Coppola et le Live Cinema

Silverfish/coppolaCoincé dans l’aéroport de Madrid en attente d’un avion pour les Asturies (Laboral), il ne me reste qu’à éplucher les journaux, et de dévorer Le Monde et Libé de A à Z. Libé où je trouve cette interview titrée “Tout est faux et rien n’est inventé” de Francis Ford Coppola à l’occasion de la sortie de son dernier film Tetro.

Intéressant car elle nous rappelle combien Coppola a toujours été intéressé aux technologies dans sa démarche expérimentale permanente, jusqu’à fonder en 1969 avec G.Lucas son propre studio Zoetrope où il rechercha comment utiliser la vidéo pour un processus de production plus créatif, fluide et direct (voir son Silverfish, véritable control room mobile). Mais aussi de lire sa vision du futur du cinéma à l’ère du piratage et du DVD. Extraits choisis:

J’ai longtemps eu l’instinct que le cinéma ne pouvait pas s’en tenir à cette forme mécaniquement morte. Qu’il fallait rêver à autre chose, à un «live cinéma». Ce fut le projet initial de Coup de cœur [One From the Heart, 1982, le film qui a causé la ruine des studios Zootrope, ndlr].

Il y a dans l’air quelque chose d’intéressant en ce moment pour le cinéma. Comme le piratage, qu’on ne pourra pas arrêter. Tout est devenu reproductible. J’en reviens encore à mon «live cinéma», le digital ouvre des horizons, le cinéma devient malléable. C’est la première fois que j’en parle, mais j’ai envie d’un film qui serait différent d’un jour à l’autre, le film projeté le lundi ne serait pas le même que celui du vendredi. Une forme malléable enfin vivante, que je pourrais contrôler depuis chez moi, et envoyer à autant d’écrans que je veux : c’est ça le miracle du digital, pas de faire voler Superman. Il faut tirer le digital vers une forme sur laquelle on pourrait intervenir de jour en jour au moment de la projection. Seul le «live», l’expérience unique peut contrer le DVD.

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