Economie et art numérique (correspondances et écarts), archivage et architecture de base de données
La médiation comme média et les formes sans médias
Dans la nouvelle économie de l’information, toutes les pratiques culturelles peuvent être réduites et valorisées en tant que sources monnayables de contenus numérisés. L’état gazeux de l’art (selon la formule d’Yves Michaud) pourrait n’être que la conséquence d’une adaptation de l’art aux exigences du marketing. Mais pour décrire utilement les enjeux de cette apparente disparition des oeuvres, il faut utiliser le vocabulaire des nouvelles technologies. Parlons de compatibilité plutôt que de disparition. Parlons d’interopérabilité. Disons que la pratique artistique "supporte" (au sens informatique) toutes les pratiques culturelles. Mais si l’art devient compatible, il n’en reste pas moins autonome, sauf à tomber dans le piège de l’industrie culturelle en fonctionnant comme un sous-programme du contrôle social. Il s’agit d’essayer de comprendre pourquoi la pratique artistique peut adopter aujourd’hui une forme paradoxale d’invisibilité.
Yoon-Ja & Paul Devautour, opérateurs en art, ont organisé de nombreuses expositions depuis 1985. Leur collection particulière a fait l’objet d’une présentation permanente au Mamco à Genève de 1993 à 2003. Paul Devautour a été coordinateur du Collège invisible, post-diplôme en réseau de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille de 2000 à 2004. Il est actuellement directeur de l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges.
http://www.ciren.org/ciren/conferences/120504/index.html http://www.college-invisible.org/page1.php
Stratégies de re-médiation pour les arts électroniques
La re-médiation de projets artistiques d’ordre technologique, qui ont été réalisées dans le passé et exposées à l’usure du temps, nous lance bon nombre de défis intéressants. De quelle façon et par le moyen de quelles stratégies se préoccupe-t-on actuellement de la préservation, de la recréation et de la documentation d’oeuvres historiques ? Nous mettrons en relief les questions-clé qui préoccupent les conservateurs et les archivistes actifs dans ce domaine par le biais d’un aperçu des caractéristiques conceptuelles et technologiques d’oeuvres d’art électroniques. Ces questions incluent la problématique du respect de l’intégrité de l’oeuvre, du respect de l’intention de l’artiste et de la propriété intellectuelle, mais elles concernent aussi les stratégies utilisées à l’égard de l’obsolescence et du déclin technologique, ou encore à l’égard des métadonnées et des modèles de documentation. Dans ma présentation, je détaillerai un nombre sélectif d’approches qui aborderont ces défis depuis une diversité de contextes et de perspectives.
Sandra Fauconnier est historienne d’art et s’intéresse plus particulièrement aux technologies en réseau. Elle a travaillé pour une une période de six ans comme archiviste au sein de la compagnie V2_(Institut pour les Médias Instables), établie à Rotterdam, où elle a participé à la création et à l’entretien d’une base de données qui regroupe de la documentation relative à la production et à la présentation d’art électronique. Elle a co-développé dans ce contexte un modèle descriptif pour la documentation relative aux arts technologiques, et a créé plusieurs ressources terminologiques (incluant un lexique). Elle a également travaillé sur plusieurs projets de recherche, plus particulièrement sur la problématique des droits d’auteur, les stratégies de documentation pour les arts électroniques, et l’interopérabilité d’archivage. Sandra Fauconnier est également chercheur à mi-temps à la Jan Van Eyck Academie à Maastricht (2006-2007), où elle étudie les procédés du design sur les sites-web participatifs. http://archive.v2.nl http://www.spinster.be