Laboral : A Toda Maquina

gameworldInvité fin Mars à l’ouverture de Laboral, tout nouveau centre d’Arts et de Création Industrielle à Gijon dans le Nord de l’Espagne, j’ai pu découvrir un projet d’une ambition étonnante dans cette petite province oubliée des Asturies à l’industrie du siècle passé (mines et métallurgie).

laboral - insideOn aurait pu s’attendre à une petite initiative Arts et Nouvelles Technologies d’une commune reculée mais au maire éclairé… Et non, il s’agit bien là d’un projet majeur doté de moyens considérables (plus de 3 millions d’EUR de budget par an), installé dans un immense bâtiment entièrement rénové à l’architecture remarquable des années 50 (12.000 m2 !).

L’exposition inaugurale était à la mesure des ambitions: démesurée! On a pas lésiné sur les moyens pour positionner tout de suite Laboral au plus haut niveau international: 3 expositions simultanées rassemblant près de 200 artistes du monde entier sous commissariat ou jury des plus grandes personnalités ‘Media Arts’ du moment: “Feedback” (commissaires: Christiane Paul, Jemina Rellie, Richard Gere), “Gameworld” (commissaire principal: Carl Goodman) et “LabCyberspace” (exposition suite à appel à projets sous jury composé entre autres d’Alex Adriaanssens/V2 et Gerfried Stocker/Ars Electronica), des interventions dans la ville de Gijon (ex. LED Throwies du Graffiti Research Lab). Même si cette ouverture consacre les artistes connus du circuit, ce week-end fut effectivement grandiose! Tout en déambulant dans ces immenses salles, on pouvait y rencontrer multitude d’artistes (de Harold Cohen à Julian Oliver, Jodi, Sommerer et Migonneau,…), de théoriciens (ex. Lev Manovich), de directeurs de centre d’Arts Numériques (Ars Electronica, V2, Eyebeam,…) venus de toute la planète ‘Media Arts’!

Rosina Gomez-Baeza, figure emblématique de l’art contemporain espagnol (elle fut - entre autres - pendant près de 15 ans la directrice de ARCO, la grande foire d’art de Madrid), dame charismatique, chaleureuse, dynamique, fut une des visionnaires du projet Laboral et en est aujourd’hui sa directrice enthousiaste. Gageons qu’elle aura su mettre à profit ces mois de préparatifs et ce w-e d’ouverture pour nouer les meilleures alliances internationales permettant le décollage rapide d’un projet novateur, un vrai pari sur l’avenir de l’art en liaison avec l’industrie et les nouvelles technologies.

Laboral en Asturie serait-il l’équivalent du nouveau Guggenheim à Bilbao dans le pays basque voisin? Les projets sont fort différents: Laboral n’est pas un musée et se veut un centre d’arts en liaison étroite avec l’industrie et la recherche, son architecture - même remarquable - et son implantation ingrate en dehors de la ville n’ont rien à voir avec le bâtiment emblématique de Frank Gehry en plein centre de Bilbao. S’il faut chercher des modèles, c’est plus du côté de Ars Electronica à Linz ou du ZKM à Karlsruhe. En tout cas, ceci montre une fois de plus la volonté et le dynamisme de l’Espagne en ce domaine de l’Art et des Nouvelles Technologies, à côté de Hangar à Barcelone, Media Lab Madrid, de Zaragoza Milla Digital et des nombreuses initiatives dans les universités et écoles d’art et de design (ex. Mecad, Univ. Pompeu Fabra).

Les 3 expositions inaugurales se terminent fin juin. Après une ouverture si grandiose, on attend impatiemment l’annonce de la prochaine programmation. En tout cas, si vous êtes en Espagne cet été, il y a maintenant une nouvelle destination: Laboral, Gijon.
Liens:

- sur Gameworld par Julian Oliver: www.selectparks.net/…
- flickr photos par desdeasturiascom , Aram Bartholl, Douglas Edric Stanley, urban_data (LED Throwies), ou de Jonah Brucker-Cohen.

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