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Publiée 2017/01/27
atelier de l’erg AFTER EMPIRE : melancholia or convivial culture ? / 31 janvier & 1er février 2017
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Erg séminaire/atelier
after empire : melancholia or convivial culture ?
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31 janvier - 1er février 2017

 

Avec :
Gia Abrassart - ACSR - Jamika Ajalon - Delphine Auby - Blitzkrieg - Mehdi Derfoufi - Vincent De Roguin - Pierre Deruisseau - 54kolaktiv - Amandine Gay - Xavier Gazon - Paul Gilroy - Invernomuto - Rrita Jashari - Maoupa Mazzochetti & Fregant Cloarec - Princesse Mansia M’bila - Dimitri Runkkari - Joëlle Sambi Nzeba - Itziar Okariz - Radio Campus - Radio Panik - Tshanda Sourate - Tropicantesimo - Antje Van Wichelen - Sarah Washington


Le trauma de la perte des empires pour les nations coloniales ressurgit dans les soubresauts de nationalisme, de racisme, de misogynie et occupent le champ symbolique de la création, des fantasmes. Que peut une école d'art ? Que peut le geste artistique ? Ils peuvent affronter le trauma, “ouvrir la voix” (comme dirait Amandine Gay) ? Ils peuvent créer ailleurs, dans des zones occupées par les savoirs et des pratiques non colonisés par la domination et l'exclusion. Est-ce que cela veut dire, hors des musées ? hors des écoles ? Ou dans les musées ? Dans les écoles ? Certainement dans nos pratiques de lectures, de réappropriation, une réécriture de l'histoire passée. Et surtout dans l'écriture de l'histoire à venir. Par le son, l'image, la voix, les mots.
Comment, de là d'où nous parlons et agissons ici, une école d’art belge peut-elle contribuer à la réflexion globale sur le passé-présent des relations entre la Belgique et ses ex-colonies africaines, et tout particulièrement le Congo ? Un passé-présent dont les héritages pèsent, certes de manières différentes, sur les économies, expériences, vécus et représentations belges ET congolaises ? Que faire de ces divergences communes sans produire des versions renouvelées des rapports de domination. Comment faire ensemble, comment être ensemble ? Comment partager un écosystème fragilisé par les ressources – pourtant limitées (financières, d'espaces, de visibilité) - produites par l’intérêt pour ces questions post-impériales, dans l’art et les espaces militants, intellectuels ? Le séminaire, les ateliers de l'erg en 2017 tentent de le faire.
Se pencher sur les meurtrissures des âmes et des corps c’est aussi investir les possibilités de futurs inédits, investir les possibles transformations. Le séminaire et les pratiques organisés par l'ERG en collaboration avec BOZAR , la Cinematek, des radios libres de Bruxelles, explorent les impensés, cultivent le sentiment d'étrangeté face à nos présupposés, nos histoires, nos esthétiques. Film, cri, radio, conférence, poèmes, bande dessinée, les formes sont aussi multiples que les singularités.

Le silence ne nous a jamais protégé-e-s.

 

The trauma of the loss of empires for the colonial nations, never assumed, never thought, never put to analytical work, reappears in the jolts of nationalism, racism, mysticism and threatens to occupy the symbolic field of creation, fantasies.
What can an art school do ? What can artistic gesture do ? They can face the trauma and “ouvrir la voix”1 (as Amandine Gay would say) ? They can create elsewhere, in areas engage with knowledge and practices not colonized by domination and exclusion. Would that mean out of museums ? out of schools ? Or within museums ? Within schools ? Certainly within our practices of readings, of reappropriation, a rewriting of the past history. And above all in writing the history to come. Through sound, image, voice, writing.
How, therefore, where we talk and act from, can a Belgian art school contribute to the global reflection on the past-present of the relations between Belgium and its former African colonies, especially the Congo ? A past-present whose legacies weigh, albeit in different ways, on the economies, experiences, experiences and Belgian and Congolese representations ? What can be done with these common divergences without producing renewed versions of the relations of domination.To look at the bruises (wounds) of the souls and the bodies is also to invest the possibilities of an unexpected future, and invest the possible transformations. How can we be together ? How can we share an ecosystem weakened by the limited resources (financial, space, visibility) produced by interest in these post-imperial questions, in art and in militant, intellectual spaces ? The seminar, the erg workshops in 2017 attempt to do so.

The seminar, workshops, performances organized and hosted by erg in collaboration with BOZAR, the Cinematek, free radios of Brussels want to explore the unthought, cultivate the feeling of estrangement from of our presuppositions, our histories, our aesthetics. Film, scream, radio, lecture, poems, comics, the forms to be experimented are as many as the singularities of the participants.

Silence has never protected us.



Les ateliers 

Gia Abrassart  : Penser et créer les citoyennetés postcoloniales
ACSR  : Dynamite ta conduite / ACSR - Guillaume Abgrall (La tentative)
Jamika Ajalon  : Take Back the Narrative : using interdisciplinary art to rewrite our futures (Anglais/français)
Delphine Auby  : Ecrions-nous
Blitzkrieg sound system  : Free party for free people - Présentation discussion
Vincent De Roguin : Pop-politiques
Pierre Deruisseau : Astrophonies
54kolaktiv : 54 SOUND Pratiques et politiques du sound system
Playboy's Bend (Xavier Gazon) : Toolbending
Amandine Gay : Le privé est politique : pour une approche intime de la décolonialité
Invernomuto : Far Eye (Anglais / Italien )
Hangjun Lee : All Flash, No Substance ? It’s all just a matter of Weight and length (en anglais)
Maoupa Mazzochetti / Fregant Cloarec (PRR PRR !) : Jingle Ball
Princesse Mansia M’bila  : Le souffle de la décolonisation : Performance et discussion
Dimitri Runkkari (Vlek) : dots and lines // digital, is it worth it ?
Joëlle Sambi Nzeba : Décolonie. Apostasie.
Femke Snelting : Modifying the universal
Tshanda Sourate  : Séance d’écoute, discussion
Tropicantesimo  : If I can't dance, it's not my revolution
Antje Van Wichelen : 21C/19c - procedures for anthropometric image reversal
Sarah Washington : Radios transmetteurs
ZRT - Zone Radio Temporaire
La Galerie : Espace d’échange potentiel sur canapé

 



Les soirées à BOZAR

31 JANVIER 


18:00 Invernomuto - Negus
20:00 Paul Gilroy, Bass Cultures :
black music in the re-making of Britain 1968-now


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Invernomuto est un duo fondé en 2003 par Simone Bertuzzi et Simone Trabucchi, et travaillant dans les domaines de la vidéo, du son, de la sculpture, de l'édition et de la performance. Negus est un long métrage documentaire conceptuel, mettant en vedette Lee « Scratch » Perry, et explorant la convergence de l'histoire, du mythe et de la magie à travers les héritages complexes et contradictoires du dernier empereur éthiopien, Haïle Sélassié Ier. Dans l’Italie des années 1930, sous le régime fasciste de Mussolini, Sélassié était dépeint comme le Diable noir, justifiant l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie. Durant la même période, la religion du rastafarisme émergeait en Jamaïque, revendiquant Sélassié comme son Dieu vivant et comme le Christ noir ressuscité. Negus se nourrit du vide séparant ces deux réalités irréconciliables, activant un étrange court-circuit connectant l'Italie, la Jamaïque et l'Ethiopie. Selon la tradition jamaïcaine du versioning (le fait de produire différentes versions d’une même chanson), Negus a déjà connu différentes incarnations : vidéo, exposition, publication, et une performance qui fut précédemment présentée à BOZAR.
Invernomuto is a duo started in 2003 by Simone Bertuzzi and Simone Trabucchi, working with moving images, sound, sculpture, publishing and live acts. Negus is a conceptual feature length documentary staring Lee “Scratch” Perry, exploring the convergence of history, myth and magic through the complex and competing legacies of Ethiopia’s last emperor Haile Selassie I. In 1930s Italy, during the fascist rule of Mussolini, Selassie was portrayed as a black devil, justifying Italy’s invasion of Ethiopia. During the same period, the religion of Rastafarianism was emerging in Jamaica, claiming Selassie as their living God and the black Christ resurrected. Negus is powered from the void between these two irreconcilable realities, activating a strange short-circuit between Italy, Jamaica and Ethiopia. Following the Jamaican tradition of the versioning (to create different versions of the same song), Negus has had different outputs : video, exhibition, publication, and a performance which was previously presented at BOZAR.





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Paul Gilroy : musique noire dans la re- formation de l'Angleterre de 1968 à nos jours.
En utilisant de nombreux exemples en sons et en images, Paul Gilroy racontera l'histoire de l'installation des Noirs en Grande-Bretagne par la musique produite ces 40 dernières années. Cette conférence abordera les changements politiques, culturels, technologiques ainsi que les déplacements inter-générationnels.
Paul Gilroy enseigne au King’s College de Londres. Il a collaboré avec différentes Universités. Le jour il écrit actuellement un livre sur l’humanisme planétaire, et la nuit, un autre sur la musique, le temps et la subjectivité. Il est l'auteur de There Ain't No Black in the Union Jack : The Cultural Politics of Race and Nation (1987), The Black Atlantic : Modernity and Double Consciousness (1993 - L'Atlantique noir : Modernité et double conscience traduction 2010), Darker than Blue. On The Moral Economies of Black Atlantic Cultures (2010), entre autres.
Paul Gilroy : Bass Cultures : black music in the re-making of Britain 1968-now
Using a lot of examples and illustrations, I want to tell the history of black settlement in Britain through the music made during the last four decades. This narrative will address political, cultural and technological changes as well as inter-generation shifts.
Paul Gilroy teaches at King’s College in London. He has worked at lots of different Universities. By day he is writing a book about planetary humanism and at night another one about music, time and subjectivity

 




1er Février

18h30 : Itziar Okariz, “Irrintzi Repetition Delay”, performance.
19:00 : Joëlle Sambi Mzeba, "Décolonie. Apostasie", performance 
20h00 : projection de Ouvrir la voix - Amandine Gay (France, 2015, 120’, VO FR, ST EN)
en présence d’Amandine Gay

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Itziar Okariz performe systématiquement une série de « irrintzis ». Un« irrintzi » est un cri traditionnel basque qui est lancé pour des occasions exceptionnelles pour exprimer la joie ou même comme revendication politique lors de célébrations collectives. Son origine se situe dans la nécessité de communication entre les vallées basques. Il devient une syntaxe basique dans les limites du langage.
Les actions d'Itziar Okariz ont réussi à s'introduire dans le débat public en interrogeant les règles du langage et de la production des signes qui nous définissent comme sujets. Usant de processus tels que la décontextualisation des signifiants ou l'inversion des rôles entre celui qui observe et celui qui est observé à partir d'une position ou d'une perspective féministe.
Sa formation commence à la Faculté des Beaux-Arts de l'Université du Pays Basque. Après avoir suivi différents ateliers à Arteleku, San Sebastian elle est partie New York en 1996 où elle a participé en 2000-2001 au Whitney Independent Studio Program.
Ses oeuvres se retrouvent au Magasin, Grenoble, Centro 2 de Mayo, Madrid, Casa Galería, México DF ; Luisa Strina Gallery, Brasil ; Caja Negra/Cubo Blanco, Madrid.
Itziar Okariz performs systematically a series of irrintzis. An irrintzi is a traditional Basque scream performed on special occasions, to express joy. Related with the sense of identity, it is believed to have been originated as a communication system throughout the vast distances of the Basque valleys. In this sense the scream becomes a basic syntax in the limits of language.
Itziar Okariz’ actions have managed to introduce themselves into the public debate questioning the regulations about language and the production of the signs defining us as subjects. Using processes like the decontextualization of significants or the reversal of roles between who observes and who is observed from a position or a feminist perspective.
Her training begins at the Faculty of Fine Arts of the University of the Basque Country. After passing through several workshops in Arteleku, she moved to New York in 1996, where she participated in 2000-2001 in the Whitney Independent Studio Program.  

Née en Belgique, ayant grandi en partie à Kinshasa, Joëlle Sambi Nzeba réside à Bruxelles et y exerce son activité d’écrivaine parallèlement à une activité professionnelle au sein d'un mouvement féministe. Auteure de fictions ayant remportées divers prix (Le monde est gueule de chèvre, Roman, 2007 ; Je ne sais pas rêver, Nouvelle, 2002), Joëlle Sambi Nzeba questionne les situations d'impuissance et soulève des interrogations sur l'identité, la norme, l'appartenance...
« Au cœur des ténèbres  » de Joseph Conrad, écrit en 1902, a été interprété comme un livre éminemment politique qui dénonce l’impérialisme de Léopold II, en dévoilant l’odieux mensonge d’une propagande humanitaire qui cache la violence de l’entreprise coloniale. Alors que certains qualifient Conrad d’auteur impérialiste, d’autres le décrivent comme un critique anticolonial. La question reste ouverte, il ne s’agit pas ici de la trancher, non. Ce qui nous intéresse dans l’œuvre de Conrad, ce sont les pièges du langage (et peut-être de la pensée ?) dans lesquels l’auteur tombe et qui amène à douter de son efficacité...La performance Décolonie. Apostasie. s'exposera à vous en deux temps : le premier temps est le fruit d'un atelier d'écriture/performance de deux jours réalisé dans le cadre du séminaire de l'Erg autour de cette relecture de Conrad, le second temps sera déclamé par Joëlle Sambi Nzeba.
Born in Belgium, and partly raised in Kinshasa, Joëlle Sambi Nzeba lives in Brussels and works there as a writer alongside a professional activity within a feminist movement. Joëlle Sambi Nzeba's fictions who have won various prizes (The world is Goat's Mouth, Novel, 2007, I do not know how to dream, Nouvelle, 2002), raises questions about identity, norms and the sense of belonging..
"Heart of Darkness" Joseph Conrad's book, written in 1902, was interpreted as a political book denouncing the imperialism of Leopold II, and as a revelator of the odious lie of the humanitarian propaganda used to cover the violence of the colonial enterprise.While some describe Conrad as an imperialist author, others describe him as an anti-colonial critic. The question remains open, we will not decide who he is or not. We want to look into Conrad's language and how he traps words (and perhaps thoughts ?) and make us doubt of the effectivness of his project...
The performance Decolonization. Apostasy. will be cut in two half : the first part will show the result of a two-day writing / performance re-reading workshop carried out during the Erg seminar and the second half will be a declamtion by Joëlle Sambi Nzeba herself.


Amandine Gay est une cinéaste, activiste et journaliste française afro-féministe basée à Montréal. Le documentaire Ouvrir La Voix est son premier long métrage.
“Ouvrir La Voix est un film sur les femmes noires d’Europe francophone issues de la diaspora. En s’appuyant sur des témoignages, des performances artistiques et des événements politiques, ce film donne l’opportunité à celles qui sont habituellement racontées ou silencées, de se raconter et d’être en charge de leur représentation à l’écran. Le film suit un double mouvement : mettre en lumière notre expérience commune du statut minoritaire au sein des anciennes puissances coloniales dont nous sommes issues, tout en rappelant l’hétérogénéité et la grande diversité des communautés afro-descendantes. Ouvrir La Voix s’inscrit dans un mouvement global de réappropriation de la narration par les femmes noires qui offrent ici bien plus qu’une fenêtre ouverte sur l’expérience minoritaire en France et en Belgique : elles proposent de penser l’Afropéanité et les diasporas noires dans leur puissance et leur potentialité créatrice” (Amandine Gay).
Amandine Gay is a French, Montreal-based, Afrofeminist filmmaker, activist, and journalist. The feature-length documentary Speak Up/Make Your Way (Ouvrir La Voix) is her directorial debut.
“Speak Up/Make Your Way (Ouvrir La Voix) is a film about francophone European black women from the diaspora. It showcases art performances and compelling storytelling from those who are usually spoken of or spoken for. The film will therefore focus on our common experience related to our minority status in predominantly White ex-colonial countries, while highlighting the great diversity of our Afropean communities. Speak Up/Make Your Way (Ouvrir La Voix) aims at bringing to light our existence at the crossroad of multiple discriminations that go way beyond our ‘black women’ status. Speak Up/Make Your Way (Ouvrir La Voix) is a statement from francophone European black women so as to why we choose to reclaim the narrative about ourselves. We will not be silenced, we will not be erased and we are in charge of our representation.” - Amandine Gay


 

+ SAVE THE DATE !

 

Le séminaire se prolongera avec la projection de BORN IN FLAMES

de Lizzie Borden, USA 1983
Ven 03.02.17 / 19:30
CINEMATEK - Salle Ledoux

Version restaurée.

Suivi d'une rencontre entre la réalisatrice et Stoffel Debuysere

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Une initiative de CINEMATEK et Courtisane.
En collaboration avec l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique, l'ERG, Macba & Tabakalera

 

L'événement que constitue la récente restauration de Born in Flames, film fulgurant de la cinéaste américaine Lizzie Borden réalisé en 1983 et devenu emblématique, est l'occasion pour CINEMATEK de proposer à la réalisatrice une rétrospective inédite de son travail et une carte blanche aux résonances américaines, artistiques et militantes. Ce cycle sera inauguré par Lizzie Borden les 03.02, 04.02 et 05.02.

 

entrée étudiants ERG : 2 euros

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Dernière modification effectuée le 9 juin 2018.