Archive pour la catégorie 'Expos, Festivals,...'

Laboral : A Toda Maquina

Sunday 6 May 2007

gameworldInvité fin Mars à l’ouverture de Laboral, tout nouveau centre d’Arts et de Création Industrielle à Gijon dans le Nord de l’Espagne, j’ai pu découvrir un projet d’une ambition étonnante dans cette petite province oubliée des Asturies à l’industrie du siècle passé (mines et métallurgie).

laboral - insideOn aurait pu s’attendre à une petite initiative Arts et Nouvelles Technologies d’une commune reculée mais au maire éclairé… Et non, il s’agit bien là d’un projet majeur doté de moyens considérables (plus de 3 millions d’EUR de budget par an), installé dans un immense bâtiment entièrement rénové à l’architecture remarquable des années 50 (12.000 m2 !).

L’exposition inaugurale était à la mesure des ambitions: démesurée! On a pas lésiné sur les moyens pour positionner tout de suite Laboral au plus haut niveau international: 3 expositions simultanées rassemblant près de 200 artistes du monde entier sous commissariat ou jury des plus grandes personnalités ‘Media Arts’ du moment: “Feedback” (commissaires: Christiane Paul, Jemina Rellie, Richard Gere), “Gameworld” (commissaire principal: Carl Goodman) et “LabCyberspace” (exposition suite à appel à projets sous jury composé entre autres d’Alex Adriaanssens/V2 et Gerfried Stocker/Ars Electronica), des interventions dans la ville de Gijon (ex. LED Throwies du Graffiti Research Lab). Même si cette ouverture consacre les artistes connus du circuit, ce week-end fut effectivement grandiose! Tout en déambulant dans ces immenses salles, on pouvait y rencontrer multitude d’artistes (de Harold Cohen à Julian Oliver, Jodi, Sommerer et Migonneau,…), de théoriciens (ex. Lev Manovich), de directeurs de centre d’Arts Numériques (Ars Electronica, V2, Eyebeam,…) venus de toute la planète ‘Media Arts’!

Rosina Gomez-Baeza, figure emblématique de l’art contemporain espagnol (elle fut - entre autres - pendant près de 15 ans la directrice de ARCO, la grande foire d’art de Madrid), dame charismatique, chaleureuse, dynamique, fut une des visionnaires du projet Laboral et en est aujourd’hui sa directrice enthousiaste. Gageons qu’elle aura su mettre à profit ces mois de préparatifs et ce w-e d’ouverture pour nouer les meilleures alliances internationales permettant le décollage rapide d’un projet novateur, un vrai pari sur l’avenir de l’art en liaison avec l’industrie et les nouvelles technologies.

Laboral en Asturie serait-il l’équivalent du nouveau Guggenheim à Bilbao dans le pays basque voisin? Les projets sont fort différents: Laboral n’est pas un musée et se veut un centre d’arts en liaison étroite avec l’industrie et la recherche, son architecture - même remarquable - et son implantation ingrate en dehors de la ville n’ont rien à voir avec le bâtiment emblématique de Frank Gehry en plein centre de Bilbao. S’il faut chercher des modèles, c’est plus du côté de Ars Electronica à Linz ou du ZKM à Karlsruhe. En tout cas, ceci montre une fois de plus la volonté et le dynamisme de l’Espagne en ce domaine de l’Art et des Nouvelles Technologies, à côté de Hangar à Barcelone, Media Lab Madrid, de Zaragoza Milla Digital et des nombreuses initiatives dans les universités et écoles d’art et de design (ex. Mecad, Univ. Pompeu Fabra).

Les 3 expositions inaugurales se terminent fin juin. Après une ouverture si grandiose, on attend impatiemment l’annonce de la prochaine programmation. En tout cas, si vous êtes en Espagne cet été, il y a maintenant une nouvelle destination: Laboral, Gijon.
Liens:

- sur Gameworld par Julian Oliver: www.selectparks.net/…
- flickr photos par desdeasturiascom , Aram Bartholl, Douglas Edric Stanley, urban_data (LED Throwies), ou de Jonah Brucker-Cohen.

DEAF07 / Rotterdam, Critical Design / Hasselt

Saturday 24 March 2007

A voir en avril, le Dutch Electronic Art Festival organisé par V2_, du 10 au 29 Avril à Rotterdam. Thème de cette 8ieme édition: Interact or die! Organisé tous les 2 ans, le DEAF coïncide cette année avec le 25ieme anniversaire de V2_, Institute for Unstable Media.

duneEt en Belgique à Hasselt au Centre d’Art Z33, ne pas rater l’exposition sur ‘Designing Critical Design’ avec entre autres Anthony Dune, directeur du département Design Interactions au RCA de Londres. Une exposition proposant des objets expérimentaux et des projets hypothétiques pour consommateurs d’aujourd’hui ou de demain. A lire les articles (part 1 et 2) de Régine sur wmna, et son interview de Dune.
Une initiative révélatrice pour un centre d’art tel que Z33: la frontière entre design et art est de plus en plus floue, le design peut poser des questions aussi critiques que l’art, on est loin de l’objet d’art unique, et les objets de consommation seront souvent conçus par des artistes/designers. Jusqu’au 6 Juin 2007. Plus d’infos sur Z33.be.

Transmediale 07 : unfinish!

Wednesday 7 February 2007

tm07Comme pas mal d’autres, je suis revenu de la Transmediale 2007 plutôt déçu. Oui le festival de Berlin (450.000 EUR de budget) nous avais habitué à plus et à mieux. Se retrouver là du monde entier pour une expo si petite et si peu de performances. Clairement “unfinished”. Signe révélateur, le programme du Club Transmediale est maintenant plus gros que celui de la Transmediale.

L’exposition
La Transmediale n’en finit plus de discuter depuis des années sur la reconnaissance des arts médiatiques par le monde de l’art contemporain. A force de se perdre dans cette quête inutile, sans intérêt et sans fin (qu’est ce que l’art), elle en oublie de nous faire découvrir ce qui se fait de plus excitant dans la création artistique avec les technologies et leurs expressions spécifiques (code, interactivité, simulation, collaboration,..). Au contraire, l’exposition rejoint le cliché de la galerie d’art aux murs blancs couverts de cet art vidéo devenu conforme, obligatoire et ennuyeux. Heureusement il restait le déjà classique (2002) Taken de David Rokeby, le simplissime et jouitif Random Screen de Aram Bartholl, et le mystérieux Roots de Roman Kirschner.

Media Art Undone
Comme l’expliquait si bien la pragmatique Olia Lialina lors du débat ‘Media Art Undone’, si on veut entrer dans les galeries d’art, alors utilisons des ordinateurs qui respectent leur “code”, conçus comme des tableaux à accrocher au mur. Et puis pourquoi aller dans des galeries et musées, quand Internet permet une audience bien plus grande, grâce entre autre aux ‘blogs arts’ : mieux vaut un court article sur le blog de Régine (sic) qu’une expo dans un musée vide. Julian Oliver croisé dans les couloirs me confirmera cet état de fait: Internet est bien un média de masse pour les artistes, son dernier projet Packet Garden vient d’être téléchargé 45.000 fois en moins de 3 semaines…

Les Awards
Le jury des Transmediale awards semble lui aussi s’être écartelé entre ce besoin d’entrer dans le monde de l’Art contemporain officiel tout en gardant un reste d’identité “numérique”: un premier prix pour une vidéo de l’artiste belge Herman Asselberghs, un 2ieme prix partagé entre les “pie chart” algorithmiques d’Antoine Schmitt (très présentables quand si joliment accrochés aux murs blancs) et encore une autre vidéo… Art du compromis à la belge émanent d’un jury composé pour une fois d’une de nos compatriotes?

Tesla et ailleurs
Enfin, comme toujours la Transmediale ce n’est pas que l’expo et les conférences proposées: il y a heureusement d’autres choses à visiter, souvent plus intéressantes tels les studios des artistes technologiques résidant au Tesla (voir wmma et playpen pour un descriptif). Et puis, il y avait, coïncidence, la très impressionnante exposition “Beyond Cinema” au Hamburger Bahnhof Museum sur 60 ans d’installations avec images projetées où on voit toute l’originalité et la force de l’art video dans ses débuts (quand il était ignoré des institutions d’art) et meilleurs exemples.

Alors la Transmédiale continuera-t’elle à nous ennuyer ou restera-t’elle le festival où l’on découvre le meilleur de la création émergente, celle qui justement n’a pas encore sa place dans les musées ou galeries d’art…

Liens
A lire, les revues de Régine sur wmmna ou d’Andy Polaine sur Playpen (voir aussi son article Lowbrow, High Art: Why Big Fine Art Doesn’t Understand Interactivity)

mapping à la Paiement

Sunday 28 January 2007

Alain PaiementC’est la première fois dans ce blog que j’écris sur un artiste non numérique… et pourtant, le travail d’Alain Paiement exposé actuellement chez Contretype, bien que photographique, n’en est pas moins d’une modernité toute digitale: ses ‘mappings’ pourraient préfigurer la prolongation des reconstructions de Google Map au niveau de nos lieux privés.
Alain s’intéresse depuis les années 80′, bien avant l’existence de Google, à ces reconstructions photo-géographiques, à ces processus de scan et visualisation de nos architectures de vie. Mais ils prennent aujourd’hui une toute autre résonnance… Les images de Google Map ne sont jamais que le résultat de l’algorithme de reconstruction utilisant les prises de vue satellitaires et sorti des programmeurs de Google. A mettre en parallèle avec les ‘photos-mapping’ d’Alain, fruits des processus mentaux de l’artiste recombinant ses propres prises de vues photos.

Transmediale, the game is up!

Thursday 25 January 2007

IcebergFévrier chargé: comme depuis quelques années, j’irai faire un tour (plus court cette fois-ci) à la Transmediale de Berlin; bien curieux de voir comment cela évolue…

Et plus près de chez nous à Gand, du 7 au 16/2, à ne pas rater le festival ‘The game is up‘ au Vooruit avec des pointures telles que Stelarc, The Yes Men, Golan Levin et Jaap Blonk (dans leur incroyable performance de Ursonata)… On y trouve même les artistes primés à la Transmediale l’année passée (ex. Agnes Meyer-Brandis - voir mon billet sur la transmediale 2006) ou nominés cette année (ex. Antoine Schmitt). Finalement, faudra plus aller à Berlin (mais bon Gand c’est pas le même style de ville).

Pocket Films Festival: appel à participer

Thursday 18 January 2007

PocketFilms festivalLa prochaine édition du festival de films réalisés avec téléphone mobile, le festival PocketFilms de Paris, aura lieu en juin 2007 au Centre Pompidou. J’avais eu l’occasion d’assister à une soirée de l’édition 2006, et je dois dire que j’avais été surpris du rendu video des derniers gsm (les défauts en deviennent parfois des qualités), du type de réalisations qu’ils permettent… avec pas mal de bonnes surprises dans les clips projetés.
L’appel à participer est lancé: date de clôture pour le 30 mars. Donc si vous avez un gsm dernière génération, que vous vous sentez inspirés, allez-y! Tous les genres sont acceptés.

voir le site www.festivalpocketfilms.fr

Salt Lake + Héroïne : happy 2007

Wednesday 3 January 2007

Salt LakeBonne Année 2007! et tout et tout de bon… Alors pourquoi pas 2 petites oeuvres digitales exposées dès ce 4 janvier à Ixelles: Salt Lake de Tom Heene et Yacine Sebti, et Héroïne de Pascale Barret, 2 installations entre descente aux enfers et montée au ciel.

Bon je fais un peu la pub de mon association iMAL… mais faut que ça bouge en 2007!

un mi-novembre chargé

Monday 13 November 2006

grapheme - cleempoelBeaucoup de choses à Bxl à partir du 16 novembre: festivals AV.XL et Cimatics, Mediaruimte
Une sélection? A voir par exemple l’installation Graphème de Michel Cleempoel à AV.XL (ouverture le 17 nov.) ou encore au Mediaruimte à ne pas rater samedi 18 à 20h00 la performance sCrAmBlEd?HaCkZ! de Sven König, et bien sûr Scanner avec son ‘generative live cinema’ Blindscape à Cimatics (aussi le samedi mais à 23h30…).

Transmediale 2006: the report

Tuesday 21 February 2006

tm2006 - grta.netCe rapport est non exhaustif car il est impossible de tout voir entre le choix des conférences, screenings, performances, expositions…

Malgré le déménagement à l’Akademie der Kunst (un lieu bien plus petit que la Haus der Kulturen des éditions précédentes, un lieu trop exigu, étouffant, moins convivial), malgré son évolution plus “artistiquement correcte” ou sa crise identitaire, la Transmediale de Berlin reste un évènement majeur dans la culture digitale. Le week-end, on se marchait sur les pieds, nombreux publics berlinois se mélangeant au petit monde international des arts éléctroniques, toujours bien présent de partout.

Smiling Machines
L’exposition “Smiling Machines” d’Anne-Marie Duguet semble avoir été un succès si l’on en juge par la foule et les nombreux articles dans la presse allemande. Une expo grand public, plus art vidéo et art contemporain que la dernière émergence des bidouilleurs numériques, rassemblant des oeuvres des années 60 jusqu’à 2005. Une expo que l’on pourrait voir sans problèmes dans un Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Certains purs et durs le regretteront, mais rétrospectivement c’est plus cohérent que bien des expositions des années précédentes où l’on cotoyait le pire et le meilleur, la démo technologique l’emportant trop souvent. “Smiling Machines” traite de l’humour avec les machines, des absurdités et couacs parfois drôles des technologies, de l’humour et la dérision comme tactique médiatique et artistique, du canular médiatique… Cela va de la pseudo-science (”fake science”), des ratés des jeux vidéos, des pratiques activistes tels que les Yes Men, en passant par quelques robots artistiques à la simplicité désarmante (le génial “Petit Mal” de Simon Penny et le caractériel “Helpless Robot” de Norman White dont l’auteur propose maintenant le code sur Internet), à des installations vidéos des historiques Muntadas et Nam June Paik.

Readme 100 (software art)
Les conférences ne me passionnent pas trop, je le reconnais. Mais bon, j’ai quand même assisté au panel d’Alex Shulgin, un des fondateurs du site software art www.runme.org présentant “Readme” et sa dernière édition, Readme 100, Temporary Software Art Factory, tenue à Dortmund en 2005. Les proceedings réunissent pas mal d’articles sur le software art, ils sont pubilés en book-on-demand mais aussi disponibles en pdf (voir readme.runme.org). Parmi les projets réalisés, citons Reject Me, (génération automatique de lettres d’employeurs pour montrer au chômage que vous cherchez du boulot), ou aPpRoPiRaTe! projet jouant sur les systèmes de compression vidéo pour démontrer que copie téléchargée n’est pas l’original.

Les Prix
La Transmediale, c’est aussi les “awards” avec l’exposition des nominés et la traditionnelle soirée de proclamation des lauréats (voir résultats). Comme pour l’exposition, le jury suit la même tendance d’évolution vers un festival moins focalisé sur la technologie mais plus sur l’artistique, vers une identité moins radicale numérique mais plus art contemporain. A d’autre années, on aurait facilement vu un projet comme Google Will Eat Itself (GWEI) récompensé. Ici le premier prix a été décerné au projet tendance pseudo-scientifico-poétique, le délirant et rigoureux SGM-Iceberg-Probe d’Agnes Meyer-Brandis.
Revirement facile, oubli des slogans des années passées, traîtrise pour certains… lire par exemple l’article “Good Bye Reality! How Media Art Died But Nobody Noticed” de Armin Medosch sur mazine.ws , le webzine du dynamique media art postgraduate au Ravensbourne College.

Satellites
La Transmediale c’est aussi d’autres lieux et évènements satellites à travers Berlin. Le Club Maria où l’on se retrouve dans le bruit et la fumée jusqu’aux petites heures, pour des concerts et performances audiovisuelles ou (parfois mieux) le bar… Le Tesla, laboratoire accueillant en résidence des artistes qui nous présentent leurs oeuvres dans leurs ateliers (le délirant Takumi Endo avec son projet Phonethica et sa fonderie artisanale de sons sur coulée de cire avec ses robots muraux lecteurs-phonographes!), le C-base, hacker club au décor startrekien proposant cette fois-ci une exposition des étudiants de la Digitale Media Class de l’Université des Arts de Berlin . Quelques exemples à retenir, le projet CadBoots de Martin Frey ou le projet Mirrr démontrant la vitalité de ses écoles d’art médiatiques…

Ecoles Digitales
Car la Transmediale, c’est aussi cela, une vitrine pour les écoles et un point de départ pour leurs jeunes artistes: ainsi le projet 1er prix SGM-Iceberg-Probe d’Agnes Meyer-Brandis ancienne étudiante de l’Ecole Supérieure des Arts et Médias de Cologne (www.khm.de), ou le projet nominé Roermond-Ecke-Schönhauser de Markus Kison étudiant de la Digital Media Class de Berlin, projet posant dans une réalité physique ces scènes de webcams nous montrant des images réelles tirées de contextes virtuels (à imaginer). Ainsi toutes ces tables et autres surfaces envahies des nombreux folders, brochures et autres de toutes ces écoles en Europe (aucune belge…); ainsi les nombreux étudiants allemands et européens (comme toute cette classe d’une école d’art de Tourcoing, où l’on semble démarrer sur les chapeux de roue une section arts numériques).

Et alors…
La Transmediale change, finie la radicalité activiste et politique des débuts, finie la réflexion politique et sociale sur les technologies dans la société de l’information, finis les artistes électroniques marginaux et fiers de l’être ? En tout cas un style différent… bien dans une certaine évolution où les arts médiatiques sont simplement les arts actuels. Vous en voulez une belle preuve: on y a même vu des représentants de la Communauté française de Belgique et du cabinet de la Culture ! C’est tout dire que tout ces pratiques sont entrain de devenir complètement banales et reconnues et que l’on va voir tous les politiques et cultureux s’y engouffrer fort opportunément. Mais les questions artistiques, esthétiques, politiques et sociales restent entières… nous le savons, il faudra (il y aura) toujours des pionniers, des chercheurs et des artistes.

Liens:
- le site officiel www.transmediale.de
- plusieurs articles sur www.we-make-money-not-art.com
- articles de Marie Lechner (Libération) sur Smiling Machines et sur le 2e prix, Burn Station des espagnols Platoniq.
- l’article “Good Bye Reality! How Media Art Died But Nobody Noticed” de Armin Medosch sur mazine.ws
- et si vous voulez voir l’ambiance, ne ratez pas le site grtavlog.blogspot.com de George Schütz (encore un étudiant de la khm.de), autobiographiant tous ses déplacements en vidéos diffusées sur podcast (merci pour les 4 images prises des vidéos).
- et puis pour votre culture, voir par exemple les textes de Simon Penny sur entre autres “esthétiques et art interactif” à lire sur son site ou les proceedings de ReadMe 100 (software art) en pdf.

n-cha(n)t de David Rokeby @ say it now, Gand

Sunday 12 February 2006

David Rokeby n-cha(n)tLe Vooruit à Gand se met aux arts médiatiques avec le festival “say it now” qui propose du 17 au 25 février des installations, performances, concerts sur le thème de la parole et sa représentation.

Une occasion parfaite pour exposer l’installation n-cha(n)t de David Rokeby, une oeuvre explorant notre connaissance du language au travers de modèles linguistiques tels qu’ils peuvent être formalisés, ici par l’artiste programmeur, pour être exécutés par des machines, ici un réseau de 7 ordinateurs bavardant entre eux, jusqu’à converger vers un même sujet de conversation jusqu’à le chanter à l’unisson. Mais cette communion est miraculeuse, fragile, brisée à tout moment par le bruit ou les paroles des visiteurs qui replongeront les 7 bavards dans leur brouhaha chaotique originel.
n-cha(n)t est révélateur des préoccupations de Rokeby : qu’est-ce que l’humain, le langage verbal, le language du corps. Rokeby explore ces questions en établissant des hypothèse concrètes, modèles informatiques, dont l’éxécution nous rend palpables par une expérience directe et interactive la complexité de notre nature.

J’avais vu n-cha(n)t au DEAF04 à Rotterdam; j’en étais ressorti un peu déçu tant l’oeuvre est ambitieuse et prometteuse (lire l’interview). Déception due probablement à la mauvaise mise en place de l’installation, placée juste à côté d’un travail beaucoup trop bruyant perturbant complètement l’écoute (une église serait idéale) mais aussi la reconnaissance vocale des paroles des visiteurs dont les mots vont influer les sujets de conversation des 7 ordinateurs.

Interview de David Rokeby sur n-cha(n)t:
www.swr.de/swr2/audiohyperspace/engl_version/interview/rokeby.html

Interview de David Rokeby sur son travail lors du workshop qu’il fit à iMAL en 2003 (en vidéo):
www.imal.org/drokeby/archives/interviewfr.html

Site de David Rokeby (voir aussi les textes):
homepage.mac.com/davidrokeby/home.html

Festival “Say it now”:
www.vooruit.be/sayitnow/

jeu vidéo, art et compagnie

Thursday 26 January 2006

Cela fait déjà quelques années que les artistes numériques détournent les jeux vidéos, s’approprient leurs formes, codes et clichés narratifs pour développer leurs propres créations ou véhiculer leurs discours. Ainsi on se souvient des “Untitled Games” (1996-2000) du duo belgo-hollandais Jodi explorant les glitches, flickers erratiques et autres interférences de Quake, ou des villes 3D glaciales de Tobias Bernstrup (projets XSeed400, Nekropolis, Postdamer Platz), ou des approches virales de la “corporation” activiste RTMark , ou des jeux de poésie sons+images de l’artiste Toshio Iwai pour Mattel dans les années 90 (SimTunes) et tout récemment pour Nintendo DS avec ElektroPlankton.
Si le sujet vous intéresse, lisez l’article Détournez les jeux vidéos de Laura Baigorri sur le tout nouveau magazine en ligne, Sklung, lancé par Pierre Bongiovanni.

The Endless ForestLe dernier projet du duo belgo-américain Michaël Samyn et Auria Harvey, The Endless Forest, ouvre une direction intéressante. The Endless Forest, jeu 3D en ligne multi-utilisateur, se veut un jeu d’auteur comme évolution nécessaire du médium jeu vers une forme plus artistique, voulant proposer plus que l’expérience souvent basique des jeux 3D habituels. Noble but, peut-être pas si nouveau que cela… A vous de juger sur www.tale-of-tales.com (PC Windows uniquement, c’est pour cela que j’ai pas encore eu le temps d’en faire l’expérience…).

Mais là où les deux artistes d’entropy8zuper innovent, c’est en tout cas dans le modèle économique (ou/et social) avec lequel il lance ce projet pour le moment gratuit: une société sprl, qui d’ailleurs engage un producteur exécutif et un commercial pour trouver le public de ce produit innovant.

The Endless Forest est présenté au festival Artefakt, Leuven, avec plein d’autres choses à ne pas manquer du 13 au 18 février: voir le programme sur www.artefact.vlaamsbrabant.be .