Journées Portes ouvertes - 3 projets participatifs

22 March 2009

openDoor ergCe 20 et 21 Mars, c’Ă©tait les journĂ©es portes ouvertes Ă  l’ERG, grand Ă©vènement attendu dans les Ă©coles d’art bruxelloises avec comme toujours un vernissage particulièrement frĂ©quentĂ© et bien arrosĂ©. C’est aussi l’occasion pour les Ă©tudiants de se confronter Ă  la prĂ©sentation de leurs derniers travaux dans un contexte d’expo très publique et bien visitĂ©e. Exercice d’autant plus intĂ©ressant lorsqu’il s’agit de travaux impliquant la participation du public…

Raphaël Bastide propose 2 pièces: Open Motion, un projet collaboratif et The Book.
openmotionOpen Motion propose au public de construire une animation images par images oĂą celles-ci sont reliĂ©es par la continuitĂ© d’une ligne dont chaque point est le rĂ©sultat du geste du visiteur dans la proximitĂ© du point laissĂ© par le visiteur prĂ©cĂ©dent.
openmotion audeVoir sur dailymotion les vidĂ©os de l’installation et des exemples des animations produites. Ceux Ă  l’oeil vif y reconnaĂ®tront un certain BenoĂ®t Poelvoorde, ancien Ă©tudiant de l’Erg dans les annĂ©es 80…

The Book - ou plus exactement “Ă©cran suspendu sur livre vierge” - est une installation toute simple et belle utilisant un Ă©cran LCD et un livre dont les pages changent subtilement de couleur quand on les tourne. Voir la vidĂ©o.
book h
Pour plus d’infos sur les projets de RaphaĂ«l, voir son blog.

le cubeLe Cube de Vincent Evrard a laissĂ© pas mal de visiteurs perplexes, peu osant s’y confronter. Mais pour ceux qui ont tentĂ© l’expĂ©rience, ils ont dĂ©couvert un dispositif original de capture photographique de l’espace oĂą le rĂ©sultat enregistrĂ© est issu des dĂ©placements successifs du cube par le public. Les images de l’espace ainsi capturĂ©es sont celles vues par l’appareil photo au grĂ© de ses rotations dans cette drĂ´le de machine actionnĂ©e par les visiteurs. le cubeLa trace de cette vision machine/hommes est ensuite restituĂ©e dans un espace 3d sur Ă©cran, interactivement explorĂ©e et redĂ©ployĂ©e en faisant rouler sur une table un autre cube (mais bien moins lourd…).

Voir la vidĂ©o du Cube sur dailymotion! Pour plus d’infos sur les projets de Vincent, voir son blog.

1ère Biennale “figures de l’interactivitĂ©”

16 November 2008

1ere Biennale Figures de l'InteractivitĂ©Le mercredi 19 novembre, il n’y aura pas cours: je suis un des intervenants Ă  la 1ère Biennale “figures de l’interactivitĂ©” qui se dĂ©roule Ă  Poitiers Ă  l’initiative de l’Ecole SupĂ©rieure de l’Image. Le thème de cette première Ă©dition est “CinĂ©ma, InteractivitĂ© et SociĂ©tĂ©” et rassemble des artistes tels que J-L Boissier, Victor Burgin, Jim Campbell, Luc Courchesne,  Jeffrey Shaw, Masaki Fujihata, Steina Vasulka,…
Tout le programme se trouve en ligne sur www.figuresinteractives.com

En attendant, sur ce sujet du nouveau cinĂ©ma Ă  l’heure du logiciel, allez voir le Software Cinema de Lev Manovitch, la page sur le workshop SLIDERS de l’annĂ©e passĂ©e, ou expĂ©rimentez le Korsakow System de Florian Thalhofer (manuel disponible ici). Florian sera un des intervenants au prochain workshop ‘Any Media Documentary‘ Ă  Mediamatic, Amsterdam, fin Novembre.

Why Art in Virtual Worlds?

4 November 2008

avatar mattesLe dernier numĂ©ro (31/2008) du magazine Ă©lectronique du CIAC (Centre International d’Art Contemporain de MontrĂ©al) est en ligne et entièrement consacrĂ© aux formes d’art dans les mondes virtuels en ligne (Second Life, World of Warcraft,…).
A lire sur www.ciac.ca/magazine/sommaire.htm

Au sommaire: une introduction de Patrick Lichty, des articles en Anglais et Français d’auteurs (artistes, critiques, thĂ©oriciens) tels que Fred Forest, Domenico Quarenta, Pau Waelder, Paule Mackrous,…

Machine Vision: Snow, Vasulka, Rokeby,…

26 October 2008

snow-regionCentraleLors d’un des derniers cours (en liaison avec l’exercice de dĂ©but d’annĂ©e), j’avais rapidement parlĂ© du travail Machine Vision de Steina Vasulka dont les prĂ©ambules datent de 1976. Mais il ne faut pas oublier en 1971, le travail de Michael Snow avec son fameux “la RĂ©gion Centrale” que l’on peut voir sur ubu.com (un des meilleurs sites de documents audiovisuels d’artistes). Le parallèle est assez Ă©vident et en googlant pour trouver des documents mettant ces 2 oeuvres en liaison, je tombe Ă©vidememment sur l’excellent blog ‘Conversations with Space’ de Hc Gilje qui publie plusieurs articles sur ces sujets dans sa catĂ©gorie ‘camera’… voir ici. Hc Gilje est un artiste norvĂ©gien invitĂ© plusieurs fois Ă  iMAL (entre autres avec 242.pilots en 2002 et puis en 2007 - voir video ici).
rokebyComme HC Gilje, je ne peux manquer ce citer un des continuateurs de toutes ces explorations avec les camĂ©ra-machines: David Rokeby avec des travaux tels “Watch’, ‘Seen’ ou ‘Machine for Taking Time’ dont on peut voir la vidĂ©o documentaire sur YouTube. A noter que David Rokeby semble avoir mis l’intĂ©grale de sa documentation video en ligne. A voir sur sa page YouTube! A ne pas rater, son Sorting Daemon de 2003 (en rĂ©action aux mesures de surveillance ‘anti-terroristes’ après le 9/11), oĂą l’on voit comment la camĂ©ra-machine couplĂ©e Ă  l’intelligence computationnelle peut devenir dĂ©moniaque.
Je ne peux m’empĂŞcher de citer ubu.com sur la RĂ©gion Centrale: Snow presents a reflexive impression of the camera as the ultimate transformative, creative apparatus, capable of any magic. Google et Internet ne forment-ils pas une de ces camĂ©ras ultimes et globales d’aujourd’hui? ( voir mon article prĂ©cĂ©dent sur goo(…)rama ).

Goo(…)rama, photographie et mĂ©diation du rĂ©el

25 October 2008

googleramaDĂ©cidĂ©ment Google et Internet entrent dans notre vie quotidienne et façonnent de plus en plus les pratiques sociales et culturelles. C’est une Ă©vidence bien visible dans l’art atuel, comme par exemple avec l’exposition GEO GOO (Info Park) de JODI Ă  iMAL, ou encore au mĂŞme moment Ă  Argos, avec les Googleramas de Joan Fontcuberta. Utilisant des freewares de mosaĂŻques photos disponibles en ligne, Fontcuberta reprend des photos d’actualitĂ©s dont les pixels sont construits Ă  partir d’images collectĂ©es sur Internet sur base de mots clefs.

La photographie ne cesse d’ĂŞtre interrogĂ©e sur ses fondements comme dans Buttons de Sascha Pohflepp (que j’avais montrĂ© Ă  Bruxelles en 2007), oĂą l’artiste joue sur les 2 dĂ©terminants de l’acte photographique: le choix du moment de dĂ©clenchement et le choix du sujet/cadrage. Il propose ainsi un appareil photo pourvu du traditionnel bouton dĂ©clencheur, mais sans objectif: c’est flickr.com qui finalement en est la lentille, l’oeil global qui renverra la photo d’un autre qui a pris la dĂ©cision de dĂ©clencher son appareil quelque part dans le monde au mĂŞme moment.

googoramaDans les googoramas du jeune collectif suwud (Sao Paulo), on voit apparaĂ®tre une nouvelle forme de photographie documentaire (ici ’street photography’) faite de prises de vue du rĂ©el, mais oĂą celles-ci sont effectuĂ©es par les camĂ©ras panoramiques automatiques des Street Views de Google, les auteurs agissant en tant que re-cadreur, ou re-photographe, s’appropriant la capture des machines en y ajoutant une valeur photographique et artistique par le seul fait de leur sĂ©lection. Voir par exemple le texte de Tadeu Chiarelli ici.

La photographie s’en trouve bouleversĂ©e en tant qu’un des instruments de la mĂ©diation du rĂ©el. Finalement, c’est Internet qui se poserait en tant que mĂ©diateur de nos perceptions du rĂ©el, le photographe ou artiste abandonnant l’acte de prise de vues, pour un filtrage, une sĂ©lection, un recadrage, ou encore une contextualisation, une reconfiguration des perceptions collectives.

exercice Septembre 08

6 October 2008

blue_fungus.pngL’exercice que je vous propose pour ce semestre tourne autour de la notion de processus dĂ©fini par des procĂ©dures formelles mais exĂ©cutĂ© par des humains. Ce processus  (comme du code informatique) gĂ©nèrera des effets, des traces que vous capterez et documenterez en ligne.

Background
Sur la nature du code (software), voir par ex. “Words made Flesh” de Florian Cramer. Dans les annĂ©es 50 et 60, certains artistes, dans une approche constructiviste, ont crĂ©Ă© leurs oeuvres par exĂ©cution de procĂ©dures graphiques prĂ©cises et cela avant de pouvoir utiliser un ordinateur. Voir par exemple Vera Molnar et sa machine imaginaire.  Un artiste conceptuel comme Sol Lewitt ne produit pas l’oeuvre directement: il transmet la mĂ©thode qui exĂ©cutĂ©e par des humains produira l’oeuvre Ă  un endroit donnĂ©. Voir par exemple l’interprĂ©tation actuelle de cette approche qu’en fait Casey Reas avec du code informatique.
En musique ou performance, John Cage a aussi introduit des notions de procĂ©dure (avec alĂ©atoire) pour piloter le dĂ©roulement de la pièce par les interprètes.  On notera que l’humain qui ‘exĂ©cute’ la procĂ©dure est bien un interprète: il la comprend avec sa sensibilitĂ©, et son interprĂ©tation particulière introduit des variations uniques dans l’exĂ©cution et ce qui en rĂ©sulte.

Quelques démarches actuelles:

-le Blue Fungus de Luna Maurer, voir ma video sur dailymotion
Ici l’algorithme Ă  exĂ©cuter gĂ©nère une oeuvre collective construite par le public dans l’espace du musĂ©e. En quelque sorte c’est une approche gĂ©nĂ©rative.

- la psychogĂ©ographie algorithmique ou promenade alorighmique (algorithmic walk); ici ce sont les promeneurs qui exĂ©cutent l’algorithme au travers de la ville.
www.socialfiction.org
socialfiction.org/dotwalk/dummies
www.mplsobserver.com/node/1261
en.wikipedia.org/wiki/Psychogeography
www.heyotwell.com/heyblog/archives/2004/10/walking_in_amst_1.html

Quelques artistes inspirés de la Dérive situationniste:
Atau Tanaka et son projet net_derive,
Simon Pope

Autres liens:
Simple Genetic Algorithm workshop de Kim Cascone sur www.imal.org
Human-Powered Computing Environment: www.imrf.or.jp/HPCE.html
Algorithm Art: Composing the Score for Fine Art sur www.verostko.com
Algorithms and Human Experience sur yumikinoshita.com

Règles du jeu:
Vous devez imaginer un algorithme simple Ă  exĂ©cuter par des humains: vos amis, les Ă©tudiants de l’erg, ou plus difficiles des quidams dans la rue… L’algorithme sera constituĂ© d’une suite d’actions simples Ă  performer. Il peut y avoir des rĂ©pĂ©titions (boucle=loop) et des actions soumises Ă  conditions (if <...> then…).  Parmi les actions Ă  exĂ©cuter dans votre algorithme, on peut envisager que l’exĂ©cutant doive prendre une photo ou une sĂ©quence vidĂ©o, ramasser ou poser un objet, Ă©crire un mot,… toutes actions dont l’ensemble des traces  gĂ©nĂ©rĂ©es va constituer un corpus que vous exploiterez.

Les exĂ©cutions de votre algorithme peuvent ĂŞtre simultanĂ©es (comme dans Blue Fungus) ou organisĂ©es participant par participant l’une Ă  la suite de l’autre. L’exĂ©cution se passe dans le monde rĂ©el soit Ă  l’Erg ou dans le quartier.

Vous ĂŞtes libre d’exploiter le corpus de traces gĂ©nĂ©rĂ©es comme vous l’entendez, mais au minimum vous devez produire une documentation en ligne complète de votre projet comprenant: vos recherches prĂ©paratoires, une note d’intention (que cherchez-vous, vos objectifs?), les essais, l’Ă©noncĂ© de votre algorithme final, les rĂ©actions des exĂ©cutants-interprètes, des photos sur leurs performances et les traces finales.

Toute autre forme (vidĂ©o, graphisme/visuel, animation,…) est bienvenue mais doit ĂŞtre produite avec des outils numĂ©riques. Elle peut ĂŞtre hors ligne (ex. impression) mais il en faut une documentation sur votre blog qui rende compte de l’objet final et de son mode de production.  Pour votre doc minimum et les formes en ligne, n’hĂ©sitez pas Ă  utiliser toutes plateformes disponibles telles que YouTube, DailyMotion, Flickr, ou encore Google Maps (et son outil ‘My Maps’ vous permettant d’ajouter des mĂ©dias sur des cartes).

C’est une petite expĂ©rience, restez simple!
Le travail se clôturera fin du semestre, en décembre 2008.

Autres liens vus au dernier cours:
Steina Vasulka (Machine Vision)
Masaki Fujihata (Field-works)
Jeffrey Shaw (Golden Calf)
Sur les Slit-Scan Artworks, voir le catalogue de Golan Levin sur www.flong.com

openFrameworks Ă  Ars Electronica 08

5 October 2008

OFlabIco.pngZachary Lieberman et ThĂ©o Watson, les crĂ©ateurs de openFrameworks, la librairie C++ pour du coding crĂ©atif (j’en avais dĂ©jĂ  parlĂ© ici), se sont installĂ©s au festival Ars Electronica 08 sous forme d’un OF Lab ouvert aux propositions du public. Avec une Ă©quipe d’une dizaine d’artistes-codeurs, hackers et autres bidouilleurs (sĂ©lectionnĂ©s après un appel cet Ă©tĂ©), ils ont rĂ©alisĂ© en un processus continu des projets directement issus des propositions du public tout au long du festival. OF Lab est une expo ‘guerilla’ au milieu et dans le festival, un processus expĂ©rimental ouvert entre propositions, expĂ©rimentations, rĂ©alisations et expositions des rĂ©sultats avec boucle de feedback direct entre crĂ©ateurs et public.

OFLabSketch.jpgOF Lab Ă©tait une construction ouverte Ă  tous et transparente, une grande structure construite d’Ă©chafaudages tubulaires entre bateau pirate et medialab. Le public y faisait ses propositions enregistrĂ©es en vidĂ©o sous forme de 5 mots Ă  Ă©crire sur un tableau. Bien sĂ»r tout est documentĂ© et exposĂ© grâce Ă  plusieurs dispositifs interactifs plutĂ´t bien conçus : des propositions du public jusqu’aux rĂ©sultats. Chapeau!

Voir mon petit reportage vidéo sur vimeo

Liens:
openFrameworks: www.openframeworks.cc
Le blog de OF Lab @ Ars: ars.oflab.cc
Photos sur flickr
OF lab sur Ars Electronica: www.aec.at

Almost Cinema 08

5 October 2008

AlmostCimema08.jpgComme chaque annĂ©e, le Vooruit de Gand propose Almost Cinema, un programme de 12 jours explorant les frontières entre film, arts mĂ©diatiques et musique. Cela commence ce 8 Octobre avec une soirĂ©e vernissage des installations et - Ă  ne pas rater - une projection HD + audio spatialisĂ© de “Drift” de  Ulf Langheinrich (membre avec Kurt Hentschlager du fameux duo Granular-Synthesis). A noter les installations de  Boris Debackere, Alexandra Dementieva et Ali Momeni.

Plus d’infos sur : www.vooruit.be
Une interview de Ulf Langheinrich ici

Art et Internet, les nouvelles figures de la création

13 September 2008

Petite revue du livre Art et Internet, Les nouvelles figures de la création par Jean-Paul Fourmentraux, CNRS editions, 214pg, 2005

fourmentrauxLes livres d’universitaires (français) sur le Net Art sont trop rares, et en voici un particulièrement intĂ©ressant!
L’auteur propose une sociologie pragmatique du Net Art ou de l’art sur Internet. DĂ©barassĂ© de tout Ă  priori (ex. ontologie de l’oeuvre d’art), il ne s’intĂ©rèsse pas Ă  l’oeuvre une fois finie mais plutĂ´t Ă  ses processus d’Ă©laboration, production et diffusion: il explore et analyse Ă  partir d’Ă©tudes de cas concrets comment l’oeuvre - au dĂ©part intention d’un auteur - s’Ă©nonce, se nĂ©gocie, se fait, se pose, se mĂ©die entre auteur, informaticien, producteur culturel et structure d’accueil, machine et lecteur-acteur/public.
A partir de la notion de dispositif revue dans le contexte du Net Art (composants autonomes - tels que programme, interface, contenus - parties d’un système non dissimulĂ©), d’un examen de l’importance de l’interface (l’interface utlisateur qui permet l’interactivitĂ© et l’accès Ă  l’oeuvre), il Ă©labore une typologie d’oeuvres principalement basĂ©e sur les rĂ´les du lecteur-acteur (de la navigation, contribution, altĂ©ration jusqu’Ă  l’altercation). Il en arrive Ă  poser la nouvelle nature de l’oeuvre Net Art, Ă  savoir processus en constant devenir plutĂ´t qu’objet fini. Dans le contexte Internet oĂą environnement de crĂ©ation, support de l’oeuvre et espace d’action et de diffusion ne font plus qu’un, l’acte de la mĂ©diation de l’oeuvre est mis en Ă©vidence, comme souvent aussi faisant oeuvre.
Au cours de son analyse, Fourmentraux s’appuiera formellement sur les relations auteur/machine/lecteur au risque de ne pas toujours cerner la vraie nature du Net Art mais plutĂ´t de rappeler certaines spĂ©cificitĂ©s des arts numĂ©riques, car ce trio recoupe aussi toute l’histoire du computer art bien avant le on-line ( generative art, algorithmic art, interactive art, art tĂ©lĂ©matique,…), comme le tĂ©moigne d’ailleurs les nombreux exemples qu’il donne oĂą trop souvent Internet se rĂ©duit Ă  un vecteur de diffusion de formes numĂ©riques dĂ©jĂ  connues (par ex. sur cd-rom).
Il poussera la dĂ©finition de l’oeuvre en tant que processus jusqu’Ă  considĂ©rer le dispositif et ses constituants comme dans un flux permanent et continu de changements nourris par la boucle feedback auteur / machine / lecteur-acteur. Si le Net Art est donc thĂ©oriquement potentiel d’oeuvres Ă  la fluiditĂ© et instabilitĂ© extrĂŞmes, Ă©chappant en partie Ă  leur auteur et interrogeant les dĂ©finitions classiques de l’oeuvre d’art, je ne vois pas encore aujourd’hui d’exemples aussi extrĂŞmes, et d’ailleurs Fourmentraux n’en donne pas non plus.
En s’attachant Ă  des grilles d’analyse formelles, Fourmentraux passe peut-ĂŞtre - pour moi - Ă  cĂ´tĂ© d’autres rĂ©alitĂ©s tout aussi fortes du Net Art: oeuvres sans interactivitĂ©, sans contribution ni modification par les utilisateurs (mais profondĂ©ment Net, ex. fascinum de Christophe Bruno), ou encore toutes ces oeuvres aux dimensions politiques et activistes autant qu’artistiques, ses projets parfois techniquement complexes - mais qui sans remettre en cause les conventions et formes superficielles d’apparance, d’usage, d’interaction ou d’interface du mĂ©dium Internet (en en jouant plutĂ´t) - sont de vĂ©ritables opĂ©rations hautement mĂ©diatiques, stratĂ©giques, politiques et artistiques (iconoclastes, provocantes,…), se dĂ©ployant dans plusieurs contextes (milieux de la net-culture et des sphères culturo-sociologiques), aux sens multiples, et gĂ©nĂ©rant de nombreux dĂ©rivĂ©s (discussions, polĂ©miques ou encore objets se retrouvant sur le marchĂ© de l’art). Voir par ex. les projets de 0100101110101101.org, des Yes Men, de etoy, ou des projets tels Re-Code Liberating Capital ou encore GWEI en 2005 (après la parution de ce livre).
Un ouvrage Ă  lire absolument tout autant pour les questions passionnantes que pose le Net Art sur la nature de l’oeuvre d’art et sa sociologie, que pour cette approche du sociologue oĂą des concepts que j’utilise tous les jours en tant que praticiens (ex. interfaces, dispositifs, mĂ©diation, interaction, interactivitĂ©, auteur, lecteur/acteur) sont dĂ©finis rigoureusement.

Liens:
- revue, compléments et liens sur wreck-this-mess
- une page sur l’auteur

3 expos dans l’air du temps digital

5 August 2008

deep ScreenEn 2008, 3 expos ont eu lieu autour du digital dans l’art contemporain: en Avril, “Holy Fire, art of the digital age” Ă  iMAL (Bruxelles) ouvrait le feu, puis fin Mai au Stedelijk Museum suivait ‘Deep Screen, art in digital culture‘, exposition en vue des acquisitions 2008 du musĂ©e d’Amsterdam. Et enfin en Juin “Synthetic Times” au MusĂ©e National d’Art de PĂ©kin.
Si deux furent courtes et sont maintenant terminĂ©es, il reste encore ‘Deep Screen’ Ă  voir jusque fin Septembre. Pour les autres, on consultera les sites webs respectifs, ressources documentaires pour tout qui s’intĂ©resse aux Ă©volutions de l’art contemporain dans la sociĂ©tĂ© technologique actuelle. A lire les essais de contributeurs connus tels Peter Weibel, Oliver Grau ou Friedrich Kittler sur le site de Synthetic Times. Pour Holy Fire, un superbe catalogue Anglais/Français est disponible Ă  cĂ´tĂ© des nombreux textes sur le site.

Est-ce significatif? Probablement, oui. A cĂ´tĂ© de modestes centres d’arts orientĂ©s nouvelles technologies tels iMAL, on voit maintenant de grandes institutions ‘traditionnelles’ accepter le numĂ©rique et ses nouvelles approches conceptuelles et esthĂ©tiques dans l’art. Reconnaissance ou simple consĂ©quence d’une Ă©volution inĂ©vitable?
En tout cas, pour le MusĂ©e de PĂ©kin, il semble que cette expo ait Ă©tĂ© la plus importante en Chine depuis l’expo de Robert Rauschenberg en 1985… Comme quoi l’art numĂ©rique est bien l’art de notre temps pour les grands pays Ă©mergents.
Voir les vidéos:
celle de l’ouverture d’Holy Fire Ă  iMAL Ă  Bruxelles.
ma vidĂ©o lors de l’inauguration de Deep Screen Ă  Amsterdam ou celle disponible sur le site officiel.

Paul Mc Carthy censuré par Dailymotion

24 February 2008

explicitMon clip vidĂ©o de l’expo Mc Carthy au SMAK n’est pas restĂ© longtemps accessible (voir cet article). PostĂ© sur la plateforme française Dailymotion, il n’a fallu que quelques jours pour qu’il soit rangĂ© dans la catĂ©gorie ‘contenu explicite’ interdite aux moins de 18 ans, et donc sous accès très restreint…

Dommage, car jusqu’Ă  prĂ©sent, je considĂ©rais Dailymotion comme une plateforme beaucoup plus orientĂ©e art, culture que YouTube. Ainsi on y trouve parmi les catĂ©gories proposĂ©es pour dĂ©crire vos clips, la catĂ©gorie ‘Arts’ totalement inconnue sur YouTube… (l’art et la culture n’existeraient pas aux yeux des USA?).

J’ai remis ce mĂŞme clip sur YouTube… voyons combien de temps il y restera en libre accès. Il est ici.

Paul McCarthy au S.M.A.K.

10 February 2008

Il reste encore quelques jours (jusqu’au 17/2/2008) pour voir la superbe expo ‘Head Shop/Shop Head, works 1966-2006′ de Paul McCarthy au S.M.A.K. Ă  Gand. Je connais pas bien l’artiste mais on peut dire qu’il est met une remarquable et constante conviction dans le dĂ©veloppement de ses thèmes favoris - pici, caca, sexe, gore post-hollywood - sous toutes les formes possibles.

Ici on n’est sĂ©duit par son appropriation de l’espace du SMAK, presque tout le bâtiment, n’hĂ©sitant pas Ă  crever les plafonds, casser les murs, dans un dĂ©lire de constructions et cabanes, bateaux rouillĂ©s, vaisseaux Ă  la pirate des caraĂŻbes, vieux appartements crades lieues de ces cĂ©rĂ©monies scato-gore et vidĂ©os se chevauchant dans un dĂ©sordre bruyant et envahissant tout. Il y a aussi pas mal de sculptures dont toute une sĂ©rie encore prĂ©sentĂ©es dans leur caisse de transport, et mĂŞme quelques dispositifs interactifs (mais elle n’existerait pas que ce ne serait pas grave), plutĂ´t des automates en latex tels cette truie frĂ©missant au passage des visiteurs ou ce drĂ´le de gars rencontrĂ© au dĂ©tour d’un buisson dans un parc. Une virtuositĂ© dans l’intĂ©gration espace, sons, videos, objets 3d,… En voici un petit aperçu vidĂ©o (sorry j’avais pas ma dv cam, c’est fait Ă  l’appareil photo).

Pour en savoir plus, lire par ex. l’article de RĂ©gine sur wmmna.

White Glove Tracking, Michael Jackson reloaded

14 January 2008

white gloveWhiteGloveTracking est un projet super-intĂ©ressant d’analyses et visualisation de donnĂ©es proposĂ© par Evan Roth et Ben Engebreth du Eyebeam. En partant de cette cĂ©lèbre video de Michael Jackson oĂą sa main gauche porte un gant blanc, ils ont lancĂ© un processus collaboratif pour collecter toutes les positions de la main blanche dans tous les frames vidĂ©os et proposer le data set rĂ©sultant trackant ce gand blanc Ă  toute interprĂ©tation digitale… Voir la galerie des rĂ©sultats avec par exemple les clips de Zachary Lieberman (dont Height=Speed), l’artiste auteur de la superbe installation drawn, ou encore celui de l’artiste anversois Tim Knapen.

Et bien sĂ»r on trouve aussi les codes sources en Processing et/ou OpenFrameWorks, une librairie de dĂ©veloppement c++ pour artistes dĂ©veloppĂ©e entre autres par Zach Lieberman. On va au-delĂ  de la visualisation de donnĂ©es pour passer Ă  leur interprĂ©tation par le code pour traiter ou proposer d’autres façons de voir ou entendre une vidĂ©o existante. DĂ©marrĂ© en Mai 2007, le projet est toujours en cours, ouvert Ă  vos propositions.

encore 2007: CITU, Outlab

14 January 2008

Bon, je suis en retard, mais autant en parler avant qu’il soit trop tard. Le 19 Novembre, je suis allĂ© Ă  Paris (pas de chance, c’Ă©tait en pleine grève des transports en commun), Ă  Outlab 07, journĂ©es de prĂ©sentation public du CITU, conjonction de 3 laboratoires universitaires de Paris: le Ciren de Jean-Louis Boissier et Liliane Terrier (Paris 8 ), Paragraphe, l’ancien labo de Jean-Pierre Balpe, et le LAM (Paris 1), le labo d’Anne-Marie Duguet.

On y prĂ©sentait le meilleur du cru 2007 du Citu. Pour le Ciren, citons le blog de documentation et d’analyse des arts des nouveaux mĂ©dias, cette excellente Ă©tude sur les MĂ©dias Locatifs (Ă  base de GPS), ou encore Samuel Bianchini avec son installation niform utilisant ces nouvelles camĂ©ras 3d et des logiciels dĂ©veloppĂ©s par ExperiensS (2 anciens de la dĂ©funte kitchen). Ou encore ce blog du Paragraphe sur l’Ă©volution des villes Ă  l’ère numĂ©rique, Hyperurbain.net, ou cette installation de Thierry Fournier rĂ©alisĂ©e avec ses Ă©tudiants de Nancy, Feedback Room dont voici une vidĂ©o (il manque juste le feedback vidĂ©o):

Du numĂ©rique dans les galeries d’art

1 January 2008

Bienvenue dans 2008! Meilleurs voeux!
Pour ce premier billet de l’annĂ©e, voici quelques petites choses dont je n’avais pas eu le temps de vous parler l’annĂ©e passĂ©e (car un peu dĂ©bordĂ© ces derniers mois par le lancement du nouveau lieu d’iMAL avec un nouveau site ).

lorenzo at think.21Cette fin 2007 a vu apparaître 2 nouvelles galeries à Bruxelles résolument tournées vers le numérique : think.21 à Ixelles et Brussels-Flamingo dans le centre ville près du Canal. Un signe certain que les arts technologiques seront parmi les arts contemporains de ce siècle.
Think.21 est Ă  deux pas de l’ERG, donc aucune excuse pour ne pas explorer sa programmation. Pour le moment jusqu’au 16 fĂ©vrier, elle propose des valeurs sĂ»res des arts Ă©lectroniques, avec des oeuvres de Rafael Lozano-Hemmer, Daniel Rozin, Lincoln Schatz et Björn SchĂĽlke. Très instructif par exemple de voir comment Rafael plus connu et innovant dans ses installations urbaines momumentales se dĂ©cline ici dans des “petites” choses qui ne risquent pas de dĂ©ranger le salon des clients branchĂ©s. Ou encore ce petit travail de Daniel Rozin Ă  la portĂ©e de tout artiste numĂ©rique d’aujourd’hui. Mais, bon, trĂŞve de critiques de spĂ©cialistes, saluons lĂ  un effort intĂ©ressant de sortir le numĂ©rique de ces cercles restreints qui l’ont trop confinĂ© au rang de curiositĂ©s technologiques.

zhe li at brussels-flamingo Brussels-flamingo est l’initiative d’une critique d’art venue s’installer d’Allemagne Ă  Bruxelles (comme quoi cette ville devient de plus en plus attractive internationalement, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris…). Je n’ai pas encore Ă©tĂ© voir l’expo qui propose entre autres une installation interactive, Fluid Music, de Zhe Li, jeune artiste chinois sorti de l’Ă©cole des arts mĂ©diatiques de Cologne (khm.de). Mais on a le temps, c’est jusqu’au 1er fĂ©vrier.

Tout cela est annonciateur de pas mal de changements dans le monde (marchand) de l’art contemporain… les prochaines annĂ©es vont voir dĂ©barquer de nouveaux types d’oeuvres et de nouveaux acteurs. En tout cas, si mĂŞme Claude Lorent en parle (voir La Libre), alors c’est que cela commence Ă  bouger…
D’ailleurs y a pas que les galeries qui s’y mettent, les fondations privĂ©es se lancent aussi dans les arts numĂ©riques avec par exemple, la Fondation Liedts-Meesen Ă  Gand et son appel Ă  projets pour sa prochaine biennale Update II (avec Pieter Weibel, directeur du ZKM comme prĂ©sident du jury accompagnĂ© entre autres de Philippe Van Cauteren du SMAK). L’appel est disponible en ligne et se clĂ´ture ce 15 janvier! Le prix pour le laurĂ©at est de 5.000 EUR plus sa participation Ă  l’expo Update II en 2008 et Update III en 2010.