Transmediale 2006: the report

tm2006 - grta.netCe rapport est non exhaustif car il est impossible de tout voir entre le choix des conférences, screenings, performances, expositions…

Malgré le déménagement à l’Akademie der Kunst (un lieu bien plus petit que la Haus der Kulturen des éditions précédentes, un lieu trop exigu, étouffant, moins convivial), malgré son évolution plus “artistiquement correcte” ou sa crise identitaire, la Transmediale de Berlin reste un évènement majeur dans la culture digitale. Le week-end, on se marchait sur les pieds, nombreux publics berlinois se mélangeant au petit monde international des arts éléctroniques, toujours bien présent de partout.

Smiling Machines
L’exposition “Smiling Machines” d’Anne-Marie Duguet semble avoir été un succès si l’on en juge par la foule et les nombreux articles dans la presse allemande. Une expo grand public, plus art vidéo et art contemporain que la dernière émergence des bidouilleurs numériques, rassemblant des oeuvres des années 60 jusqu’à 2005. Une expo que l’on pourrait voir sans problèmes dans un Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Certains purs et durs le regretteront, mais rétrospectivement c’est plus cohérent que bien des expositions des années précédentes où l’on cotoyait le pire et le meilleur, la démo technologique l’emportant trop souvent. “Smiling Machines” traite de l’humour avec les machines, des absurdités et couacs parfois drôles des technologies, de l’humour et la dérision comme tactique médiatique et artistique, du canular médiatique… Cela va de la pseudo-science (”fake science”), des ratés des jeux vidéos, des pratiques activistes tels que les Yes Men, en passant par quelques robots artistiques à la simplicité désarmante (le génial “Petit Mal” de Simon Penny et le caractériel “Helpless Robot” de Norman White dont l’auteur propose maintenant le code sur Internet), à des installations vidéos des historiques Muntadas et Nam June Paik.

Readme 100 (software art)
Les conférences ne me passionnent pas trop, je le reconnais. Mais bon, j’ai quand même assisté au panel d’Alex Shulgin, un des fondateurs du site software art www.runme.org présentant “Readme” et sa dernière édition, Readme 100, Temporary Software Art Factory, tenue à Dortmund en 2005. Les proceedings réunissent pas mal d’articles sur le software art, ils sont pubilés en book-on-demand mais aussi disponibles en pdf (voir readme.runme.org). Parmi les projets réalisés, citons Reject Me, (génération automatique de lettres d’employeurs pour montrer au chômage que vous cherchez du boulot), ou aPpRoPiRaTe! projet jouant sur les systèmes de compression vidéo pour démontrer que copie téléchargée n’est pas l’original.

Les Prix
La Transmediale, c’est aussi les “awards” avec l’exposition des nominés et la traditionnelle soirée de proclamation des lauréats (voir résultats). Comme pour l’exposition, le jury suit la même tendance d’évolution vers un festival moins focalisé sur la technologie mais plus sur l’artistique, vers une identité moins radicale numérique mais plus art contemporain. A d’autre années, on aurait facilement vu un projet comme Google Will Eat Itself (GWEI) récompensé. Ici le premier prix a été décerné au projet tendance pseudo-scientifico-poétique, le délirant et rigoureux SGM-Iceberg-Probe d’Agnes Meyer-Brandis.
Revirement facile, oubli des slogans des années passées, traîtrise pour certains… lire par exemple l’article “Good Bye Reality! How Media Art Died But Nobody Noticed” de Armin Medosch sur mazine.ws , le webzine du dynamique media art postgraduate au Ravensbourne College.

Satellites
La Transmediale c’est aussi d’autres lieux et évènements satellites à travers Berlin. Le Club Maria où l’on se retrouve dans le bruit et la fumée jusqu’aux petites heures, pour des concerts et performances audiovisuelles ou (parfois mieux) le bar… Le Tesla, laboratoire accueillant en résidence des artistes qui nous présentent leurs oeuvres dans leurs ateliers (le délirant Takumi Endo avec son projet Phonethica et sa fonderie artisanale de sons sur coulée de cire avec ses robots muraux lecteurs-phonographes!), le C-base, hacker club au décor startrekien proposant cette fois-ci une exposition des étudiants de la Digitale Media Class de l’Université des Arts de Berlin . Quelques exemples à retenir, le projet CadBoots de Martin Frey ou le projet Mirrr démontrant la vitalité de ses écoles d’art médiatiques…

Ecoles Digitales
Car la Transmediale, c’est aussi cela, une vitrine pour les écoles et un point de départ pour leurs jeunes artistes: ainsi le projet 1er prix SGM-Iceberg-Probe d’Agnes Meyer-Brandis ancienne étudiante de l’Ecole Supérieure des Arts et Médias de Cologne (www.khm.de), ou le projet nominé Roermond-Ecke-Schönhauser de Markus Kison étudiant de la Digital Media Class de Berlin, projet posant dans une réalité physique ces scènes de webcams nous montrant des images réelles tirées de contextes virtuels (à imaginer). Ainsi toutes ces tables et autres surfaces envahies des nombreux folders, brochures et autres de toutes ces écoles en Europe (aucune belge…); ainsi les nombreux étudiants allemands et européens (comme toute cette classe d’une école d’art de Tourcoing, où l’on semble démarrer sur les chapeux de roue une section arts numériques).

Et alors…
La Transmediale change, finie la radicalité activiste et politique des débuts, finie la réflexion politique et sociale sur les technologies dans la société de l’information, finis les artistes électroniques marginaux et fiers de l’être ? En tout cas un style différent… bien dans une certaine évolution où les arts médiatiques sont simplement les arts actuels. Vous en voulez une belle preuve: on y a même vu des représentants de la Communauté française de Belgique et du cabinet de la Culture ! C’est tout dire que tout ces pratiques sont entrain de devenir complètement banales et reconnues et que l’on va voir tous les politiques et cultureux s’y engouffrer fort opportunément. Mais les questions artistiques, esthétiques, politiques et sociales restent entières… nous le savons, il faudra (il y aura) toujours des pionniers, des chercheurs et des artistes.

Liens:
- le site officiel www.transmediale.de
- plusieurs articles sur www.we-make-money-not-art.com
- articles de Marie Lechner (Libération) sur Smiling Machines et sur le 2e prix, Burn Station des espagnols Platoniq.
- l’article “Good Bye Reality! How Media Art Died But Nobody Noticed” de Armin Medosch sur mazine.ws
- et si vous voulez voir l’ambiance, ne ratez pas le site grtavlog.blogspot.com de George Schütz (encore un étudiant de la khm.de), autobiographiant tous ses déplacements en vidéos diffusées sur podcast (merci pour les 4 images prises des vidéos).
- et puis pour votre culture, voir par exemple les textes de Simon Penny sur entre autres “esthétiques et art interactif” à lire sur son site ou les proceedings de ReadMe 100 (software art) en pdf.

Une réponse à “Transmediale 2006: the report”

  1. yb Says:

    a voir aussi le report fait par Nadine sur:
    http://www.nadine.be/REPORTERS/2006/02BERLIN/index1.html

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