Les formes politiques de Shirley Clarke

Les formes politiques de Shirley Clarke

Autour du film "Portrait of Jason" (1967, 105') et du cinéma de Shirley Clarke

Avec Thierry Odeyn

AUDI ERG

30 & 31 janvier

Dans une chambre d’hôtel, douze heures durant, Jason Holliday, prostitué noir, accepte de se livrer aux questions souvent provocantes de ceux qui le harcèlent derrière la caméra. Entre rires et larmes, le comédien va progressivement épuiser son registre de représentation et apparaitre pathétique, dans toute sa nudité, incarnant alors l’impossibilité ou le refus de s’intégrer dans une Amérique ségrégationniste.

« Dans cette chambre où nous tournions, il y avait quatre personne dont une seule était noire, un ami de Jason. Il savait qu’il parlait à un public blanc et si l’équipe avait été noire, on aurai obtenu un film absolument différent. Mais le film soulève aussi une autre question, qui est : quand le metteur en scène peut-il ou doit-il s’arrêter ? Ce qui revient à poser le degré d’invasion de la vie qu’on peut se permettre. Dans le cas de Jason, je pense que la seule raison qui nous permettait de faire ce que nous avons fait, c’est qu’il va de lui même si loin, qu’il finit par perdre effectivement la conscience de ce qu’il est en train de dire (seule chose qui nous permettait, à nous, de continuer de le filmer), et qu’il aboutit à certains moments qu’on voit rarement chez un être humain. » (Shirley Clarke)

Thierry Odeyn est diplômé et professeur de l’INSAS depuis vingt-cinq ans, il y développe et assure la ligne cinéma Réalité.

inscription, infos : yvanflasse@yahoo.com

Dernière modification effectuée le 28 décembre 2018.