enne nâ€™en est pas absente, mais aussi rituel de mort puisquâ€™il cÃ©lÃ¨bre, en mimant sans trÃªve son dernier soupir, un monde enchaÃ®nÃ© Ã  un certain type historique des machines, les machines de la mÃ©canique et du mÃ©canisme, qui sâ€™agitent follement comme si elles savaient quâ€™elles allaient disparaÃ®tre. Ici, on nâ€™en est plus Ã  lâ€™heure de la parade. Pour paraphraser le titre de lâ€™article que Michel Serres avait publiÃ© dans le catalogue de lâ€™exposition des Machines cÃ©libataires, le temps de ces machines frÃ©nÃ©tiques nâ€™est plus celui qui prÃ©cÃ©dait les expositions (universelles), ces grandes fÃ©eries de la marchandise et des machines, mais bien celui qui est venu aprÃ¨s. </p>
<p>Lâ€™Ã©tÃ© est passÃ©, lâ€™automne sâ€™achÃ¨ve. Vient lâ€™hiver et, avec lui, le temps du carnaval, ce grand rituel du froid qui cÃ©lÃ©brait lâ€™interruption saisonniÃ¨re des travaux agricoles et sâ€™enracinait probablement dans dâ€™anciennes croyances relatives Ã  la disparition de la lumiÃ¨re du soleil avant sa prochaine renaissance. Comme les mannequins que lâ€™on brÃ»le encore aujourdâ€™hui dans ce qui reste de cette tradition, pour laquelle lâ€™artiste suisse, un jour, dessina des dÃ©guisements, les machines de Tinguely sont Ã  la fois les hÃ©roÃ¯nes et les boucs Ã©missaires de cette grande fÃªte des masques oÃ¹ chacun joue le rÃ´le de lâ€™autre : aux machines celui des hommes, aux hommes celui de la machine, puisque tel a Ã©tÃ© le monstrueux effet de la mÃ©canisation gÃ©nÃ©ralisÃ©e de lâ€™industrie. Les machines de carnaval de Tinguely semblent donc destinÃ©es Ã  sâ€™embraser avant de retourner Ã  la terre. Enfer nâ€™est-il pas dâ€™ailleurs le titre de lâ€™une des grandes piÃ¨ces de lâ€™artiste ? Et la terre, oÃ¹ elles semblent vouloir sâ€™auto-ensevelir sous un soleil rouillÃ©, ne semble-t-elle pas Ãªtre le tout proche destin des oeuvres crÃ©pusculaires de la sÃ©rie Mengele, cette terrible assemblÃ©e de fantÃ´mes faits dâ€™ossements animaux agitÃ©s de spasmes convulsifs par une mÃ©tamÃ©canique sÃ©pulcrale ?</p>
<p><img src='http://www.erg.be/sdr/blog/wp-content/uploads/2008/01/tinguely_museum_468.gif' alt='Grosse MÃ©ta Maxi-Maxi Utopia' /></p>
<p><em>Jean Tinguely : Grosse MÃ©ta Maxi-Maxi Utopia (1987).</em></p>
<p>Harold Rosenberg, en somme, nâ€™avait donc pas tout Ã  fait tort de penser que Tinguely avait raison. La mÃ©tamÃ©canique tinguelienne est bien une mÃ©canique dont la beautÃ© convulsive touche Ã  lâ€™autodestruction, Ã  lâ€™auto-ensevelissement des machines. Câ€™est pourquoi dâ€™ailleurs cette mÃ©tamÃ©canique nâ€™est jamais guerriÃ¨re, alors que les machines le sont souvent et que celles de Rebecca Horn peuvent parfois le devenir, comme peut le devenir la parade amoureuse de certaines espÃ¨ces animales qui rÃ¨glent dans le sang et la mort la concurrence ou les conflits de la pulsion sexuelle. Les armÃ©es nâ€™ont pas choisi par hasard le terme de parade pour nommer leurs fÃªtes.</p>
<p>Rosenberg nÃ©anmoins se trompait. Car les machines de Tinguely nâ€™annonÃ§aient pas le destin de toute machine qui, aprÃ¨s elles, aurait prÃ©tendu trouver place au musÃ©e. Machines de carnaval, elles savaient bien que les machines ont plus dâ€™un tour, câ€™est-Ã -dire plus dâ€™un rituel, dans leurs engrenages. PrivÃ©es de conscience, comme les marionnettes dont parle un texte cÃ©lÃ¨bre de Heinrich von Kleist, les machines partagent avec celles-ci lâ€™avantage sur les humains dâ€™ &#8220;Ã©carter toute affectation&#8221;. Nâ€™est-ce pas dâ€™ailleurs cette absence totale dâ€™affectation que savent Ã  leur tour exhiber en toute innocence les machines de parade de Rebecca Horn, qui, si on sait les regarder comme elles nous regardent, ne font que respecter Ã  la lettre cette autre observation de Kleist : &#8220;Dans le monde organique, plus obscure et faible est la rÃ©flexion, dâ€™autant plus rayonnante et souveraine sâ€™Ã©tend la grÃ¢ce&#8221;.</p>
<p>Daniel Soutif<br />
in <em>Les cahiers du musÃ©e national dâ€™art moderne nÂ° 60</em> (juillet 1997).</p>
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