Archive pour la catégorie 'Suggestions Lecture'

PlayList à Laboral: 8-bit / chiptune

Tuesday 29 December 2009

PlayList LaboralJe reviens de mon dernier voyage de l’année, du centre d’art Laboral (Gijon, SP) où j’étais invité à l’ouverture de l’expo PlayList conçue par mon collègue Domenico Quaranta (avec qui j’avais fait Holy Fire en 2008). Pas de chance, je suis parti le vendredi 28, le jour où Zaventem était recouvert de neige. Jamais j’aurais imaginé que 2 ou 3 petits centimètres de poudreuse pouvaient paralyser à ce point un grand aéroport international (dans un monde si technologique, les pistes ne sont-elles pas chauffées électriquement?). J’en fus quitte pour des heures d’attente, de queues interminables, une nuit forcée à Madrid, et bien sûr j’ai complètement raté l’ouverture et le concert audio/video de VJvisualoop

Mais qu’à cela ne tienne, arrivé de bonne heure Samedi, j’ai pu visiter à mon aise PlayList, expo sur le mouvement ‘8-bit’ et la musique chiptune (c’est à dire générée en programmant directement des ‘chips’ ou processeurs simples sur une seule puce).

Si les artistes 8-bit/chiptune recyclent avec joie les veilles consoles de jeux (GameBoy, NES,…) et ordis des années 70 ou 80 (Atari, C64 ou ZX Spectrum), ce n’est pas juste par nostalgie de leurs jouets d’enfance, ou par goût de la prouesse technique de programmer en assembleur un chip de 4k de RAM (la scène des démos n’est pas loin). Il s’agit bien plus d’une attitude subversive, du refus de l’obsolescence planifiée, de cette société de consommation obligeant sans cesse à acheter la nouvelle génération de machines alors que le potentiel des anciennes est loin d’être épuisé, que leurs utopies sont loin d’avoir été vécues,…
Comme le dit Bruce Sterling, nous sommes dans l’ére des ‘Dead Media’, du recyclage permanent. Ou comme l’aurait dit en 2003 (Wired) Malcom McLaren, le manager des Sex Pistols, les musiciens chiptune sont les punks d’aujoud’hui. Ou encore, comme l’a écrit Walter Benjamin, ce n’est que lorsqu’un média devient obsolète, que l’utopie qui l’accompagnait lors de sa naissance peut enfin se révéler car il est alors libéré des contraintes d’utilitarisme, de commodité et de professionnalisme qui l’emprisonnait.

Le catalogue explore bien mieux que cet article tout ce mouvement 8-bit/chiptune et ses implications artistiques, culturelles et politiques. C’est un remarquable ouvrage avec de nombreux textes de référence (de Matteo Bittanti, Kevin Driscoll, Joshua Diaz, Ed Halter, Domenico Quaranta), une riche bibliographie, une discographie (avec les graphiques des pochettes de disque) et un CD mp3.

1bit symphonyL’exposition présente aussi bien des travaux purement audio que des animations programmées sur vieux ordis (voir par ex. sur YouTube celles de Mike Johnston/Mike in Mono sur ZX spectrum) ou en Flash (celles de Raquel Meyers dans le pur style 8-bit), des installations ou dispositifs (comme le fameux Vinylvideo de Gebhard Sengmüller), des documents sur les communautés microbuilder.com et micromusic.net, ou des objets sonores tels que le superbe 1-Bit Symphony de Tristan Perich proposant dans un boitier CD standard, un micro-circuit générant sur une programmation en 1 bit une symphonie en 5 mouvements.

Artistes:

Paul B. Davis (UK), Jeff Donaldson / NoteNdo (DE), Dragan Espenschied (DE), Gino Esposto / Micromusic.net (CH), Gijs Gieskes (NL), André Gonçalves (PT), Mike Johnston / Mike in Mono (UK), Joey Mariano / Animal Style (US), Raquel Meyers (SP), Mikro Orchestra (PL), Don Miller / No-carrier (US), Jeremiah Johnson / Nullsleep (US), Tristan Perich (US), Rabato (SP), Gebhard Sengmüller (AT), Alexei Shulgin (RU), Paul Slocum (USA), Tonylight (IT), VjVISUALOOP (IT).

Liens:
- le site de l’expo PlayList et son catalogue en pdf.
- les photos de Domenico Quaranta et Régine Debatty.
- le site de Domenico Quaranta.
- voir aussi le film “8 bit Movie: a documentary about art and video games” projeté à Art+Game (iMAL, 2006).

Ready for the Internet of Things?

Tuesday 8 December 2009

IoT at iMALPresque simultanément, 2 séminaires se tenaient la semaine dernière sur l’Internet des Choses: un (Are you Ready for the Internet of Things?) à iMAL, Bruxelles et l’autre à Paris au Centre national des arts et métiers. Sujet chaud car c’est bien de l’avenir d’une certaine infrastructure technologique dont il s’agit, ces intelligence et informatique ambiantes riches de nouvelles possibilités mais aussi lourdes de dangers.

Sur le colloque de Paris, consulter l’article du Monde ou encore ceux sur InternetActu.net (article 1 et article 2).

A Bruxelles, le workshop Are you Ready for the Internet of Things? à iMAL était organisé par Rob Van Kranenbourg et produit par Council et Tinker.it, la société commerciale construite autour de l’Arduino. Voir le rapport, la liste des invités et toutes les infos sur les organisateurs sur www.theinternetofthings.eu.

Avec plus de 100 participants venus de toute l’Europe, Rob a réussi son pari audacieux de réunir des publics très différents qui habituellement ne se rencontrent pas: à la fois des industriels, des managers de la Commission européenne, des architectes, designers, scientifiques, ingénieurs mais aussi des artistes, des activistes et des hackers pour discuter librement sur le futur des infrastructures technologiques et cadres légaux et politiques à mettre en place pour un développement harmonieux, ouvert et utile de l’IoT.

Quelques-uns des invités:
- Usman Haque avec entre autres son projet Pachube,
- l’activiste hacker et média artiste Jaromil qui a présenté le projet www.f1x.eu (alerte libre - non censurable - basée sur twitter) ainsi que la Charter for Innovation, Creativity and Access to Knowledge,
- Mélanie Rieback et son RFID Guardian,
- Karmen Franinovic et ses nombreux projets dans l’espace public,
- Karim Amrani et ses jeux augmentés (son Zermooma, ou ‘le monde virtuel dans l’espace physique’),
- des participants venus parfois de bien loin, comme l’artiste designer finlandais Tuomo Tammenpää (voir son TileToy et son blog misusage.org) un des initiateurs de l’Open Hardware and Design Alliance, un des résultats du GOSH! summit.

IoT by RobSur le sujet ‘Internet of Things’ et ses implications socio-politiques, voir wikipedia, le Spime de Bruce Sterling ou encore consulter le livre ‘The Internet of Things’ écrit par Rob Van Kranenbourg et gratuitement téléchargeable ici.

Quelques étudiants de l’Erg en Arts Numériques on joué les reporters tout au long de cette journée: voir le blog qu’ils ont réalisé (merci à Raphaël, Vincent, David - super la vidéo et les interviews de Karim Amrani et Tuomo Tammenpää). De même, on retrouvera les interventions de la soirée publique dans les archives des streams vidéo d’iMAL.

online Media Art History

Tuesday 8 September 2009

mediarchiveJusqu’il y a quelques années, on trouvait peu de sources documentaires audiovisuelles en ligne sur les arts technologiques (ou médiatiques hors vidéo). Paradoxe car finalement pour décrire ces arts basés sur le temps et les processus, rien ne vaut une documentation multimédia. A part quelques cd-roms avec parfois des documents vidéo (comme l’excellent ‘Actualité du virtuel’, proceedings multimédia de la Revue Virtuelle du Centre Pompidou édité en 1996), on ne trouvait alors pas grand chose sur Internet.

Avec Ars Electronica qui bat son plein à Linz, je découvre les Archives d’Ars Electronica proposant 25 ans de documentation sur le festival, les prix, les projets, les artistes… Une bonne occasion pour remettre à jour une liste de sites de ressources documentaires sur l’histoire des arts médiatiques qui s’épaissit de jour en jour. Et aussi d’explorer les différents designs des “archives browsers” et autres interfaces utilisateurs pour naviguer dans ces bases hypermédia.
- V2_ archive: toutes les activités de V2_ depuis 1993 avec les projets, les festivals et nombreuses vidéos sur les oeuvres et interviews d’artistes. Conception impeccable.
- netzspannung.org : database of media arts & electronic cultures. Voir son MediaFlow browser.
- Media Art Net : ou medienkunstnetz.de
- Database of Virtual Art : documente l’art des installations numériques.
- Media Art Histories Archives: archiving the Histories of Media Art, Science and Technology
- compArt DaDA : axée dans un premier temps sur les débuts des digital arts, de 1950 à 1979 (added 26/3/2010).
- GAMA media art archive, un projet européen proposant les archives sur les arts médiatiques de 8 institutions européennes dont Argos (BE) et Ars Electronica. Mais attention, ici ‘médiatiques’ ne signifie pas toujours ‘new media’ mais souvent ‘vidéo.

Les artistes aussi postent de plus en plus des documentations vidéos de leurs travaux sur YouTube, Vimeo ou autres. Voir par exemple, David Rokeby et ses vidéos sur YouTube.

La Fondation Daniel Langlois à Montréal travaille en récoltant la documentations sur les oeuvres et en en constituant des dossiers dans un souci de préservation mais que l’on commence à trouver en ligne. Ils sont composés d’interviews, documents de l’artiste, textes sur le contexte, fiches techniques détaillées. Voir par exemple les dossiers en ligne sur:
- Rafael Lozano-Hemmer, Subtitled Public (2005)
- David Rokeby, Machine for Taking Time
- David Rokeby, The Giver of Names (1991-)

Archéologie: Aspects, le Computer dans l’Art Visuel - 1981

Tuesday 9 June 2009

AspectsOn trouve de tout aux Puces de Bruxelles… Comme par exemple ce bouquin de 1981 écrit par Roger Coqart: Aspecten, de Computer in de Visuele Kunst, et publié à Bruxelles par le disparu “International Centrum voor Structuuranalyse en Constructivisme”. C’est en 3 langues (NL, EN, FR) avec des articles d’introduction de Herbert Franke, Robert Mallary (Six Levels of Cybernetic Sculpture), Aaron Marcus (A Computer Graphics Course for the Two Cultures), François Molnar (Création par ordinateur ou création assistée par ordinateur), Harold Cohen (Parallel to Perception: Some Notes on the Problem of Machine-Generated Art). Vient ensuite la présentation de 23 artistes du monde entier parmi lesquels figurent pas mal de noms que je connaissais pas:

Colette & Charles Bangert (USA), Manuel Barbadillo (ES - voir aussi le site atariarchives.org), Klaus Basset (DE - voir le pdf “Visual Intelligence, First Decade of Computer Art, 1965-75″ ou sa version texte ici), Groupe de Belfort (FR), Peter Beyls (BE), Harold Cohen (USA), Roger Coqart (BE), Herbert W. Franke (DE), Julius Guest (AUS), Sozo Hashimoto (JP), Miljenko Horvat (CDN), William Kolomijec (USA), Ruth Leavitt (USA), Robert Mallary (USA), Aaon Marcus (USA), Manfred Mohr (DE), Vera Molnar (FR), Duane Palyka (USA), Reiner Schneeberger (DE), Lilian Schwartz (USA), Christopher Tyler (GB), Edvard Zajec (YU), Vilkjo Ziljak (YU)

La bibliographie compte plus de 40 pages!

Alors bien sûr, à cette époque, la plupart des travaux sont du ‘computer drawing’ sur papier même si quelques uns tâtent des CRT et même des environnements virtuels. Mais les questions et problématiques sont elles toujours là… Intéressants de voir ce que certains de ces artistes (ou ingénieurs ou inventeurs) sont devenus et d’autres sont inexistants sur le web.

Quelques autres sites:
atariarchives.org, Artist and Computer
Early beginnings of (digital) computer art
I am Still Alive, Computer Art from the MCA Zagreb collection
Digital Art Museum, Berlin
le pdf “Visual Intelligence, First Decade of Computer Art, 1965-75″ de Frank Dietrich.

1ère Biennale “figures de l’interactivité”

Sunday 16 November 2008

1ere Biennale Figures de l'InteractivitéLe mercredi 19 novembre, il n’y aura pas cours: je suis un des intervenants à la 1ère Biennale “figures de l’interactivité” qui se déroule à Poitiers à l’initiative de l’Ecole Supérieure de l’Image. Le thème de cette première édition est “Cinéma, Interactivité et Société” et rassemble des artistes tels que J-L Boissier, Victor Burgin, Jim Campbell, Luc Courchesne,  Jeffrey Shaw, Masaki Fujihata, Steina Vasulka,…
Tout le programme se trouve en ligne sur www.figuresinteractives.com

En attendant, sur ce sujet du nouveau cinéma à l’heure du logiciel, allez voir le Software Cinema de Lev Manovitch, la page sur le workshop SLIDERS de l’année passée, ou expérimentez le Korsakow System de Florian Thalhofer (manuel disponible ici). Florian sera un des intervenants au prochain workshop ‘Any Media Documentary‘ à Mediamatic, Amsterdam, fin Novembre.

Why Art in Virtual Worlds?

Tuesday 4 November 2008

avatar mattesLe dernier numéro (31/2008) du magazine électronique du CIAC (Centre International d’Art Contemporain de Montréal) est en ligne et entièrement consacré aux formes d’art dans les mondes virtuels en ligne (Second Life, World of Warcraft,…).
A lire sur www.ciac.ca/magazine/sommaire.htm

Au sommaire: une introduction de Patrick Lichty, des articles en Anglais et Français d’auteurs (artistes, critiques, théoriciens) tels que Fred Forest, Domenico Quarenta, Pau Waelder, Paule Mackrous,…

Machine Vision: Snow, Vasulka, Rokeby,…

Sunday 26 October 2008

snow-regionCentraleLors d’un des derniers cours (en liaison avec l’exercice de début d’année), j’avais rapidement parlé du travail Machine Vision de Steina Vasulka dont les préambules datent de 1976. Mais il ne faut pas oublier en 1971, le travail de Michael Snow avec son fameux “la Région Centrale” que l’on peut voir sur ubu.com (un des meilleurs sites de documents audiovisuels d’artistes). Le parallèle est assez évident et en googlant pour trouver des documents mettant ces 2 oeuvres en liaison, je tombe évidememment sur l’excellent blog ‘Conversations with Space’ de Hc Gilje qui publie plusieurs articles sur ces sujets dans sa catégorie ‘camera’… voir ici. Hc Gilje est un artiste norvégien invité plusieurs fois à iMAL (entre autres avec 242.pilots en 2002 et puis en 2007 - voir video ici).
rokebyComme HC Gilje, je ne peux manquer ce citer un des continuateurs de toutes ces explorations avec les caméra-machines: David Rokeby avec des travaux tels “Watch’, ‘Seen’ ou ‘Machine for Taking Time’ dont on peut voir la vidéo documentaire sur YouTube. A noter que David Rokeby semble avoir mis l’intégrale de sa documentation video en ligne. A voir sur sa page YouTube! A ne pas rater, son Sorting Daemon de 2003 (en réaction aux mesures de surveillance ‘anti-terroristes’ après le 9/11), où l’on voit comment la caméra-machine couplée à l’intelligence computationnelle peut devenir démoniaque.
Je ne peux m’empêcher de citer ubu.com sur la Région Centrale: Snow presents a reflexive impression of the camera as the ultimate transformative, creative apparatus, capable of any magic. Google et Internet ne forment-ils pas une de ces caméras ultimes et globales d’aujourd’hui? ( voir mon article précédent sur goo(…)rama ).

Art et Internet, les nouvelles figures de la création

Saturday 13 September 2008

Petite revue du livre Art et Internet, Les nouvelles figures de la création par Jean-Paul Fourmentraux, CNRS editions, 214pg, 2005

fourmentrauxLes livres d’universitaires (français) sur le Net Art sont trop rares, et en voici un particulièrement intéressant!
L’auteur propose une sociologie pragmatique du Net Art ou de l’art sur Internet. Débarassé de tout à priori (ex. ontologie de l’oeuvre d’art), il ne s’intérèsse pas à l’oeuvre une fois finie mais plutôt à ses processus d’élaboration, production et diffusion: il explore et analyse à partir d’études de cas concrets comment l’oeuvre - au départ intention d’un auteur - s’énonce, se négocie, se fait, se pose, se médie entre auteur, informaticien, producteur culturel et structure d’accueil, machine et lecteur-acteur/public.
A partir de la notion de dispositif revue dans le contexte du Net Art (composants autonomes - tels que programme, interface, contenus - parties d’un système non dissimulé), d’un examen de l’importance de l’interface (l’interface utlisateur qui permet l’interactivité et l’accès à l’oeuvre), il élabore une typologie d’oeuvres principalement basée sur les rôles du lecteur-acteur (de la navigation, contribution, altération jusqu’à l’altercation). Il en arrive à poser la nouvelle nature de l’oeuvre Net Art, à savoir processus en constant devenir plutôt qu’objet fini. Dans le contexte Internet où environnement de création, support de l’oeuvre et espace d’action et de diffusion ne font plus qu’un, l’acte de la médiation de l’oeuvre est mis en évidence, comme souvent aussi faisant oeuvre.
Au cours de son analyse, Fourmentraux s’appuiera formellement sur les relations auteur/machine/lecteur au risque de ne pas toujours cerner la vraie nature du Net Art mais plutôt de rappeler certaines spécificités des arts numériques, car ce trio recoupe aussi toute l’histoire du computer art bien avant le on-line ( generative art, algorithmic art, interactive art, art télématique,…), comme le témoigne d’ailleurs les nombreux exemples qu’il donne où trop souvent Internet se réduit à un vecteur de diffusion de formes numériques déjà connues (par ex. sur cd-rom).
Il poussera la définition de l’oeuvre en tant que processus jusqu’à considérer le dispositif et ses constituants comme dans un flux permanent et continu de changements nourris par la boucle feedback auteur / machine / lecteur-acteur. Si le Net Art est donc théoriquement potentiel d’oeuvres à la fluidité et instabilité extrêmes, échappant en partie à leur auteur et interrogeant les définitions classiques de l’oeuvre d’art, je ne vois pas encore aujourd’hui d’exemples aussi extrêmes, et d’ailleurs Fourmentraux n’en donne pas non plus.
En s’attachant à des grilles d’analyse formelles, Fourmentraux passe peut-être - pour moi - à côté d’autres réalités tout aussi fortes du Net Art: oeuvres sans interactivité, sans contribution ni modification par les utilisateurs (mais profondément Net, ex. fascinum de Christophe Bruno), ou encore toutes ces oeuvres aux dimensions politiques et activistes autant qu’artistiques, ses projets parfois techniquement complexes - mais qui sans remettre en cause les conventions et formes superficielles d’apparance, d’usage, d’interaction ou d’interface du médium Internet (en en jouant plutôt) - sont de véritables opérations hautement médiatiques, stratégiques, politiques et artistiques (iconoclastes, provocantes,…), se déployant dans plusieurs contextes (milieux de la net-culture et des sphères culturo-sociologiques), aux sens multiples, et générant de nombreux dérivés (discussions, polémiques ou encore objets se retrouvant sur le marché de l’art). Voir par ex. les projets de 0100101110101101.org, des Yes Men, de etoy, ou des projets tels Re-Code Liberating Capital ou encore GWEI en 2005 (après la parution de ce livre).
Un ouvrage à lire absolument tout autant pour les questions passionnantes que pose le Net Art sur la nature de l’oeuvre d’art et sa sociologie, que pour cette approche du sociologue où des concepts que j’utilise tous les jours en tant que praticiens (ex. interfaces, dispositifs, médiation, interaction, interactivité, auteur, lecteur/acteur) sont définis rigoureusement.

Liens:
- revue, compléments et liens sur wreck-this-mess
- une page sur l’auteur

3 expos dans l’air du temps digital

Tuesday 5 August 2008

deep ScreenEn 2008, 3 expos ont eu lieu autour du digital dans l’art contemporain: en Avril, “Holy Fire, art of the digital age” à iMAL (Bruxelles) ouvrait le feu, puis fin Mai au Stedelijk Museum suivait ‘Deep Screen, art in digital culture‘, exposition en vue des acquisitions 2008 du musée d’Amsterdam. Et enfin en Juin “Synthetic Times” au Musée National d’Art de Pékin.
Si deux furent courtes et sont maintenant terminées, il reste encore ‘Deep Screen’ à voir jusque fin Septembre. Pour les autres, on consultera les sites webs respectifs, ressources documentaires pour tout qui s’intéresse aux évolutions de l’art contemporain dans la société technologique actuelle. A lire les essais de contributeurs connus tels Peter Weibel, Oliver Grau ou Friedrich Kittler sur le site de Synthetic Times. Pour Holy Fire, un superbe catalogue Anglais/Français est disponible à côté des nombreux textes sur le site.

Est-ce significatif? Probablement, oui. A côté de modestes centres d’arts orientés nouvelles technologies tels iMAL, on voit maintenant de grandes institutions ‘traditionnelles’ accepter le numérique et ses nouvelles approches conceptuelles et esthétiques dans l’art. Reconnaissance ou simple conséquence d’une évolution inévitable?
En tout cas, pour le Musée de Pékin, il semble que cette expo ait été la plus importante en Chine depuis l’expo de Robert Rauschenberg en 1985… Comme quoi l’art numérique est bien l’art de notre temps pour les grands pays émergents.
Voir les vidéos:
celle de l’ouverture d’Holy Fire à iMAL à Bruxelles.
ma vidéo lors de l’inauguration de Deep Screen à Amsterdam ou celle disponible sur le site officiel.

encore 2007: CITU, Outlab

Monday 14 January 2008

Bon, je suis en retard, mais autant en parler avant qu’il soit trop tard. Le 19 Novembre, je suis allé à Paris (pas de chance, c’était en pleine grève des transports en commun), à Outlab 07, journées de présentation public du CITU, conjonction de 3 laboratoires universitaires de Paris: le Ciren de Jean-Louis Boissier et Liliane Terrier (Paris 8 ), Paragraphe, l’ancien labo de Jean-Pierre Balpe, et le LAM (Paris 1), le labo d’Anne-Marie Duguet.

On y présentait le meilleur du cru 2007 du Citu. Pour le Ciren, citons le blog de documentation et d’analyse des arts des nouveaux médias, cette excellente étude sur les Médias Locatifs (à base de GPS), ou encore Samuel Bianchini avec son installation niform utilisant ces nouvelles caméras 3d et des logiciels développés par ExperiensS (2 anciens de la défunte kitchen). Ou encore ce blog du Paragraphe sur l’évolution des villes à l’ère numérique, Hyperurbain.net, ou cette installation de Thierry Fournier réalisée avec ses étudiants de Nancy, Feedback Room dont voici une vidéo (il manque juste le feedback vidéo):

Silicon remembers Carbon: Rokeby at CCA

Monday 3 September 2007

rokeby at CCAMes étudiants ou ceux qui suivent mes workshops le connaissent: je montre souvent les oeuvres de David Rokeby; j’aime le travail de cet artiste et développeur génial dont la démarche depuis 20 ans est d’explorer l’essence de l’humain par les machines qu’il nourrit de ses programmes, hypothèses de nos fonctionnements: comment on voit, on pense, on parle, on bouge,…

L’expo rétrospective que vient de lui consacrer le centre FACT à Liverpool était probablement une première ; elle est maintenant à Glasgow au Centre d’Art Contemporain (peut-on y voir un signe que l’art contemporain s’intérresse tout doucement au artistes numériques?)

Si vous n’êtes pas dans les parages, lisez au moins les nombreux textes en ligne sur le site de l’expo; ou encore cette interview en vidéo réalisée lorsque je l’avais invité à iMAL pour un workshop en 2003.

expo makedo : high+low tech, old+new media

Monday 27 August 2007

makedo at V2Fin juin, autre expo de fin d’années : celle des étudiants en première année du Master ‘Media Design‘ à la Piet Zwart Institute de Rotterdam.

Dirigé par Florian Cramer (récemment primé à Ars Electronica 07 pour sa recherche sur le code - voir son texte “Exe.cut[up]able statements: The Insistence of Code” ), le programme Media Design est axé sur ces dynamiques issues de l’ordinateur et du réseau, où se définissent aujourd’hui les enjeux esthétiques, sociaux, politiques, techniques, économiques… et ce dans une approche complètement open source et orientée vers le code.
L’expo makedo est exemplaire de l’attitude critique ‘do-it-yourself’ des étudiants et professeurs au travers d’objets entre low et high tech, old and new media, tentant de rendre tangible les processus computationnels et de réseau.

Comme petit aperçu, voici cette vidéo où Florian Cramer explique le projet ‘Movable Type’ de Ricardo Lafuente.

Conversation with Spaces: HC Gilje’s blog

Sunday 6 May 2007

HC Gilje est un artiste visuel norvégien, créateur d’images pour le théâtre et la danse, concepteur d’installations, membre du trio de live audiovisual improvisation 242.pilots primé à la Transmediale 2003 (dvd 242.pilots in Brussels à l’invitation d’iMAL). Il est maintenant en résidence de recherche à l’Académie des Arts de Bergen (KHIB) pour 3 ans jusque fin 2009 dans le cadre d’un ‘Research Fellowship in the Arts’ (équivalent à un doctorat ou Phd en Arts - notons qu’il n’existe rien d’équivalent en Belgique).
HC Gilje se concentrera sur comment les technologies audiovisuelles peuvent être utilisées pour transformer, créer, étendre, amplifier et interprèter l’espace physique. Sujet bien dans la ligne de nombreuses démarches actuelles autour de cette informatique omniprésente (’ubiquitous computing’) qui envahit notre monde quotidien, fusionne le monde physique au monde digital.
HC ouvre un blog autour de son travail de recherche: hcgilje.wordpress.com
A suivre.

an invitation to play

Sunday 7 January 2007

antiromJ’ai récemmemt découvert le blog d’Andy Polaine, un des fondateurs du collectif antirom, studio new média créé à Londres au milieu des années 90 et qui commit ce fameux cd-rom du même nom. Une des préoccupations d’antirom était d’explorer ce qui rend une expérience interactive engageante, intéressante. Le cd-rom antirom proposait une compilation de petites pièces courtes, souvent iconoclastes ou absurdes, mais explorant chacune une idée simple d’interactivité.

Les recherches actuelles d’Andy sont dans la même veine, et je ne peux m’empêcher de vous traduire ce paragraphe sur lequel je le rejoins entièrement, extrait d’un petit essai qu’il a publié dans le catalogue de l’exposition Game/Play (Londres, 2006).
Cet essai explore les ‘art games’ et comment et pourquoi ils réussissent (ou ne réussissent pas - cas le plus fréquent) à engager l’utilisateur. Ceci dépend la plupart du temps de la capacité de l’artiste à construire une ‘invitation à jouer’, c’est à dire, d’être capable de nous séduire pour nous entraîner dans un comportement ludique avec l’oeuvre, pour jouer avec elle. Et s’il rate cette invitation, alors tout autre message, contenu ou idée contenu dans l’oeuvre est perdu, non communiqué… et alors à quoi bon faire oeuvre interactive?

Et je rajouterais que ceci est valable pour toute oeuvre interactive. Voir l’article complet sur www.polaine.com/playpen/…

x-med-a : du belge

Tuesday 19 September 2006

x-med-ax-med-a (experimental media arts) est une publication in english éditée en mai 2006 par 4 organisations de culture digitale bruxelloises: f0am, okno, nadine et iMAL (3 flamandes et une francophone). C’est un effort éditorial commun sur les nombreux workshops qu’elles ont organisés ces dernières années avec réflexions, témoignages, expériences de ce qu’est être un artiste technologique ici. Début d’une communauté belge des arts numériques.
A télécharger en pdf de http://www.x-med-a.be
(exemplaire disponible à la bibliothèque).