LES FORMES DU DOCUMENTAIRE /

PORTÉE POLITIQUE ET EXPÉRIENCE ESTHÉTIQUE

RENCONTRES ET PROGRAMMATION DOCUMENTAIRE « POLITIQUE / ESTHÉTIQUE »

Série de projections et rencontres proposées dans le cadre de la recherche « Les formes du documentaire : portée politique et expérience esthétique« , menée par Khristine Gillard avec le soutien de l’erg et de Art/Recherche.

Jeudi 30.11.2017

de 14:00 à 17:30 à l’erg – auditoire (ouvert à tous)

Rencontre avec Dario Marchiori

* Maître de conférences en Histoire des formes filmiques à Lyon 2. Directeur de la plateforme Diffractions cinématographiques, articulant formation, recherche, activité culturelle.

www.diffractions-cinematographiques.com

Introduction :

Le « formalisme » serait-il l’équivalent de l’esthétisme vide, qui transfigure la réalité et s’en éloigne à jamais ? Tout au contraire, le formalisme expérimente le réel pour mieux le connaître, il s’en éloigne pour mieux s’en rapprocher, pour nous permettre de le redécouvrir en déjouant nos idées reçues. Il s’éloigne également de la recherche de la « belle image » comme fin en soi, en interrogeant nos automatismes, en déplaçant les frontières de notre perception.C’est donc un travail à la fois sur la forme et sur le fond que propose le formalisme, par exemple au cinéma. Il permet alors d’interroger notre appréhension du monde sur un double niveau, esthétique et politique. Car le formalisme cinématographique n’est pas moins politique – parfois beaucoup plus – que ce cinéma prétendument engagé qui s’enferme dans le message, en s’appuyant sur des rouages dramatiques prétendument « efficaces », sans réinventer d’aucune façon le regard que nous portons sur le monde, sans nous permettre de le connaître mais seulement de le re-connaître.

Conférence, projections et rencontre.

01.12.2017

Séance à 19:00 – CENSURE, FORME ET POLITIQUE

Cinéma Nova – dans le cadre du festival Filmer à Tout Prix

séance présentée par Dario Marchiori*

https://www.gsara.tv/fatp/2017/evenement/portee-politique-et-experience-esthetique/

http://www.nova-cinema.org/prog/2017/163-decembre/filmer-a-tout-prix/#article-19172

Le documentaire contemporain tend à se polariser en un cinéma d’engagement social où tout est message et un cinéma d’art aux belles images contemplatives, devenu muet devant un monde indéchiffrable. La séance Censure, forme et politique se propose de nous déplacer dans l’espace et le temps pour constater la possibilité d’un cinéma formaliste qui prend une position critique, en alliant donc fond et forme. Celle-ci n’est pas le simple habillage d’un contenu prédéterminé, le fond n’est pas le gage de sérieux qui légitime l’épanchement du moi : il s’agit de réinventer par le même geste et avec la même nécessité un contexte social et un regard sur le monde. Des films de l’Est européen à l’expérimentation formelle poussée mais censurés pour des raisons strictement politiques. Des œuvres que l’outrage – politique et esthétique – habite et traverse de part en part. (Dario Marchiori)

Natalia Brzozowska, 1947, La Mine, 35 mm, muet, 10′

Malgré un montage proche du cinéma russe, cette esthétique expressionniste à l’allemande et ce portrait tragique de l’industrialisation n’ont pas plu au Parti Communiste qui pariait sur le réalisme socialiste.

Grzegorz Królikiewicz, 1972, Ne pleure pas, 35 mm, muet, 9′

Un groupe d’amis font leurs adieux avant de partir à l’armée. Exaltation, rébellion, nostalgie. Les derniers moments de liberté.

Wojciech Wiszniewski, 1973, L’histoire de l’homme qui a assuré 552% de son quota, 35 mm > digital, VO polonais ST angl., 25′

L’histoire d’un mineur, leader controversé du travail socialiste (40-50s), déterminé à défendre sa légende.

Piotr Szulkin, 1978, Femmes au travail, 35 mm > digital, muet, 6′

Tourné au rythme de 16 images par seconde, ce film induit une impression de distorsion de la réalité. Jugé une offense aux travailleurs socialistes.

Marcel Łoziński, 1986, Exercices d’atelier, 35 mm, VO polonais ST angl., 12′

Que pensez-vous de la jeunesse polonaise ? Un micro-trottoir avec une question apparemment innocente. A propos de l’opinion publique et de la manipulation par les médias.

Séance 01.12.2017

à 21:00 – SCENES FOR A REVOLUTION

Cinéma Nova – dans le cadre du festival Filmer à Tout Prix

https://www.gsara.tv/fatp/2017/evenement/portee-politique-et-experience-esthetique/

http://www.nova-cinema.org/prog/2017/163-decembre/filmer-a-tout-prix/#article-19172

Marc Karlin, 1991, UK, Scenes for a Revolution, DCP, VO angl. ST angl., 110’

Marc Karlin (1943-1999) fait partie de cette génération de cinéastes qui, après avoir vécu l’expérience militante des années 1960-70, a développé une nouvelle pratique cinématographique dans les années 1980. Son activisme politique a pris la forme d’une approche radicale de l’esthétique documentaire et d’une tentative constante de construire une culture cinématographique alternative qui puisse s’opposer au système médiatique. Karlin considère le cinéma comme un miroir du processus révolutionnaire : l’esthétique doit être aussi radicale que la politique. Dans Scenes for a Revolution, Karlin revisite la matière de quatre films qu’il a réalisés sur la révolution au Nicaragua, des films qui ne sont pas efficaces en tant qu’outils politiques ou de propagande ; ni des manifestes idéologiques. Ce sont des formes de pensée subtiles à propos d’une lutte réelle et de personnes réelles. (Federico Rossin)

Lundi 04.12.2017

à l’erg – petit cinéma (horaire à confirmer – sur réservation)

+ Mardi 05.12.2017

à l’erg – auditoire (horaire à confirmer – ouvert à tous)

SÉMINAIRE avec Federico Rossin

Critique et historien du cinéma. Programmateur indépendant pour les festivals Cinéma du réel, Etats Généraux du Documentaire de Lussas, DocLisboa, Filmmaker Milan.

Rencontre à propos des frictions entre art et politique à travers l’observation des entrelacements décisifs entre outils, formes et fond, le rôle des sens dans la perception d’une situation ou d’un conflit, la censure, l’(im)possibilité de représentation, la réappropriation de l’archive etc.

+ projections.

(programme détaillé suivra)

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Et en lien avec les rencontres Labos / Kino Climates au Cinéma Nova les 08-09-10.12.2017 :

http://www.nova-cinema.org/prog/2017/163-decembre/kino-climates-melting-pots/

Le week-end Kino Climates au Nova, rassemblant les salles de cinéma indépendantes européennes, sera l’occasion d’une rencontre avec quelques membres du réseau des laboratoires cinématographiques d’artistes, ateliers de recherche sur le support argentique, où les films se fabriquent à la main en pellicule. Avec la participation de, entre autres, LABO Bxl, l’Abominable (Paris), l’Etna (Paris), LaborBerlin.

Lors des rencontres et projections proposées, il s’agira de faire le point sur les relations entre argentique et digital aujourd’hui et de questionner les formes documentaires à partir de leurs modes et lieux de fabrication et du choix de leur support.

– Introduction au réseau des laboratoires cinématographiques indépendants (artists-run-labs) et présentation de la plateforme filmlabs (http://www.filmlabs.org/) et des outils web du réseau : bibliothèque technique, base de données des différents labos, forum, catalogue des films, plateforme ‘potlatch’ dédiée à l’échange de matériel

– Rencontre de membres-cinéastes de différents laboratoires du réseau

– Projections

Jeudi 07.12.2017

de 15:00 à 17:30 à l’erg – auditoire (ouvert à tous)

Rencontre avec Stefano Canapa

Cinéaste. Membre du noyau dur de L’Abominable à Paris, laboratoire cinématographique partagé (http://www.l-abominable.org/). Fondateur de Superottomonamour, laboratoire cinématographique artisanal à Turin. Membre du GROUPE ZUR – Zone Utopiquement Reconstituée (Angers), collectif d’artistes qui travaillent au croisement des arts plastiques, du théâtre, de la musique et du cinéma.

Rencontre et projection, entre autres, de rushes-archives tournés par Stefano depuis des années sur les évolutions du cinéma argentique aujourd’hui (fermeture des labos professionnels, récupération des outils-machines par les labos indépendants etc.)

à 19:00 au Cinéma Nova

Projection de Autrement la Molussie, 16mm, 81′, 2012, de Nicolas Rey

+ rencontre avec le réalisateur

http://www.nova-cinema.org/prog/2017/163-decembre/kino-climates-melting-pots/?lang=fr#article-18723

Autrement la Molussie est un film-essai en neuf bobines-chapitres projetées dans un ordre aléatoire (soit 362 880 possibilités !), basé sur des fragments de La catacombe de Molussie, roman allemand écrit par Günther Anders entre 1932 et 1936.

Des prisonniers d’une geôle d’un état fasciste imaginaire, la Molussie, se transmettent des histoires à propos du dehors, comme autant de fables à portée politique et philosophique.

« Simplement filmer ce pays imaginaire. (…) Fabriquer quelques machines pour rendre l’entreprise plus complexe et le résultat moins prévisible. Ne pas omettre de filmer quelques humains dans leur activité la plus courante : le travail. Un pays n’est jamais complètement désert. » (extrait de la note d’intention).

Autrement la Molussie est aussi un film sur l’altérité du cinéma en pellicule à l’ère du digital. Pour la réalisation de ce projet, Nicolas a inventé de nouveaux dispositifs en expérimentant avec de la pellicule périmée, une caméra 16mm adaptée, des outils inédits (comme le zéphyrama » : un dispositif modulant la vitesse du défilement et donc l’exposition de la pellicule au gré du vent), et un laboratoire cinématographique partagé qui lui a permis d’élaborer et fabriquer son film en 16 mm à la main de bout en bout à L’Abominable, laboratoire cinématographique d’artistes, dont Nicolas est l’un des fondateurs.

Vendredi 08.12.2017

14:00 à 16:00 à l’erg – auditoire (ouvert à tous)

Rencontre avec Nicolas Rey

Cinéaste, généreux passeur de savoirs, l’un des fondateurs du laboratoire l’Abominable (Paris), laboratoire cinématographique partagé (http://www.l-abominable.org/).

Conférence-rencontre Histoire présent-futur des laboratoires cinématographiques d’artistes.

Avec la participation de membres de LABO Bxl et d’autres labos du réseau Filmlabs.

17:00 à 19:00 à l’erg – Petit cinéma (sur réservation)

Rencontre avec juan david gonzález monroy – Ojoboca / LaborBerlin

Front Page

Le duo Ojoboca est formé par Anja Dornieden et Juan David Gonzalez Monroy, tous les deux membres du laboratoire cinématographique partagé LaborBerlin, où ils produisent et développent leurs films en 16mm. Ensemble, ils pratiquent l’ »Horrorism », une méthode cinématographique destinée à provoquer une transformation intérieure et extérieure.

Avec la participation de Els Van Riel.

Samedi 09.12.2017

à 20:00 au Cinéma Nova

Séance Ojoboca

Projections suivies d’une rencontre avec Anja Dornieden et juan david gonzález monroy

http://www.nova-cinema.org/prog/2017/163-decembre/kino-climates-melting-pots/?lang=fr#article-18738

Wolkenschatten, D, 2014, 16mm, VO allemand, st angl. 17′

Un nuage géant plongeant une petite ville allemande dans les ténèbres. La disparition de ses habitants. Un mystérieux appareillage de projection dans une grotte.

The Masked Monkeys, D, 2015, 16mm, VO angl., 30′

Aux plus bas échelons de la société javanaise, ceux qui pratiquent la tradition millénaire des arts masqués s’engagent sur un chemin qui est censé les mener à un état supérieur, noble.

News publiée le 9 novembre 2017