Archive pour la catégorie 'Expos, Festivals,...'

make money not art with a bit of sex and tech…

Friday 8 January 2010

photo mosaic luiCette semaine à Bruxelles avait lieu une vente d’oeuvres d’artistes contemporains au profit d’une organisation d’aide à l’enfance. Cela se passait dans un hôtel de vente très huppé, place du Sablon, et le jour du vernissage de l’expo, tout le gratin aristocrate, mondain et chic de Belgique se pressait autour des petits fours, du champagne et du bric-à-brac de photos, peintures, sculptures où trop souvent le pire côtoie le meilleur.

Ainsi, cette photo mosaïque signée d’une certaine Karen de Mulder digne d’une page d’un magazine érotique des années 70′ et d’une de ces milliers de compositions que l’on trouve sur Internet, s’est vendue trois fois au prix de 8.000 EUR. Faut-il croire au second degré, se dire que l’artiste a voulu ici rendre service, faire oeuvre facile et bien vendable, tout au bénéfice de l’organisation de charité qui organise cette vente? N’en croyez rien, cela semble bien être du premier degré, très sérieux et très rentable. On est bien loin des googleramas de Fontcuberta…
Alors pauvres étudiants en art, pauvres artistes, pourquoi encore hésiter plus s’il vous faut un peu de fric? Prenez un surnom, faites de la merde mêlant un peu de sex et de high-tech, et sans scrupules et avec toute l’arrogance qu’il convient au grand art, vendez la aux riches ou aux parvenus qui aiment cela. Ne vous inquiètez pas: vous ne les volerez pas, cela fera du bien dans votre porte-feuille, et en plus si c’est pour une bonne oeuvre, alors on hésite plus…

PlayList à Laboral: 8-bit / chiptune

Tuesday 29 December 2009

PlayList LaboralJe reviens de mon dernier voyage de l’année, du centre d’art Laboral (Gijon, SP) où j’étais invité à l’ouverture de l’expo PlayList conçue par mon collègue Domenico Quaranta (avec qui j’avais fait Holy Fire en 2008). Pas de chance, je suis parti le vendredi 28, le jour où Zaventem était recouvert de neige. Jamais j’aurais imaginé que 2 ou 3 petits centimètres de poudreuse pouvaient paralyser à ce point un grand aéroport international (dans un monde si technologique, les pistes ne sont-elles pas chauffées électriquement?). J’en fus quitte pour des heures d’attente, de queues interminables, une nuit forcée à Madrid, et bien sûr j’ai complètement raté l’ouverture et le concert audio/video de VJvisualoop

Mais qu’à cela ne tienne, arrivé de bonne heure Samedi, j’ai pu visiter à mon aise PlayList, expo sur le mouvement ‘8-bit’ et la musique chiptune (c’est à dire générée en programmant directement des ‘chips’ ou processeurs simples sur une seule puce).

Si les artistes 8-bit/chiptune recyclent avec joie les veilles consoles de jeux (GameBoy, NES,…) et ordis des années 70 ou 80 (Atari, C64 ou ZX Spectrum), ce n’est pas juste par nostalgie de leurs jouets d’enfance, ou par goût de la prouesse technique de programmer en assembleur un chip de 4k de RAM (la scène des démos n’est pas loin). Il s’agit bien plus d’une attitude subversive, du refus de l’obsolescence planifiée, de cette société de consommation obligeant sans cesse à acheter la nouvelle génération de machines alors que le potentiel des anciennes est loin d’être épuisé, que leurs utopies sont loin d’avoir été vécues,…
Comme le dit Bruce Sterling, nous sommes dans l’ére des ‘Dead Media’, du recyclage permanent. Ou comme l’aurait dit en 2003 (Wired) Malcom McLaren, le manager des Sex Pistols, les musiciens chiptune sont les punks d’aujoud’hui. Ou encore, comme l’a écrit Walter Benjamin, ce n’est que lorsqu’un média devient obsolète, que l’utopie qui l’accompagnait lors de sa naissance peut enfin se révéler car il est alors libéré des contraintes d’utilitarisme, de commodité et de professionnalisme qui l’emprisonnait.

Le catalogue explore bien mieux que cet article tout ce mouvement 8-bit/chiptune et ses implications artistiques, culturelles et politiques. C’est un remarquable ouvrage avec de nombreux textes de référence (de Matteo Bittanti, Kevin Driscoll, Joshua Diaz, Ed Halter, Domenico Quaranta), une riche bibliographie, une discographie (avec les graphiques des pochettes de disque) et un CD mp3.

1bit symphonyL’exposition présente aussi bien des travaux purement audio que des animations programmées sur vieux ordis (voir par ex. sur YouTube celles de Mike Johnston/Mike in Mono sur ZX spectrum) ou en Flash (celles de Raquel Meyers dans le pur style 8-bit), des installations ou dispositifs (comme le fameux Vinylvideo de Gebhard Sengmüller), des documents sur les communautés microbuilder.com et micromusic.net, ou des objets sonores tels que le superbe 1-Bit Symphony de Tristan Perich proposant dans un boitier CD standard, un micro-circuit générant sur une programmation en 1 bit une symphonie en 5 mouvements.

Artistes:

Paul B. Davis (UK), Jeff Donaldson / NoteNdo (DE), Dragan Espenschied (DE), Gino Esposto / Micromusic.net (CH), Gijs Gieskes (NL), André Gonçalves (PT), Mike Johnston / Mike in Mono (UK), Joey Mariano / Animal Style (US), Raquel Meyers (SP), Mikro Orchestra (PL), Don Miller / No-carrier (US), Jeremiah Johnson / Nullsleep (US), Tristan Perich (US), Rabato (SP), Gebhard Sengmüller (AT), Alexei Shulgin (RU), Paul Slocum (USA), Tonylight (IT), VjVISUALOOP (IT).

Liens:
- le site de l’expo PlayList et son catalogue en pdf.
- les photos de Domenico Quaranta et Régine Debatty.
- le site de Domenico Quaranta.
- voir aussi le film “8 bit Movie: a documentary about art and video games” projeté à Art+Game (iMAL, 2006).

Decode / Recode : appel à propositions

Tuesday 15 December 2009

decode/recodeLe Victorial & Albert Museum, vénérable musée d’art et design de Londres, propose actuellement l’expo Decode, digital design sensations, avec des oeuvres illustrant “les derniers développements en design digital et interactif, allant de travaux sur écran à de grandes installations interactives. On y voit des artistes tels que Daniel Brown, Golan Levin, Daniel Rozin, Troika and Karsten Schmidt proposant des pièces anciennes ou créées pour l’occasion. Trois thèmes sont explorés: Code, Interactivity et Network.

Notez que dans la communication de cette expo, on se garde bien de parler d’art: on reste dans le design, l’art appliqué. Pourquoi? Peur de la confrontation avec le monde de l’art?

Recoder le travail de Karsten Schmidt
Fait intéressant, un des artistes, ici Karsten Schmitd, propose le code source de son travail et invite à le modifier. Les travaux ainsi générés sont exposés sur le site, et auront peut-être la chance (?) d’étre diffusés sur le réseau TV du métro londonien… Le code est en Processing et utilise à fond opengl et les shaders.
Plus d’infos sur l’appel Recode ici.

Novembre surchargé!

Tuesday 3 November 2009

nov09Novembre 09 est décidément très riche pour les arts numériques… Presque trop.
Longue liste:

- Post-flux au Bozar, 6-7-8/11
- ouverture de l’expo Chapter 1 - The Discovery à iMAL, 12/11
- ouverture de l’expo Fantastic lllusions à Courtrai, 13/11
- Discontrol Party au festival Next, Valenciennes, 20/11 (une navette de bus partira de iMAL à 20h00);
- ouverture du festival Cimatics du 20-29/11 avec entre autres Video Vortex V le 20-21/11 à l’Atomium. Voir le programme complet en ligne.
- SHARE BRU le 24/11 à iMAL
- Marché international des Arts Numériques pendant Cimatics aux Brigittines, 27-28/11
- à Eindhoven, festival GLOW (Light in Art and Architecture) avec entre autres l’installation Access de Marie Sester et aussi Rafael Lozano Hemmer, 6-15/11.

Et j’ai certainement oublié quelque chose…

STRP festival : Art of a post-digital age, Granular Synthesis

Monday 23 March 2009

strpLe festival d’art et technologie STRP d’Eindhoven s’ouvre ce 2 avril jusqu’au 13. Au départ centré musiques électroniques sur un week-end, il se tourne résolument vers les arts médiatiques en proposant une grande exposition et des performances qui s’étalent sur près de 10 jours. Et quelle expo avec pour la première fois, une grande rétrospective de Granular Synthesis. Une occasion probablement unique en Europe de voir les installations et performances du duo Ulf Langheinrich et Kurt Hentschlaeger.

A côté de Granular Synthesis, on trouvera aussi l’expo Kiosk, artifacts of a post-digital age dont j’ai assuré le commissariat avec Domenico Quaranta. Kiosk est une des nombreuses suites de l’exposition Holy Fire, art of the digital age que nous avions organisée à iMAL en 2008. Kiosk propose des oeuvres de Boredomresearch (UK), Jim Campbell (USA), Alessandro Capozzo and Katja Noppes (IT/USA), Driessens & Verstappen (NL), LAb[au] (BE), Golan Levin (USA), Olia Lialina & Dragan Espenschied (RU+DE), Manfred Mohr (DE), Mark Napier (USA), Bjön Schülke (DE), Yacine Sebti (BE), Sakurako Shimizu (USA), Alexei Shulgin & Aristarkh Chernyshev (RU), Tonylight (Antonio Cavadini, IT), Siebren Versteeg (USA), Peter Vogel (DE), Marius Watz (NO).
Tout sur le STRP festival sur www.strp.nl

Journées Portes ouvertes - 3 projets participatifs

Sunday 22 March 2009

openDoor ergCe 20 et 21 Mars, c’était les journées portes ouvertes à l’ERG, grand évènement attendu dans les écoles d’art bruxelloises avec comme toujours un vernissage particulièrement fréquenté et bien arrosé. C’est aussi l’occasion pour les étudiants de se confronter à la présentation de leurs derniers travaux dans un contexte d’expo très publique et bien visitée. Exercice d’autant plus intéressant lorsqu’il s’agit de travaux impliquant la participation du public…

Raphaël Bastide propose 2 pièces: Open Motion, un projet collaboratif et The Book.
openmotionOpen Motion propose au public de construire une animation images par images où celles-ci sont reliées par la continuité d’une ligne dont chaque point est le résultat du geste du visiteur dans la proximité du point laissé par le visiteur précédent.
openmotion audeVoir sur dailymotion les vidéos de l’installation et des exemples des animations produites. Ceux à l’oeil vif y reconnaîtront un certain Benoît Poelvoorde, ancien étudiant de l’Erg dans les années 80…

The Book - ou plus exactement “écran suspendu sur livre vierge” - est une installation toute simple et belle utilisant un écran LCD et un livre dont les pages changent subtilement de couleur quand on les tourne. Voir la vidéo.
book h
Pour plus d’infos sur les projets de Raphaël, voir son blog.

le cubeLe Cube de Vincent Evrard a laissé pas mal de visiteurs perplexes, peu osant s’y confronter. Mais pour ceux qui ont tenté l’expérience, ils ont découvert un dispositif original de capture photographique de l’espace où le résultat enregistré est issu des déplacements successifs du cube par le public. Les images de l’espace ainsi capturées sont celles vues par l’appareil photo au gré de ses rotations dans cette drôle de machine actionnée par les visiteurs. le cubeLa trace de cette vision machine/hommes est ensuite restituée dans un espace 3d sur écran, interactivement explorée et redéployée en faisant rouler sur une table un autre cube (mais bien moins lourd…).

Voir la vidéo du Cube sur dailymotion! Pour plus d’infos sur les projets de Vincent, voir son blog.

Goo(…)rama, photographie et médiation du réel

Saturday 25 October 2008

googleramaDécidément Google et Internet entrent dans notre vie quotidienne et façonnent de plus en plus les pratiques sociales et culturelles. C’est une évidence bien visible dans l’art atuel, comme par exemple avec l’exposition GEO GOO (Info Park) de JODI à iMAL, ou encore au même moment à Argos, avec les Googleramas de Joan Fontcuberta. Utilisant des freewares de mosaïques photos disponibles en ligne, Fontcuberta reprend des photos d’actualités dont les pixels sont construits à partir d’images collectées sur Internet sur base de mots clefs.

La photographie ne cesse d’être interrogée sur ses fondements comme dans Buttons de Sascha Pohflepp (que j’avais montré à Bruxelles en 2007), où l’artiste joue sur les 2 déterminants de l’acte photographique: le choix du moment de déclenchement et le choix du sujet/cadrage. Il propose ainsi un appareil photo pourvu du traditionnel bouton déclencheur, mais sans objectif: c’est flickr.com qui finalement en est la lentille, l’oeil global qui renverra la photo d’un autre qui a pris la décision de déclencher son appareil quelque part dans le monde au même moment.

googoramaDans les googoramas du jeune collectif suwud (Sao Paulo), on voit apparaître une nouvelle forme de photographie documentaire (ici ’street photography’) faite de prises de vue du réel, mais où celles-ci sont effectuées par les caméras panoramiques automatiques des Street Views de Google, les auteurs agissant en tant que re-cadreur, ou re-photographe, s’appropriant la capture des machines en y ajoutant une valeur photographique et artistique par le seul fait de leur sélection. Voir par exemple le texte de Tadeu Chiarelli ici.

La photographie s’en trouve bouleversée en tant qu’un des instruments de la médiation du réel. Finalement, c’est Internet qui se poserait en tant que médiateur de nos perceptions du réel, le photographe ou artiste abandonnant l’acte de prise de vues, pour un filtrage, une sélection, un recadrage, ou encore une contextualisation, une reconfiguration des perceptions collectives.

openFrameworks à Ars Electronica 08

Sunday 5 October 2008

OFlabIco.pngZachary Lieberman et Théo Watson, les créateurs de openFrameworks, la librairie C++ pour du coding créatif (j’en avais déjà parlé ici), se sont installés au festival Ars Electronica 08 sous forme d’un OF Lab ouvert aux propositions du public. Avec une équipe d’une dizaine d’artistes-codeurs, hackers et autres bidouilleurs (sélectionnés après un appel cet été), ils ont réalisé en un processus continu des projets directement issus des propositions du public tout au long du festival. OF Lab est une expo ‘guerilla’ au milieu et dans le festival, un processus expérimental ouvert entre propositions, expérimentations, réalisations et expositions des résultats avec boucle de feedback direct entre créateurs et public.

OFLabSketch.jpgOF Lab était une construction ouverte à tous et transparente, une grande structure construite d’échafaudages tubulaires entre bateau pirate et medialab. Le public y faisait ses propositions enregistrées en vidéo sous forme de 5 mots à écrire sur un tableau. Bien sûr tout est documenté et exposé grâce à plusieurs dispositifs interactifs plutôt bien conçus : des propositions du public jusqu’aux résultats. Chapeau!

Voir mon petit reportage vidéo sur vimeo

Liens:
openFrameworks: www.openframeworks.cc
Le blog de OF Lab @ Ars: ars.oflab.cc
Photos sur flickr
OF lab sur Ars Electronica: www.aec.at

Almost Cinema 08

Sunday 5 October 2008

AlmostCimema08.jpgComme chaque année, le Vooruit de Gand propose Almost Cinema, un programme de 12 jours explorant les frontières entre film, arts médiatiques et musique. Cela commence ce 8 Octobre avec une soirée vernissage des installations et - à ne pas rater - une projection HD + audio spatialisé de “Drift” de  Ulf Langheinrich (membre avec Kurt Hentschlager du fameux duo Granular-Synthesis). A noter les installations de  Boris Debackere, Alexandra Dementieva et Ali Momeni.

Plus d’infos sur : www.vooruit.be
Une interview de Ulf Langheinrich ici

3 expos dans l’air du temps digital

Tuesday 5 August 2008

deep ScreenEn 2008, 3 expos ont eu lieu autour du digital dans l’art contemporain: en Avril, “Holy Fire, art of the digital age” à iMAL (Bruxelles) ouvrait le feu, puis fin Mai au Stedelijk Museum suivait ‘Deep Screen, art in digital culture‘, exposition en vue des acquisitions 2008 du musée d’Amsterdam. Et enfin en Juin “Synthetic Times” au Musée National d’Art de Pékin.
Si deux furent courtes et sont maintenant terminées, il reste encore ‘Deep Screen’ à voir jusque fin Septembre. Pour les autres, on consultera les sites webs respectifs, ressources documentaires pour tout qui s’intéresse aux évolutions de l’art contemporain dans la société technologique actuelle. A lire les essais de contributeurs connus tels Peter Weibel, Oliver Grau ou Friedrich Kittler sur le site de Synthetic Times. Pour Holy Fire, un superbe catalogue Anglais/Français est disponible à côté des nombreux textes sur le site.

Est-ce significatif? Probablement, oui. A côté de modestes centres d’arts orientés nouvelles technologies tels iMAL, on voit maintenant de grandes institutions ‘traditionnelles’ accepter le numérique et ses nouvelles approches conceptuelles et esthétiques dans l’art. Reconnaissance ou simple conséquence d’une évolution inévitable?
En tout cas, pour le Musée de Pékin, il semble que cette expo ait été la plus importante en Chine depuis l’expo de Robert Rauschenberg en 1985… Comme quoi l’art numérique est bien l’art de notre temps pour les grands pays émergents.
Voir les vidéos:
celle de l’ouverture d’Holy Fire à iMAL à Bruxelles.
ma vidéo lors de l’inauguration de Deep Screen à Amsterdam ou celle disponible sur le site officiel.

Paul McCarthy au S.M.A.K.

Sunday 10 February 2008

Il reste encore quelques jours (jusqu’au 17/2/2008) pour voir la superbe expo ‘Head Shop/Shop Head, works 1966-2006′ de Paul McCarthy au S.M.A.K. à Gand. Je connais pas bien l’artiste mais on peut dire qu’il est met une remarquable et constante conviction dans le développement de ses thèmes favoris - pici, caca, sexe, gore post-hollywood - sous toutes les formes possibles.

Ici on n’est séduit par son appropriation de l’espace du SMAK, presque tout le bâtiment, n’hésitant pas à crever les plafonds, casser les murs, dans un délire de constructions et cabanes, bateaux rouillés, vaisseaux à la pirate des caraïbes, vieux appartements crades lieues de ces cérémonies scato-gore et vidéos se chevauchant dans un désordre bruyant et envahissant tout. Il y a aussi pas mal de sculptures dont toute une série encore présentées dans leur caisse de transport, et même quelques dispositifs interactifs (mais elle n’existerait pas que ce ne serait pas grave), plutôt des automates en latex tels cette truie frémissant au passage des visiteurs ou ce drôle de gars rencontré au détour d’un buisson dans un parc. Une virtuosité dans l’intégration espace, sons, videos, objets 3d,… En voici un petit aperçu vidéo (sorry j’avais pas ma dv cam, c’est fait à l’appareil photo).

Pour en savoir plus, lire par ex. l’article de Régine sur wmmna.

Du numérique dans les galeries d’art

Tuesday 1 January 2008

Bienvenue dans 2008! Meilleurs voeux!
Pour ce premier billet de l’année, voici quelques petites choses dont je n’avais pas eu le temps de vous parler l’année passée (car un peu débordé ces derniers mois par le lancement du nouveau lieu d’iMAL avec un nouveau site ).

lorenzo at think.21Cette fin 2007 a vu apparaître 2 nouvelles galeries à Bruxelles résolument tournées vers le numérique : think.21 à Ixelles et Brussels-Flamingo dans le centre ville près du Canal. Un signe certain que les arts technologiques seront parmi les arts contemporains de ce siècle.
Think.21 est à deux pas de l’ERG, donc aucune excuse pour ne pas explorer sa programmation. Pour le moment jusqu’au 16 février, elle propose des valeurs sûres des arts électroniques, avec des oeuvres de Rafael Lozano-Hemmer, Daniel Rozin, Lincoln Schatz et Björn Schülke. Très instructif par exemple de voir comment Rafael plus connu et innovant dans ses installations urbaines momumentales se décline ici dans des “petites” choses qui ne risquent pas de déranger le salon des clients branchés. Ou encore ce petit travail de Daniel Rozin à la portée de tout artiste numérique d’aujourd’hui. Mais, bon, trêve de critiques de spécialistes, saluons là un effort intéressant de sortir le numérique de ces cercles restreints qui l’ont trop confiné au rang de curiosités technologiques.

zhe li at brussels-flamingo Brussels-flamingo est l’initiative d’une critique d’art venue s’installer d’Allemagne à Bruxelles (comme quoi cette ville devient de plus en plus attractive internationalement, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris…). Je n’ai pas encore été voir l’expo qui propose entre autres une installation interactive, Fluid Music, de Zhe Li, jeune artiste chinois sorti de l’école des arts médiatiques de Cologne (khm.de). Mais on a le temps, c’est jusqu’au 1er février.

Tout cela est annonciateur de pas mal de changements dans le monde (marchand) de l’art contemporain… les prochaines années vont voir débarquer de nouveaux types d’oeuvres et de nouveaux acteurs. En tout cas, si même Claude Lorent en parle (voir La Libre), alors c’est que cela commence à bouger…
D’ailleurs y a pas que les galeries qui s’y mettent, les fondations privées se lancent aussi dans les arts numériques avec par exemple, la Fondation Liedts-Meesen à Gand et son appel à projets pour sa prochaine biennale Update II (avec Pieter Weibel, directeur du ZKM comme président du jury accompagné entre autres de Philippe Van Cauteren du SMAK). L’appel est disponible en ligne et se clôture ce 15 janvier! Le prix pour le lauréat est de 5.000 EUR plus sa participation à l’expo Update II en 2008 et Update III en 2010.

Silicon remembers Carbon: Rokeby at CCA

Monday 3 September 2007

rokeby at CCAMes étudiants ou ceux qui suivent mes workshops le connaissent: je montre souvent les oeuvres de David Rokeby; j’aime le travail de cet artiste et développeur génial dont la démarche depuis 20 ans est d’explorer l’essence de l’humain par les machines qu’il nourrit de ses programmes, hypothèses de nos fonctionnements: comment on voit, on pense, on parle, on bouge,…

L’expo rétrospective que vient de lui consacrer le centre FACT à Liverpool était probablement une première ; elle est maintenant à Glasgow au Centre d’Art Contemporain (peut-on y voir un signe que l’art contemporain s’intérresse tout doucement au artistes numériques?)

Si vous n’êtes pas dans les parages, lisez au moins les nombreux textes en ligne sur le site de l’expo; ou encore cette interview en vidéo réalisée lorsque je l’avais invité à iMAL pour un workshop en 2003.

Tore de Marcel Berlanger

Monday 28 May 2007

Tore - Marcel BerlangerMarcel Berlanger présente son installation Tore au Wiels, le nouveau centre d’art contemporain qui s’est ouvert fin Mai à Bruxelles (voir mon article). Marcel est plasticien, peintre au départ, et propose là un travail découlant de ses récentes collaborations pluridisciplianires, principalement le théâtre.

Tore est une installation hybride à la croisée entre peintures, sculpture lumineuse, et arts de la scène. Tore est un dispositif où l’on trouve une entrée des artistes (ou des visiteurs), des gradins, un concept de lumière high tech typique des régies visuelles informatisées, une sorte d’espace scénique positionné entre ces feux de la rampe subtils et des peintures-images sérigraphiées sur supports en fibre de verre. Le visiteur peut y être acteur participant par ses ombres à la modulation - ou plutôt la révélation - de ces peintures-écrans, ou contemplatif déambulant dans l’espace, ou encore spectateur assis. Tore provoque de multiples interactions entre images, ombres, sons, lumières, spectateurs-acteurs, espaces. La lumière conçue par Julie Petit-Etienne y est subtile et vivante, cyclant entre embrasement total et obscurité, entre chaud et froid, entre statisme et lent cinématisme. C’était à voir au Wiels mais, pour ceux qui n’ont pas pu venir, en voici un petit aperçu video.

Liens:
- l’article de Marc Wathieu sur son blog.
- la fiche complète avec bio, photos et video sur kunstenfestivaldesarts

Wiels: l’ouverture!

Sunday 27 May 2007

WielsLe Wiels, le tout nouveau centre d’art contemporain de Bruxelles, s’ouvre enfin! On l’attendait depuis longtemps, ce centre, car Bruxelles - bien que capitale belge et européenne - n’avait jusqu’ici aucun grand lieu pour les arts contemporains. Des années de discussion, pour aboutir à ce projet, implanté dans le superbe bâtiment moderniste des années 30′ dû à l’architecte Blomme, les anciennes brasseries Wielemans-Ceuppens à Forest.

Triple opération : un chef-d’oeuvre du patrimoine architectural est sauvé, un centre d’art au programme ambitieux naît enfin, et sa situation dans un quartier défavorisé (Forest, près de la gare du Midi) devrait être catalyseur de renouveau urbain et social.

L’ouverture de ce week-end de Pentecôte est une étape vers l’ouverture complète du bâtiment prévue pour le printemps 2008. A côté de nombreux évènements festifs (concerts, DJ, danses,…), elle propose une exposition ‘Expats/Clandestines’ et la magnifique installation Tore de Marcel Berlanger.

wielsMais comme toujours en Belgique, rien n’est simple… si la Région de Bruxelles-Capitale et des fonds européens ont permis la rénovation du site, le budget de fonctionnement du Wiels est loin d’être bouclé. Comme pour d’autres institutions culturelles à Bruxelles, le Wiels dépend des 2 Communautés. Si la Communauté flamande a déjà donné son appui (500.000 EUR/an), rien ne semble encore fait du côté francophone. Espérons qu’on ne se dirige pas vers un cauchemar bicommunautaire à la Flagey… (n’est-il pas grand temps que la Région bruxelloise soit dotée de compétences et budgets pour la culture?).

Liens: www.wiels.org, wikipedia.fr.org/wiels
Photos: www.flickr.com/photos/tags/wiels