Rencontre avec Patrick Bernier et Olive Martin (artistes) Dans le cadre de KARAWANE

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Publiée 2015/02/14
En présence des artistes et de la commissaire - L’Iselp, 18 février 2014
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Vue d'exposition, Le Déparleur, l'Iselp janvier 2015, photo : Florence Fréson


 

Rencontre avec Patrick Bernier et Olive Martin (artistes)

 

Dans le cadre de « Karawane », les séances de recherche accompagnant le projet de Pavillon « Personne et les autres », initié par Vincent Meessen et Katerina Gregos pour la Biennale de Venise 2015.

« Collège des invité.e.s », erg / Normal (Bruxelles). Coordination : Lotte Arndt

 

L'Iselp, 18 février 2014, de 14h00 à 17h00

Boulevard de Waterloo 31, 1000 Bruxelles

 

Artistes participants au Pavillon "Personne et les autres", Patrick Bernier et Olive Martin exposent actuellement à l’Iselp, dans le cadre de l’exposition Hostipitalité (23.01-21.03.2015, commissaire : Florence Cheval), une installation conjuguant de manière inédite deux de leurs œuvres : L’Echiqueté (2012) et Le Déparleur (2012). 

 L'Echiqueté (2012) est un ' jeu d'échecs remanié dans sa forme et dans ses règles. Les spectateurs sont invités à jouer selon les règles habituelles des échecs, mais à un détail près : au lieu de disparaître, les pièces prises se combinent. En effet, les pièces, constituées d’une partie haute et d’une partie basse que l’on peut dissocier, s’hybrident au moment de chaque prise – elles « s’échiquètent » en entités mixtes, faisant apparaître sur l'échiquier des pièces à la fois noires et blanches. La partie se poursuit alors, en présence de ces nouvelles pièces qui, dès lors, participent des deux camps. Au cours de la partie, un troisième joueur peut prendre en charge les pièces échiquetées, qui deviennent alors autonomes et vulnérables. L'Echiqueté peut être lu comme une manière de raconter, de tisser, d'expérimenter des histoires dans lesquelles « hôte » et « ennemi » co-existent sur un même terrain, d'après des règles préétablies. 

 

 L’Echiqueté prendra place au cœur d’une "sculpture-outil" ; un métier à tisser construit en échafaudages : le Déparleur (2012). Inspirée des métiers à tisser traditionnels de type Ouest africain, cette structure fait le lien entre tissage et parole, à la manière de certains contes africains (Dogons, par exemple) mais aussi européens (Philomèle, L'Odyssée d'Homère, Les Métamorphoses d'Ovide...(1)). « Déparleur » est un néologisme élaboré par le poète martiniquais Edouard Glissant : « L'amateur de contes, driveur d'espaces, qui n'estime la parole qu'à ce moment où elle chante et poursuit, peut-être se devrait-on de lui trouver un autre nom que celui de poète : peut-être chercheur, fouailleur, déparleur, tout ce qui ramène au bruissement dévergondé du conte. Déparleur, oui, cela convient tout à fait. » (2) C’est sur le Déparleur que les artistes enregistreront, par le tissage, les parties – les récits, les conversations – qui se joueront sur le terrain de L’Echiqueté.

La rencontre avec les artistes et la commissaire permettra d'échanger tout en exerçant les activités prévues par les installations. Il s'agira de discuter plusieurs aspects, essentiels au concept de l’exposition Hostipitalité ainsi que pour les enjeux du pavillon vénitien : la narration, par le biais notamment du tissage, et le conflit – ou plus précisément l’agonisme (3), par le biais du jeu.

 

 

1 « et sur le métier défilent des histoires d'antan », Ovide, Les Métamorphoses, 6, 1-69.

2 Edouard Glissant, Tout-monde, p. 279.

3 Voir Chantal Mouffe, Agonistics, Verso, 2013.

 

Inscription auprès de Sammy Del Gallo :  sammy.del.gallo@erg.be
 


 


 



Dernière modification effectuée le 9 juin 2018.